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art de vivre - Page 34

  • Ouiquinde érotique biblique avec Musset

    les filles de loth.jpg

     

    Les filles de Loth

    Le vieux Loth ronflait au fond de sa caverne ;
    Assises à côté d'une pâle lanterne,
    Ses deux filles en pleurs se rappelaient tout bas
    Les plaisirs de Sodome et ne s'endormaient pas.
    L'aînée avait vingt ans, une figure altière,
    L'œil bleu et des cheveux rejetés en arrière,
    Des trésors sous sa robe et des doigts exercés...
    La plus jeune était blonde, avait seize ans passés,
    Des fruits s'arrondissaient sur sa blanche poitrine
    Et son poil frissonnait où l'esprit le devine ;
    Les yeux pleins de langueur et de timidité
    Cachaient sous leurs cils d'or l'ardente volupté.
    Vierges ! Comprenez que deux filles à cet âge
    N'ont pas quitté Sodome avec leur pucelage.
    Elles avaient goûté le breuvage amoureux,
    Et leur soif insatiable avait fait des heureux,
    Jusqu'au jour redouté du divin châtiment,
    Leur vie entière fut détruite en un moment,
    Tous les hommes perdus, car il n'en restait pas
    Qui pussent désormais jouir de leurs appas !
    D'où viendra la rosée à leur bouche altérée ? ...
    "Ne pleure pas ma sœur, ma sœur, que ton âme éplorée
    Retrouve quelque espoir. Tiens ! Déshabillons-nous,
    J'ai trouvé pour jouir, un moyen simple et doux."
    Ainsi parla l'aînée. Déboutonnant sa robe,
    Elle montre à sa sœur, avec un double globe
    Un ventre satiné qui se trouve en bas
    Par un petit triangle couvert de poils ras,
    Noirs comme de l'ébène, et doux comme de la soie,
    Sarah sourit, s'approche et écarte avec joie
    Les lèvres de la trousse, ainsi les vieux Hébreux
    Nommaient l'endroit charmant qui les rendait heureux.
    " Que faut-il faire Agass ? - Du bout de ton doigt rose,
    Chatouille-moi - J'y suis, attends que je me pose
    Pour que mon doux bouton s'érige sous ton doigt
    Et que j'écarte les cuisses comme toi. "
    Et sous leur main, servie d'une amoureuse ivresse,
    La symphyse se gonfle et palpite et se dresse.
    Enfin n'en pouvant plus et d'amour se pâmant,
    Agass donne à sa sœur un doux baiser d'amant.
    Mais celle-ci lui dit : " Faisons mieux, ma charmante
    Remplaçons notre doigt à la place amusante
    Par une langue agile ; et tu verras, ma sœur
     
    Que nos attouchements auront plus de douceur.
    Oui, sur ton petit ventre, attends que je me couche,
    Ta bouche sur mes lèvres, ton poil dans ma bouche
    Qu'une douce langue chatouille en l'excitant
    Notre bouton de rose encore tout palpitant.
    Que nos corps enlacés se tordent et se roulent,
    Que le jus de l'amour sur nos cuisses s'écoule. "
    Sitôt dit, sitôt fait, et bientôt ce doux jeu
    Arrose leur trésor d'un liquide onctueux.
    Mais ce sperme infécond ne rappelle les hommes
    Que de manière vague. " Ah ! Sottes que nous sommes,
    A quoi rêvons-nous donc quand on a ce qu'il nous faut :
    Notre père est bien vieux, mais il est encore chaud.
    Il peut bander encor quand les femmes sont belles,
    Bien heureux qu'il n'ait pas affaire à des pucelles.
    Mais il ne voudra pas, tant il est scrupuleux,
    Nous donner la bouteille où jadis toutes deux
    Avons puisé la vie,... où notre pauvre ère,
     
