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art de vivre - Page 36

  • Au bistro de la toile. Éloge non-funêbre de Jean-Victor Ayoli

     

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    - Oh ! Loulle, je t’aime bien. Et toi aussi L’Anguille, et toi aussi Gaby, et toi aussi Thomas, et ti aussi Bert, et toi aussi Dédé, toi aussi Steph et toi aussi Jacques, et toi aussi Antonio, et toi aussi Momond…

    - Bè… Nous aussi on t’aime bien Victor. Mais qu’est-ce qui nous vaut ce débordement d’affection ? C’est parce que c’est le jour des morts ?

    - Y a un peu de ça Loulle. L’autre jour je suis allé à l’enterrement d’une personne que j’aimais beaucoup. À cette occasion, j’ai retrouvé une palanquée d’amis. Et alors, qu’est-ce qu’on vous trouve de qualités quand vous avez passé l’arme à gauche ! On a fait les « anciens combattants », on a fait revivre une époque révolue, on a chatouillé la nostalgie et finalement on a bien rigolé ! On a évidemment encensé notre ami parti, puis on a bu des canons… Putaing, Loulle, qu’est-ce qu’on a comme qualités quand on est mort ! Et on a trouvé très kon de ne se retrouver que dans des circonstances dramatiques.

    - Ah ! Ça, c’est bien vrai…

    - Alors ça m’a donné une idée Loulle.

    - Ah ! Ah ! Accouche Victor, le temps que je mette la tournée du patron.

    - Eh bien voilà. Je vous propose que, de temps en temps, l’un d’entre nous, piliers de cet antre de perdition si chaleureux, meure. Et qu’on lui fasse de belles non-funérailles.

    - Eh ! Oh ! T’es kon ou quoi ? Tu trouveras pas beaucoup de volontaires…

    - Qu’il meure, mais virtuellement, bougre de nifle ! Alors on enverrait un faire-part de non-décés à tous ses vieux amis. On mettrait… tè, par exemple pour moi, Loulle :

    « Nous avons la non-douleur de vous faire connaître le non-décés de notre cher Victor Ayoli, non-survenue hier. Les non-obsèques de notre ami auront lieu le 45 mars à l’heure du premier apéro au Bistro de la Toile.

    C’est son grand ami Loulle qui fera son éloge non-funêbre. Votre présence, si vous le pouvez, serait appréciée. »

    Alors tu me ferais un bel éloge non-funêbre dans lequel tu me trouverais, ou tu m’inventerais plein de belles qualités. Puis on ferait un gueuleton du tron de dieu ! On picolerait, on chanterait des chansons à boire et des chansons de cul, puis on irait aux putes ! Qu’est-ce que vous en dites les mecs !

    - Oh ! Fatche ! Ça, c’est une idée qu’elle est bonne !

    - Bon alors, banco. Tè, je non-meurs tout de suite ! Et tournée générale patron ! C’est le non-mort qui paie !

     

    ORAISON NON-FUNÈBRE de Jean-Victor Ayoli

    prononcée de son vivant et en sa présence, par mesure de précaution.

    (Style Frédéric Mitterrand)

    Tu es parti Ayoli, ô toi grand Jean-Victor

    Et l’odeur de tes pieds, sur nous tous, flotte encore.

    Pour ceux qui t’ont connu, il n’est pas de seconde

    Sans que résonne en nous ton immense faconde.

    Et la vision béate du cul de la Joconde.



    (Style André Malraux)

    Entre ici, Jean-Victor, et loge ta carcasse,

    Fier vaisseau bourlingueur de toutes les Sargasse!

    Étends-toi et occupe bientôt ce grand lit

    Pour les seigneurs de bringue et de grand aïoli.



    (Style Mimi du Panier)

    Putaing de con Jeannot, fallait pas t’en aller !

    Ton colosse en avait encore à empaler.

    Et nous sommes nombreuses à l’avoir affalé

    Sans oublier celles qui voulaient l’avaler.



    (Style Pacelli)

    Ne vous y trompez pas, mes sœurs et mes frères

    Et de cette idée-là, sachez ne point défaire.

