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Science

  • Au e.bistro de la Toile. Voitures électriques : les dessous douteux de Zoë et de ses soeurs.

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    - Allo, Loulle ? Ayoli, ami mastroquet confiné ! Comment tu vas ? Comment tu torches « la bête » ?

    - Allo Victor. Ayoli à toi aussi e.ami ! Je vais bien, je nettoie mon antre, je repeins, je liquide les provisions et j’honore la maman.

    - Tu sais, ça me manque nos diatribes verbales agrémentées de nos estrambords au son des canons de rouge. Bon, alors, de quoi on parle ?

    - Moi aussi ça me manque, j’en ai la menteuse qui pègue… Si tu veux maïsser, on parle de tout ce que tu voudras sauf du Covid et des élections étasuniennes.

    - D’accord, mastroquet de mon cœur. Alors on va dire du mal de la dernière konnerie à la mode : la voiture électrique.

    - Ah ! Pourquoi ? Regarde, Bert en a acheté une, et fabriqué en France en plus, une Yaris ch’ai pas quoi, et il en a l’air content.

    - Mouais… Sa caisse, c’est pas une « électrique » pure et dure, c’est une i.bride, ou hybride. C’est-à-dire une caisse qui combine les avantages de la motorisation essence ou diesel et de la motorisation électrique. Mais qui en combine surtout les inconvénients ! Et ils sont gratinés, Loulle.

    - Ah ! Dis-moi.

    - Eh bien dans une i.bride, tu as un moteur, une boîte à vitesses, un différentiel, un réservoir, classiques, comme toute bagnole dite « thermique ». Et en plus, tu as une motorisation électrique, une grosse batterie spéciale, et un système de générateur costaud. Et tout ça, ça pèse Loulle ! Et ça pèse d’autant plus que pour supporter tout ça, il te faut de la place, donc une caisse plus grande et plus épaisse pour être plus solide, donc plus lourde. Résultat, tu as une mauvaise voiture électrique, avec une autonomie dérisoire et une mauvaise bagnole thermique, vu le surpoids. T’es perdant sur tous les tableaux. Mais ce n’est pas tout Loulle. Si tu as un « i.bride » non rechargeable, eh bien il faut bien la recharger ta batterie. Quand, comment ? « Au freinage » qu’ils te disent les marchands. Ben voyons… La batterie pour la propulsion électrique se recharge avant tout lorsque tu roules avec le moteur thermique. Et donc tu bouffes pas mal d’énergie, donc de carburant pour charger ta batterie ! On touche là à une forme subtile d’escroquerie !

    - Ouais. Vu sous cet angle évidemment. Mais la Zoë de Bert, tout électrique, ou l’i.bride rechargeable, que tu peux charger la nuit, dans ton garage, c’est pas mal, non ?

    - Pas si sûr que ça, Loulle. Pour recharger chez toi ; « at home », ou plutôt « atome », il faut avoir une maison individuelle avec un garage spécialement équipé, et ça coûte un bras. Si tu crèches en appartement et que tu n’aies pas la chance d’avoir une prise de recharge dédiée dans les box de ton immeuble, tu es marron. Parce que le réseau de bornes de recharge reste très embryonnaire et… il réserve des sacrées surprises ! On ne reparlera. Donc, avec ton i.bride « branchable », tu vas rouler le plus souvent avec la batterie vide. En consommant sensiblement plus de pétrole puisqu’il te faut te trimballer un énorme surpoids.

    Eh puis il faut regarder le prix Loulle. L’entrée de gamme de Renault, la Zoé comme Bert, elle coûte 23 700 balles. Prix auquel il faut rajouter l’achat de la batterie, 8 900 euros. Il faut donc débourser au minimum 32 600 euros pour l’offre intégrale, hors bonus écologique de 6 000 euros, ce qui ne couvre même pas le coût de la batterie seule. Et sinon, tu peux louer la batterie, selon ton kilométrage ça tourne autour de 80 à 100 balles par mois !

    Alors que certaines voitures diesel dépassent les 1 000 km d’autonomie en consommant moins de 7 litres aux 100 km, vendre une citadine à ce prix-là pour une autonomie de 200 km en théorie, mais moins en pratique, avec un temps de recharge rédhibitoire, c’est une escroquerie.

    - Ouais mais faut être écolo, Victor. Faut la sauver notre belle planète bleue !