    Allait remplir ses fleurs, teindre son cratère.
    Tâchons de l'enivrer, il aime le bon vin,
    Et s'il veut nous baiser, sauvons le genre humain... "
    Chacune sur le chef portait un grand voile noir ;
    Loth avec sa lanterne, a demandé, hagard :
    " A qui sont ces tétons dont la blancheur rayonne ?
    Ces globes opalins, dont la pointe frissonne ? "
    Il jette sur Agass des regards polissons,
    Ecoute en soupirant les charmeuses chansons
    Qu'ensemble ont commencé ses filles toutes nues,
    Il croit être à Sodome et, sur ses propres filles
    Haletant de planter le bâton de famille,
    Il s'élance soudain. Agass l'avait prévu.
    Au ventre paternel, elle saisit tout nu
    Le membre recherché par l'ensemble des femmes
    S'aperçoit qu'il faut encore qu'elle l'enflamme,
    Et, pour mieux en jouir, elle roule à la main
    L'instrument qui doit féconder le genre humain.
    " J'enfanterai, dit-elle, et pour être plus sûre
    Adoptons pour jouir la meilleure posture. "
    Elle tombe à genoux, découvre son cul blanc ;
    Le vieux Loth inclinant la tête et s'approchant
    Voit le cul : Oh ! Jeune Femme ! Oh ! ma toute belle",
    Dit-il alors, jetant ses deux bras autour d'elle.
    Agass, poussant le cul, accroît le mouvement
    Car elle connaissait l'effet du frottement.
    Elle se sent mouiller. Aucune jouissance
     
    N'a pourtant assouvi sa brutale espérance.
    Un soupir la saisit ; elle porte la main
    Je ne sais où. " Tu n'es pas dans le bon chemin,
    C'est à recommencer ", dit-elle à son vieux père.
    Et l'ivrogne à nouveau recommence l'affaire ?
    En craignant de manquer, il se laisse guider
     
    A travers les replis qu'il devra féconder.
    Agass tressaille. Enfin tout son beau corps frissonne ;
    Les os ont craqué. Le père Loth s'en étonne
    " Qu'as-tu donc ? Mon enfant : va donc que je jouisse !
    Si je m'en suis douté, que le ciel m'engloutisse ! "
    Dit le vieux Loth. Agass dit alors à sa sœur :
    " Viens goûter à ton tour la divine liqueur. "
    L'autre aussitôt s'approche et dans ses douces cuisses
    Elle montre à son père un doux nid de délices.
    Elle chatouille alors les couilles du taureau,
    Prend l'arme tout à coup et la met au fourreau.
    Entre ses blanches mains, saisit la vieille épée
    Pour la faire entrer plus grosse et mieux trempée.
    Enfin elle se pâme, laisse tomber ses bras,
    Le sceptre paternel inondant ses appas.
    " Gloire à Dieu " se dit-elle, " à présent j'ai conçu. "
    Loth, en se réveillant n'avait rien vu, ni su.

     

    Illustration: Hendrik Goltzius "Loth et ses filles" - 1616

  • Au Bistro de la Toile. La « viocrophobie » Loulle, tu connais ?

    chimulus bistro copie.jpg

    - La viocrophobie? Ah non. C’est nouveau ? Ça vient de sortir ?

    - En quelque sorte. On peut aussi dire « gérontophobie » si on veut faire savant. Ça veut dire la phobie (peur ? Rejet ?) des vieux.

    - Qui a peur des vieux Victor ? Qui les rejettent ? Attends, si je fermais la porte de mon rade à tous ceux qui ont dépassé la date de retrait – eh ! La « retraite », c’est ça – je pourrais fermer boutique !

    - Aqueste cop Loulle. As ben parla. Allez, tournée générale pour les viocres, c’est moi qui paie ! Je te parle de ça parce que je viens de surprendre, dans la machine à bruit, un comique laborieux en pleine « viocrophobie ». En l’occurrence, il se foutait - en prenant une voix chevrotante et en prononçant des propos débiles - du ci-devant Collomb ancien ministre de l’intérieur et maire de Lyon. Facile et irritant.

