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vie

  • Ouiquinde gastronomique: L’andouille au Côte-du-Rhône

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    Mettez donc à tremper un kilo de fayots

    De Paimpol ou Pamiers, si possible bio

    Et pour, de votre anus, éviter la cantate

    Ajoutez à cette eau quelque bicarbonate.

    Faites cuire à l’eau froide pendant deux heures au moins

    Une andouille de porc choisie avec grand soin

    Puis laissez refroidir dans son jus de cuisson

    Jusques au lendemain. Buvez un Jurançon !

    La nuit étant passé, égouttez les fayots

    Mettez-les en cocotte, couvrez avec de l’eau,

    Ajoutez quelques couennes, une queue de porc frais,

    Deux carottes rondelles, trois oignons en quartiers,

    Un peu de céleri et de l’ail écrasé

    Sel, poivre du moulin, thym, feuille de laurier.

    Mettre en ébullition, ajouter deux grands verres

    De Côtes-du-Rhône rouge, du vin fort en matières.

    Faites frémir une heure à feu non emballé,

    Puis ajoutez l’andouille confite en sa gelée.

    Remettez en cuisson pour que les haricots

    Soient fondants à souhait sans être musicaux.

    Servez le met bien chaud en deux plats séparés,

    Avec un peu de beurre, du persil ciselé.

    Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

    Ma tripe est assoiffée, remplis raz bord mon verre,

    De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

    Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

     

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    Illustrations X - Droits réservés

     

     

  • Ce matin je viens d’apprendre un nouveau mot : Midazolam.

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    Midazolam ? Ques aco ? Je cherche dans interniais et je trouve de drôles de choses. Entre autres que le Midazolam est utilisé comme partie d’un cocktail pour l’injection létale dans le cadre des exécutions de condamnés à mort notamment aux États-Unis.

    Le Midazolam est par ailleurs indiqué, et recommandé comme molécule de référence dans la sédation des patients pour détresse en phase terminale par la société française d’accompagnement et de soins palliatifs. Bref, en termes compréhensibles par le commun des mortels (c’est le cas de le dire), c’est un POISON extrêmement violent.

    Or, en contradiction totale avec le serment d’Hippocrate, la Haute autorité de santé recommande, ce lundi 10 février, d’autoriser les médecins généralistes à prescrire du Midazolam pour « accompagner » la fin de vie. Tonton Hippocrate, en son temps, disait :…/… « Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion ». De même la forme moderne de ce texte fondateur de la médecine, le Serment du Conseil de l’Ordre des médecins (2012) dit : « Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. »

    Actuellement, la loi Leonetti autorise une sédation profonde et continue jusqu’au décès mais seuls les médecins à l’hôpital peuvent prescrire cette molécule. Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France (FMF) réclame pour tous les médecins le droit d’administrer du midazolam, qui peut être utilisé pour mettre en œuvre une sédation profonde jusqu’à la mort (en contradiction flagrante avec le fameux Serment).

    Peut-on donner ainsi le droit de vie ou de mort à un médecin, voire à un collège de médecins ? Avec la collaboration de la famille (parmi laquelle les héritiers) ?

    J’entends déjà : « Ouais, la, tu déconnes Victor. Si tu étais confronté au problème, tu changerais sûrement d’avis… ».