    - Alors là, on est en plein délire Loulle. Pour stocker de l’électricité dans une batterie et la recharger, il faut produire du courant et l’acheminer à la voiture. Centrales nucléaires + centrales thermiques + énergies renouvelables subissent des pertes énormes. Au bilan, la voiture électrique engloutit plus d’énergie primaire que la voiture thermique. Ensuite, il faut prendre en compte les problèmes de fabrication de batteries au lithium-ion, une denrée rare qui va devenir de plus en plus chère si le parc automobile électrique explose. Selon l’ADEME, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, la voiture électrique consomme deux fois plus d’énergie que sa consœur thermique durant la phase de production. Les batteries sont trop lourdes, l’autonomie insuffisante, le temps de recharge trop long et le coût démentiel.

    - Ouais mais tu n’émets pas de ces particules fines qui nous refilent le cancer.

    - Tu crois ça Loulle ? Selon le magazine Science et Vie, « les pneus, les freins et l’usure des routes émettent presque autant de microparticules que le diesel ».

    Et puis il y a la cerise sur le pudding, ou le pue-dingue Loulle. C’est le prix du « plein » d’électricité sur route et surtout sur autoroute. Les bornes « ultrarapides », demi-heure tout de même, proposées par le principal opérateur européen, Ionity, vont débiter un courant électrique hors de prix ! Exit le forfait fixe de 8 euros. Pour recharger sa voiture électrique sur autoroute, il faut désormais payer au kilowattheure consommé et la facture finale est bien plus salée. Il en est ainsi sur les bornes de recharge Ionity, sur l’ensemble du réseau européen. L’opérateur a décidé de changer ses prix depuis le 31 janvier et facture l’énergie consommée, soit 0,79 euro par kilowattheure (kWh). Pour faire simple, prenons l’exemple d’une Renault Zoé qui a besoin de « faire le plein » d’énergie électrique. Jusqu’au 30 janvier, cela coûtait donc 8 € puis, à partir du 31 du même mois, le prix a fait un bond colossal pour atteindre 41,08 € car, la capacité de la batterie de la citadine au losange est de 52 kWh ! Pour faire moins de 200 bornes.

    - Alors là, Victor, ça m’espante. C’est effectivement une gigantesque arnaque.

    - Je te le fais pas dire Loulle. Et attends, Monsieur l’État n’a pas encore décidé de taxer l’électricité « de transport ». Mais il faudra bien qu’il remplace la manne des taxes sur les produits pétroliers, qui rapporte dans les 35 milliards par an. Et ça va flamber sur les bornes de recharge !

    - Ouais mais si tu recharges chez toi ?

    - Et pourquoi tu crois qu’on nous a imposé le compteur « intelligent » Linky ? Comme il est intelligent, il saura déterminer la part de courant servant à charger ta caisse électrique. Et tonton Létat taxera, et tu casqueras sur ta facture d’électricité. Elle est pas belle la vie ?

    - Fatche…

    - Rouler à l’électrique, Loulle, c’est rouler au CHARBON en Allemagne et au NUCLÉAIRE en France, parce qu’il faut trouver une utilisation à l’électricité produite en continu par nos chères centrales nucléaires, à nos très chers EPR. Et n’oublions pas le coût écologique de la fabrication puis du recyclage des batteries.

    Enfin, un fait soigneusement caché par les thuriféraires de la bagnole électrique, c’est le danger d’explosion de la batterie et d’embrasement immédiat de la bagnole en cas d’accident.

    - Bon. Bè, je vais garder ma bonne vieille caisse diesel, Victor. Allez levons nos verres, même confinés et à distance !

    - À la nôtre ! Mastroquet confiné de mon cœur.

     

    Photo X - Droits réservés

  • Bébés par PMA ou "à l’ancienne". Femmes, exigeons le même coût pour toutes !

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    Afin de manifester son opposition au projet de loi de bioéthique, le collectif « Marchons enfants ! », qui rassemble 22 associations, a appelé les Français à manifester ce 10 octobre, à Paris et dans d’autres villes de France. Succès ou échec ? Bof…

    Une PMA, quèsaco ? C’est la contraction de « Procréation médicalement assistée ». Un acronyme célèbre mais dont on ignore souvent ce qu’il englobe. En effet, la PMA propose plusieurs procédures.

    L’insémination artificielle, qui permet la grossesse par le biais de l’introduction d’un échantillon de spermatozoïdes dans l’utérus. Les spermatozoïdes peuvent provenir du partenaire ou bien d’un donneur. Pour maximiser les chances de grossesse, les ovaires sont hormonalement stimulés et l’ovulation contrôlée, pour pratiquer l’insémination au moment le plus opportun.