    Qui a peur des vieux ? Qui les rejettent ? Me demandais-tu ? Ben, la république et donc les politiques qui sont censés assurer une vie digne et décente à nos anciens, à ceux à qui ils doivent la société dans laquelle nous vivons tous, plus ou moins bien. Les vieux sont des citoyens à part entière, des membres essentiels au bon fonctionnement de la société par leurs activités bénévoles dans les associations y compris dans les partis politiques et les conseils municipaux. Ils empêchent aussi que la machine sociale grippe en mettant de l’huile dans les rouages, c’est-à-dire en aidant leurs enfants et petits-enfants. La république les rejette en ne leur assurant pas les moyens d’une fin de vie digne. Elle les rejette tout en leur épongeant toutes leurs éconocroques d’une vie en les parquant dans des Ehpad souvent indignes bien que hors de prix. Indignes par leur mode de « management », pour parler « moderne », qui privilégie le comptable à l’humain. C’est hélas vrai dans les EHPAD publics ou associatifs mais c’est bien pire dans les EHPAD privés où les actionnaires sont mieux traités que les résidents ! Ainsi, les dividendes distribués par Orpea – un des lideurs des EHPAD privés - ont quasi doublé entre 2012 et 2016, passant de 32 millions à 60 millions d’euros. La détresse des vieux est un « produit rentable et attractif ».

    - Ah ! Je vois. Le viocre est une matière première rentable… Mais comment sont financés ces Ehpads ?

    - Le financement des EHPAD se compose de trois parties : le forfait soins (32 % des charges totales), financé par l’Assurance-maladie via les agences régionales de santé (ARS) ; le forfait dépendance (15 % des charges), financé en partie par les résidents (ou leurs familles) et par le conseil départemental avec l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ; et le forfait hébergement, payé par les résidents et leurs familles (53 % des charges). Dans le public, la médiane de celui-ci atteint 1 630 euros par mois (la moitié des résidents paient plus, l’autre moitié moins) ; dans le privé associatif, elle est de 1 800 euros, et dans le privé lucratif, de 2 460 euros, avec des tarifs pouvant grimper jusqu’à 8 000 euros.

    Nettement plus onéreux, les établissements commerciaux ne garantissent pas pour autant une meilleure qualité de soins. Ils comptent actuellement vingt à vingt-cinq aides-soignants et infirmiers (équivalent temps plein) pour cent résidents, contre trente pour cent résidents dans le secteur public. Et le niveau de rémunération y est beaucoup plus bas.

    - Eh ! Ils sont là pour faire du fric. Mais ça coûte un pognon de dingue, pour parler comme not’bon président ! Comment les vieux peuvent-ils payer ça ?

    - En vendant la baraque, en se ruinant. Il existe aussi pour les V.P (viocres pauvres) une aide sociale à l’hébergement financée par les départements. Elle permet de prendre en charge la différence entre leurs moyens et le prix de l’hébergement pour les établissements dits « habilités », dont le tarif hébergement est plafonné.

    En 2015, 120 000 personnes bénéficiaient de l’aide sociale à l’hébergement. Trois résidents sur quatre y seraient éligibles, mais ils ne sont qu’un sur deux à la demander, ce qui s’explique par la menace d’une demande d’obligation alimentaire des enfants et petits-enfants, et par la possibilité pour l’État de récupérer les aides versées sur la succession.

    - Mouais… On comprend que les héritiers soient réticents. On aime bien ses vieux mais tout de même, pas au point de leur sacrifier l’héritage, même si c’est le pognon qu’ils ont laborieusement amassé au cours d’une vie… Des résidents pas toujours bien traités, des coûts supérieurs à la pension retraite dans les trois quarts des cas et un personnel sous tension : si je comprends bien, le système des EHPAD est dans une impasse.

    - C’est le moins que l’on puisse dire.

    - Alors qu’est-ce qu’on en fait des vieux ? On les pousse au suicide, comme les paysans ? On les « euthanasie » lorsqu’ils sont trop vétustes, comme en Belgique et au Pays-Bas et peut-être même un peu chez nous, mais sournoisement, sans le dire ?