    Alors je vais vous raconter brièvement une histoire personnelle. Ma compagne – personne magnifique, ancien mannequin, ancienne directrice de pub dans un magazine – est atteinte d’une calamité, Alzeimer. Je m’en occupe 24h/24 et 365 jours par an depuis quinze ans que cette horreur a été diagnostiquée. Il y a bientôt deux ans, suite à une surmédication pour le moins hasardeuse, elle a dû être conduite d’urgence à l’hosto par les pompiers pour chute brutale, perte de connaissance et convulsions ("effets indésirables" des drogues surdosées). Je l’ai retrouvé dans un lit, semi comateuse. Le chef de service, sans prendre de gants nous dit : « La maladie en est à sa phase terminale. Elle va maintenant s’attaquer aux fonctions vitales. Elle en a pour quelques semaines… ». Quelques jours après, je l’ai récupéré chez nous, grabataire. Mais, avec l’aide formidable des jeunes femmes du SSIAD (Service de Soins Infirmiers à Domicile) qui s'occupent d'elle deux fois par jour, nous l’avons remise sur pied en quelques semaines : elle marche (en l’aidant), elle mange à table (en l’aidant aussi), elle rit, elle VIT ! Et, après avoir été une maîtresse ardente, une collaboratrice super-efficace, une compagne de rêve, elle me permet d’expérimenter un sentiment que les hommes ne peuvent pas connaître, celui de « mère-poule » puisqu’elle est maintenant quasiment ma fille, mon bébé que je lave, que je fais manger, que je fais rire en faisant le zouave et en racontant des konneries, à qui je chante des comptines et des chansons gaillardes, pour qui je me réveille la nuit pour la border, pour la changer si nécessaire. C’est un cadeau formidable qu’elle me fait. Elle me rend encore heureux et donne un sens à ma vie. Et lorsqu’elle me regarde avec ses beaux yeux bleus en me disant « Merci mon chéri », je suis payé mille fois.

    Eh bien ça, avec le diagnostic du toubib de l’hosto, ça aurait pu m’être volé. Comme sa vie. Et un matin, vers 6 h 30, j’aurais reçu un coup de fil impersonnel : « Nous sommes navrés, Madame… est décédée ». Rentabilité oblige. Il faut libérer des lits… Alors on les « libère ».

    J’exagère ? Allons, allons. Écoutons toujours le président de la de la FMF, pour qui « la France serait un Sahara médical s’il fallait interdire d’exercice tous les médecins généralistes qui prennent en charge la fin de vie, sans être tout à fait dans les règles ».

    Sous la pression de très nombreux imbéciles heureux, le gouvernement mais aussi la justice doivent ainsi statuer sur la mise à mort des malades, des comateux, des vieux, des handicapés, des trop malades. Bientôt pourquoi pas des trop moches, des trop récalcitrants à l’idéologie dominante « pour abréger leurs souffrances », bien sûr. À la discrétion des autorités médicales ou à la demande des familles des « impétrants » à l’euthanasie. Euthanasie, tiens, en voilà un joli mot ! Ça fait savant, propre sur soi, pas comme ces vieux qui bavent, pissent et se chient dessus. Et qui coûtent si cher à la Sécu ! Pourtant, le meurtre par empoisonnement d’une personne, ça a un nom précis : ASSASSINAT ! Mais c’est pas joli…

    Il s’agit ni plus ni moins du rétablissement de la peine de mort mais décrétée non pas par un jury populaire et des juges professionnels, mais par un collège de toubibs et de personnes de l’entourage du « patient » ! La porte ouverte à toutes les magouilles ou les intérêts les plus sordides le disputeront à la vraie compassion.

    Il serait bon de jouer l’honnêteté intellectuelle : en finir avec la vie, est-ce la demande du malade ou celle de sa famille, de son entourage ? Il faut se méfier de ce premier réflexe qui se veut altruiste et compassionnel : abréger les souffrances du malade en accédant - voire en lui suggérant (la volonté affirmée de mourir « dans la dignité » naît dans l’esprit d’une personne consciente et lucide, bien en amont des angoisses du grabat, ce qui change tout !) – de mettre fin à ses jours. Ce qui compte, avant tout, c’est d’abattre la souffrance, pas de tuer le souffrant.

    Ces lois sociétales soi-disant modernistes « d’optimisation de la vie » (euthanasie, suicide assisté, gestation pour autrui) seront-elles imposées à la masse populaire par les puissants lobbies de bobos influents ? (Ironie de la chose, c’est souvent les mêmes qui « s’offusquent » de la corrida de toros !) Eux-mêmes manipulés par le culte du pognon de la société ultralibérale : élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu. Une journée d’hôpital coûte cher à la collectivité donc, en ces temps d’austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu’ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques !

    Vive la vie, bordel !

    Illustration X - Droits réservés.

  • Gastronomie de premiers frimas: Le Baeckeoffe d’Alsace et de Lorraine.

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    Il me souvient de grandes fêtes vigneronnes

    Entre les vins d’Alsace et les Côtes-du-Rhône

    Où, avec ma chorale de vigoureux soiffards,

    Nos pifs enluminés jouaient les gyrophares.

    Nous avons ripaillé, chanté, mangé, et bu

    Avant que de sombrer, fin remplis et fourbus

    Dans les bras de Morphée, de Sophie ou Gisèle

    Vaincus par la bamboche plus que les demoiselles…

    - Tu le sais bien Victor que le vin, s’il enflamme,

    En amour est meilleur s’il est bu par les femmes !

    Au cours de ces agapes, qu’avez-vous donc mangé ?

    - Dans ces contrées de froid si loin de ma Provence

    Nous avons dégusté, au cours de ces bombances,

    Le célèbre Baeckeoffe, la potée alsacienne

    Un plat qui tient au ventre, platée rabelaisienne.

    Les femmes le préparaient, enfin, c’est ce qu’on dit,

    Le dimanche matin pour le cuire lundi.

     

    Tu tailles en gros morceaux de la viande sans os

    Ton boucher, s’il est bon, te le fait rapidos,

    Une livre de bœuf, gite ou paleron,

    Une livre de porc et autant de mouton.

    Tu fais tremper tout ça dans une marinade :

    Oignons, poireau, carotte, ail, girofle, muscade,

    Bouquet garni, sel, poivre et bien sûr vin d’Alsace,

    Riesling ou Sylvaner sont les plus efficaces.

    Tu laisses mariner, au frais, vingt-quatre heures.

    Emince cinq oignons, deux kilos de patates

    Comme pour préparer la truffade auvergnate.

    Le « Baeckeoffe » est aussi le nom du plat en terre

    Large, ovale et profond, solide, utilitaire.

    Etale tes patates en couches sur le fond,

    Sale, poivre et dispose au dessus les oignons,

    Sel, poivre de nouveau puis dispose les viandes

    Egouttées, séparées d’avec leur marinade,

    Mouille avec celle-ci jusqu’à demi terrine

    Complète avec du vin…et remplit ma chopine !

    Pour donner du moelleux, met un pied de cochon

    Ou bien un pied de veau…et verse ton cruchon !

    Ajoute par-dessus ce qui a mariné

    Sel, poivre du moulin et…remet ta tournée !

    Ferme alors ton couvercle très hermétiquement

    Avec farine et eau maniées fermement,

    Ça s’appelle « luter » : fermer avec la pâte.

    C’est fini, il faut cuire longuement et sans hâte,

    Dans un four préchauffé, cent-quatre-vingt degrés,

    Quatre heures minimum et plus si ça t’agrée.

    Ce plat pourrait sauver bien des anorexiques,

    Régale les gourmets, stoppe les boulimiques.

    Cessons pour aujourd’hui ce conte culinaire,

    Ma tripe est assoiffée, remplis ras bord mon verre

    D’un Gewurztraminer à la saveur friponne

    Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

     

    Ingrédients pour six personnes :

    ½ kilo de gîte, poitrine ou paleron de bœuf sans os – ½ kilo d’épaule ou d’échine de porc sans os – ½ kilo d’épaule de mouton ou d’agneau sans os – 1 queue, 1 pied de porc ou de veau (facultatif) – 1/2 d’oignons – 1 grosse carotte - 2 gousses d’ail – 2 kg de pommes de terre – 2 blancs de poireau – 1 bouteille de Riesling ou de Sylvaner – 1 bouquet garni – girofle – sel et poivre – farine.

     

    Vins conseillés :

    En rouges, des Alsaces Pinot noir ; en blancs Alsace Pinot gris (Tokay), Riesling, Sylvaner ; en vins d’Allemagne Riesling, Rheingau.

     

    Photo X - Droits réservés