    Jean-Victor Ayoli, croyez-le, est un grand saint

    Qui abrita toujours l’Amitié en son sein.

    Oremus



    Chants d’accompagnement :

    La femme qui pète au lit, La digue du cul, Soldat Moralès, Le marché de Brive la Gaillarde, Chant de marche de la Chorale des Costes du Rhône, le cordonnier Pamphile;A Max ainsi que, pour nos amis italiens Lo spassacamino, le osterie, la mia mame me diceva.

    Libations : Champagne, Châteauneuf-du-Pape, Côte Rôtie, saint-émilion, Fernet-branca.

     

  • TOUS SEINS

     

     

     

     


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    Adorons-les.

    Tous.

  • Au bistro de la Toile : les savoureuses perspectives de la réforme des retraites Macron Delevoye

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    - À boire, Tavernier ! Tè, Loulle, mets ma tournée. Et du rouge bien sûr ! On fête la retraite de Bert.

    - En parlant de retraite, un client m’a raconté une blague croustillante. Ca se passe au resto. Un vieux - enfin un « sénior » comme il faut dire maintenant – met une pièce de monnaie dans sa bouche et l’avale. La pièce se coince dans sa gorge et le mec commence à s’estuber. Sa meuf se lève, lui tape dans le dos, mais que dalle, rien n’y fait. Le mec, mal barré, devient rouge comme un gratte-cul et commence à donner des signes d’asphyxie. Sa femme gueule et demande de l’aide. Un type se lève à la table d’à côté et avec un calme étonnant, sans dire un mot, baisse le pantalon du vieil homme, lui attrape fermement ses aliboffis et les tire violemment vers le bas.

    Dans un hurlement terrifiant, le vieil homme, sous la douleur, recrache la pièce.

    L’homme avec le même calme étonnant qu’il avait en arrivant, retourne à sa table sans dire un mot.

    Revenue de sa peur et de son étonnement, l’épouse maintenant rassurée, se lève pour remercier cet homme qui a sauvé la vie de son mari. Elle lui demande : "Vous êtes médecin ?"

    "Non Madame je suis un élu de la République en Marche." À ce titre, mes collègues et moi pratiquons cette opération tous les jours : Attraper les retraités par les couilles jusqu’à ce qu’ils crachent leurs derniers sous : c’est notre spécialité".

    - Ouarf ! Ouarf ! Ouarf ! Extra Loulle ! Et avec la reforme des retraites – une de plus – not’bon président va nous serrer encore plus, les couilles ! L’idée est de transformer tous les régimes de retraite par annuité, en un système à point. Au lieu de travailler 43 ans pour avoir une retraite complète, vous cotisez, et avec ces cotisations, vous achetez un certain nombre de points. La valeur en euros du point pour le calcul de la pension n’est connue qu’au moment du départ en retraite. Cette valeur est unique pour la totalité des régimes de retraite : salariés, agents du public et non-salariés.

    - Mouais… Les réformes de ce type dans les autres pays européens (Allemagne, Italie, Suède) ont eu pour effet de faire nettement baisser le niveau de la retraite par rapport au salaire d’activité.

    - C’est le but de la manœuvre. Ce que veut le gouvernement, c’est vraiment baisser la dépense Les retraites de base représentent 250 milliards chaque année. C’est énorme Loulle. Si vous faites 4 % d’économie dessus, vous récupérez une dizaine de milliards. C’est un demi-point de PIB.

    Cette réforme est vraiment différente de toutes les précédentes. Jusqu’à maintenant, les gouvernements ont réformé en rendant plus difficile l’accès à une retraite d’un niveau correct. Ils ont allongé à 43 ans la durée de travail nécessaire pour avoir une retraite à taux plein et reculé l’âge de départ à 62 ans. Pourtant, beaucoup de gens ne peuvent pas travailler à partir d’un certain âge. Ils ont aussi rendu plus longue la plage qui détermine le salaire pour calculer la retraite. Avant, c’était les 10 meilleures années, maintenant c’est 25 ans, les deux tiers de la carrière. Cela rend plus difficile de bénéficier d’une bonne retraite pour tous ceux qui vivent la précarité, les CDD à répétition, les difficultés à entrer dans un emploi stable, ou pour beaucoup de femmes qui sont à temps partiel.