    - Mme Lagarde, alors patronne du Fonds monétaire international (FMI), aurait dit : « il est vrai qu’il y a un problème très sérieux. C’est que les gens vivent maintenant trop ». Par conséquent, pour atténuer ou neutraliser les effets financiers du « risque de longévité », le FMI propose, entre autres mesures de choc, d’augmenter considérablement l’âge de la retraite parallèlement à l’espérance de vie pour qu’il n’y ait pas plus d’années à payer.. La « réforme Macron-Delevoy » de la retraite ne va-t-elle pas dans ce sens ? Le rêve de tout « gestionnaire » serait une bonne épidémie récurrente qui balaie chaque année tous ceux qui ont largement dépassé la date de péremption. Mais c’est assez difficile à vendre à l'opinion

    Et puis, tant qu’on y est, pourquoi ne pas faire comme dans « Soleil vert » : fabriquer avec les protéines des vieux fermement incités à « libérer le territoire » des pastilles nourrissantes, qu’on pourrait généreusement offrir aux malheureux affamés du tiers-monde…

    - Là, t’envoie le bouchon un peu loin Victor.

    - Pas tellement Loulle. On reconnait la qualité d'une société à la manière dont elle traite ses vieux. Notons qu'on ne trouve pas d'Africains dans les Ehpad…. Pour en revenir à des solutions un peu plus décentes, le mieux n’est-il pas de permettre aux vieux de vivre chez eux ? En famille si possible – mais le mode de vie actuel ne s’y prête plus comme avant – ou chez eux, avec le concours de d’auxiliaires de vie et d’aide-soignantes qui œuvrent dans les Ssiad.

    - Quésaco ?

    - Ça veut dire « service de soins à domicile » Ssiad. J’ai une expérience personnelle, pour ma compagne, qui me fait mettre sur un piédestal les jeunes femmes qui se consacrent à ce service, quasiment un sacerdoce, une vocation. Elles sont compétentes mais surtout généreuses, capables de s'adapter et de réagir, dévouées et toujours souriantes pour un travail difficile, mal payé et mal considéré. Elles sont pourtant souvent le seul rayon de soleil qui entre dans le domicile des vieux qu’elles lavent, qu’elles habillent, qu’elles font manger, auxquels elles redonnent goût à la vie. Elles sont des héroïnes discrètes du quotidien.

    Pourtant les Ssiad sont eux aussi en crise. Les conditions de travail sont difficiles — temps partiel, nombreux déplacements, amplitude horaire importante —, et le secteur est lui aussi fragilisé par des mesures d’économie. Malgré l’importante augmentation des personnes dépendantes, le budget des SSIAD ne suit pas. Le manque de personnel est flagrant là aussi. Et les contrats précaires, d’un mois souvent, peu attractifs. Et le métier est pénible, voire dangereux. Les aides-soignantes souffrent d’une « sinistralité » trois fois supérieure à la moyenne nationale tant leur charge est lourde. Lorsqu'il faut tourner dans un lit, lever un corps difficilement coopératif tangentant parfois le quintal, les reins, le dos en prennent un coup… Enfin, leur faible rémunération, sans espoir de promotion pendant plus de 12 ans, ajoutée à la pénibilité de leur travail dissuade de s’engager dans cette profession, d’autant plus que les volontaires doivent payer leur formation ! Un scandale.

    - Pas très gai tout ça Victor. Alors qu’est-ce qu’on fait ?

    - Le mieux c’est encore de rester en bonne santé. Et pour cela, différentes études fort sérieuses ont dit : « Boire un verre de vin permet de lutter contre les maladies cardio-vasculaires ». « Boire un verre de vin permet de lutter contre certains cancers ». « Boire un verre de vin permet d’éloigner de risque d’Alzeimer ».

    - Ça fait déjà trois verres par jour Victor, qui devraient être remboursés par la Sécu. Allez, à la nôtre, c’est ma tournée !

     

    Illustration: merci au regretté Chimulus

     

    Sources

    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/03/BAQUE/59611

    https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2017/07/18/dans-le-jura-la-greve-la-plus-longue-de-france_5162040_3224.html

    https://www.liberation.fr/debats/2019/11/25/donnons-aux-aides-soignantes-les-moyens-de-s-occuper-des-personnes-agees_1765402

  • Gastronomie dominicale de temps de crue

    ablettes Bijoudi pour web.jpg

    La soupe d’ablettes du Père Bijoudi

     

    Sous son passe-montagne enroulé en bonnet,

    Deux yeux d'un gris normand et un nez basané

    Surmontaient une barbe hirsute et flamboyante

    Chapeautée par le tourbillon de deux bacchantes.

    Émergeait de sa bouche aux dents de carnassiers

    Une longue bouffarde à tête de bélier.

    Vêtu de hardes vertes et botté de cuissardes

    Le Père Bijoudi, aux origines sardes,

    Surnommé par ici « le pirate du Rhône »,

    Menait sa barque plate parmi ilots et lônes.

    Le fleuve dangereux, ami et adversaire,

    N'avait pas de secret pour ce grand solitaire.

    Il connaissait par cœur les remous, les courants,

    Les vasières, les trous, les nids de cormorans,

    Les gouffres à anguilles, les passages d'aloses,

    Les grands cadavres d'arbres que chaque crue dépose,

    Agachon des brochets, perchoirs pour les butors,

    Cauchemar des pêcheurs, refuge des castors.

    Quand le jour s'estompait, calé dans sa barcasse,

    II ramait pour poser ses filets et ses nasses

    Qu'il irait relever à l’aurore suivante

    Sans jamais déroger, qu'il pleuve, neige ou vente.

    Personnage secret, taciturne à l’envi

    Le Père Bijoudi a sauvé bien des vies

    Lorsque le Fleuve-dieu, en ses grandes colères

    Happait les imprudents dans ses eaux meurtrières.

    Les jours de grandes crues, devant la ville inquiète,

    Il préparait sa barque pour pêcher les ablettes:

    Un grand filet carré ouvert par deux arceaux,

    Pendu à un levier en tête de vaisseau.

    A chaque relevée, le piège, en émergeant

    Prélevait dans les eaux quelques éclairs d'argent.

    Le Père Bijoudi les vendait aux badauds

    Qui surveillaient la crue, au sec, sur les bord' eaux.

    Lui, ce qu'il préférait, c'est la soupe d'ablettes...

    - Ça c'est original Victor! Zou ! La recette !

    - Prépare et fais sauter tomates et oignons

    Dans de l'huile d'olive. Thym, laurier et sarriette.

    Quand c'est bien coloré, rajoute tes ablettes.

    Puis tu mouilles au vin blanc, cabernet-sauvignon,

    Des vins de la Vallée, pas des vins bourguignons,

    Ugni blanc ou clairette, coupé d'eau par moitié.

    Bois un coup toi aussi et sales volontiers.

    Attention! Tes poissons ne sont jamais vidés

    C'est par là que ta soupe prend son parfum iodé.

    Fais bouillir à feu vif dix à douze broquilles,

    Le temps de fusiller, entre amis, une quille.

    Au moulin à légumes tu vas alors passer

    Les ablettes et leur jus. Après, tu vas presser

    L'ensemble dans un linge. Serre sans te brûler,

    Exprime tous les sucs et laisse bien couler.

    Tu remets sur le feu, ajoutes du safran,

    Attention, du pistil et pas du colorant,

    Le safran est très cher, mais ne soit pas grigou:

    Ton assaisonnement doit être de haut goût,

    Coupées en minces tranches, quelques pommes-de-terre

    Donneront à ta soupe du corps, du caractère.

    Sers avec du râpé, gruyère ou parmesan,

    Ce plat original, parfumé et puissant.

    Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire,

    Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

    D'un de ces vins d'esprit, puissants, pleins d'élégance

    Qui naissent au soleil en terres de Provence.

     

    In GROSSIR (ou pas!) sans peine et sans régime

    Illustration originale Vincent Barbantan