    - Pourtant Victor, on vit plus vieux qu’avant. C’est une réalité dont il faut bien tenir compte.

    - La durée moyenne de temps passé à la retraite aujourd’hui est de 24 ans pour un départ autour de 62 ans. À partir du moment où il y a plus de retraités et qu’on vit plus longtemps, il y a besoin de plus de ressources, c’est indéniable. L’objectif poursuivi par le gouvernement est que le temps passé à la retraite n’augmente pas, d’inciter les gens à partir à 65 ou 67 ans en donnant des retraites ordinaires basses, tout en en permettant de les améliorer en restant dans l’emploi le plus longtemps possible. Le problème est que de nombreux salariés ne peuvent pas rester dans l’emploi parce qu’on les lourde, on ne les garde pas ! De plus en plus de seniors sont sans revenus parce qu’ils sont au chômage non indemnisé. Ils préfèrent ne pas avoir de ressource pour attendre le bon moment pour partir. Dans le privé, la moitié des gens qui partent en retraite ne sont plus dans l’emploi.

    - Ouais… Il est facile de dire qu’il faut que les gens travaillent plus longtemps, mais environ la moitié ne le peuvent pas.

    - Dans cette histoire, Loulle, ce qui est sûr, c’est que le gouvernement ne dit pas comment sera décidée la valeur du point ni quelle pourrait être sa valeur. C’est un mystère absolu. Mais on peut penser qu’il dépendra de son bon vouloir en fonction de la conjoncture.

    - Et il sera plus souvent aligné à la baisse qu’à la hausse…

    - Ben voyons ! Effectivement, il y a plus de retraités et nous vivons plus longtemps. Il y avait trois solutions.

    Faire en sorte d’avoir plus de ressources : qu’il y ait plus d’emplois, plus de cotisations, moins de chômage. Ce n’est pas ce qui a été choisi.

    Une autre solution : augmenter les cotisations de retraites. Ce n’est pas ce qui a été prioritairement choisi, elles ont augmenté, mais peu.

    Ou encore, faire en sorte que les gens ne puissent pas profiter, sur leur retraite, de l’allongement de la durée de vie. Déjà, entre 2000 et maintenant, il y a eu un décalage de l’âge de départ qui correspond à l’allongement de la durée de vie sur cette période.

    - Aussi, Ces putaings de vieux qui s’accrochent ! S’ils avaient un peu de savoir-vivre, ils mourraient dans les temps !

    - Il y a d’autres solutions pour résoudre le problème des retraites. Celle illustrée par le film culte « Soleil vert » : à partir d’un certain âge, on convoque les vieux, on les euthanasie en douceur, musique, lumière et belles images, puis on les « recycle » en pilules énergétiques nommées bucoliquement « Soleil vert » pour faire bouffer une population grouillant sous le lapinisme sur une planète à l’agonie.

    Celle imaginée par Jean-Michel Truong dans « Eternity Express » un voyage sans retour dans un train de la mort en route vers « le meilleur des mondes », où l’on sert champagne et foie gras. Les wagons-lits sont de grand luxe. Dedans se pressent non les enfants d’une même race, mais ceux d’une génération : les fils du baby-boom et des Trente glorieuses, ex-quinquas dynamiques qui, depuis certain "mardi noir" qui mit par terre les Bourses mondiales, n’ont plus de pouvoir d’achat – autant dire qu’ils ne sont plus personne. Ce n’est pas à la mort, néanmoins, qu’officiellement ce train conduit les quatre cents exilés forcés que devraient suivre quelques millions d’autres, mais quelque part en Chine profonde, dans le somptueux village de retraite promis par les dépliants publicitaires. Et là, à l’arrivée, c’est autre chose qui les attend…

    - Allez, Zou ! Trinquons à la retraite de Bert !

     

    Illustration: merci au regretté Chimulus