    La seconde technique de PMA est la fécondation in vitro aussi appelée FIV. Cette technique est plus complexe. L’ovule est fécondé en dehors de l’utérus avant d’y être réimplanté. Il existe cinq variantes possibles de la fécondation in vitro : une FIV avec ses propres ovules et le sperme du partenaire, une FIV avec ses ovules et le sperme d’un donneur, une FIV avec les ovules d’une donneuse et le sperme du partenaire, une FIV avec donneurs pour les deux types de gamètes et enfin la méthode ROPA. Cette dernière méthode permet à un couple de femmes de participer toutes les deux à la grossesse, l’une en fournissant l’ovule, l’autre en portant l’enfant. Ouf ! lien

    Dans la Loi Bioéthique contestée par ces manifestants, une disposition dérange, c’est le remboursement de la PMA par la Sécurité sociale, même pour une PMA « de confort » et non pour pallier une carence médicale comme avant.

    Actuellement il y a 150 000 tentatives de PMA par an en France. Il résultera 25 000 enfants. Le coût pour la Sécurité sociale est de trois cents millions d’euros.

    Chaque enfant né par PMA « coûte » donc 300 000 000 / 25 000 = 12 000 euros.

    Il serait donc logique et surtout JUSTE de donner la même somme aux femmes qui font leurs bébés « à l’ancienne » !

    Rappelons le mode d’emploi pour faire les bébés « à l’ancienne » pour celles et ceux qui l’auraient oublié : après plein de caresses, mots doux et bisous partout partout (on dit les préliminaires), le Monsieur monte sur la Dame, celle-ci ouvrant ses cuisses et son huis afin que celui-là puisse introduire aisément sa seringue de chair (on dit position du missionnaire). D’autres positions sont possibles en fonction de la souplesse et de l’imagination des deux gymnastes.

    Après quelques mouvements gymniques conjugués entre les deux amoureux (on dit partenaires sexuels), un grand mais trop bref plaisir (on dit jouir) récompense (pas toujours pour la Dame) les deux gymnastes et alors l’appendice du Monsieur (on dit le pénis ou plus familièrement la bite) expulse (on dit éjacule) dans le réceptacle de la Dame (on dit le vagin ou plus familièrement la chatte) des millions de « petites graines » (on dit spermatozoïdes) qui entament une course effrénée pour être les premières à féconder l’ovule de la Dame. Une seule « petite graine » gagnera et donnera la vie à un bébé (ou deux et plus si affinités).

    Finalement la méthode « à l’ancienne » ne manque pas de charmes !

    Et mérite d’être rémunérée au même titre que la méthode « médicalement assistée » ! Non ?

     

    Illustration X - Droits réservés.

  • Au bistro de la toile : plein de « Beyrouth » potentiels en France.

    nitrate d'ammonium

     

    - Tout de même, Victor, on les aime bien nos amis Libanais, mais ce sont des branques de stocker des milliers de tonnes d’un explosif dangereux comme de, comment ils disent « nitrate d’ammonium », en pleine ville, dans un port, dans un simple hangar fermé par un cadenas à 10 balles. C’est pas chez nous que ça arriverait !

    - Ben voyons ! Et la catastrophe de l’usine AZF de Toulouse, en 2001, t’as oublié ? T’était pourtant pas en culotte courte à cette époque Loulle. Tè, je vais te rafraichir la mémoire. Le 21 septembre 2001 — soit 10 jours après les événements du 11 septembre à New-York— à 10 h 17, un stock d’environ 300 à 400 tonnes de nitrate d'ammonium déclassé destiné à la production d’engrais a explosé creusant un cratère de forme ovale de 70 m de long et 40 m de largeur, et de 5 à 6 m de profondeur. La détonation a été entendue à plus de 80 km de Toulouse. Un séisme de magnitude 3,4 a été enregistré. Le bilan officiel fait état de trente et un morts. La partie sud-ouest deToulouse a été ravagée. Le site AZF lui-même est soufflé. À proximité, les zones commerciales de Darty et Brossette sont totalement détruites. Cent cinquante bus de la SEMVAT, la société de transport public toulousain de l’époque, sont également détruits dans l’entrepôt de Langlade situé en face de l’usine. De très nombreux logements, plusieurs entreprises et quelques équipements (piscines, gymnases, salles de concert, lycée Déodat-de-Séverac) ont été touchés. Les dégâts (murs lézardés, portes et fenêtres enfoncées, toitures et panneaux soufflés ou envolés, vitres brisées, etc.) ont été visibles jusqu’au centre-ville. Parmi les équipements publics touchés, on peut citer le grand palais des sports (entièrement démoli (Wikipéda). Et il n’y avait que 400 tonnes de cette merde, contre 2750 tonnes à Beyrouth !

    - Mais ça sert à quoi cette merde, Victor ?

    - Ben, à faire pousser le maïs, les prairies pour que les vaches se gavent et pètent et la plupart des cultures industrielles chères à nos agriculteurs « conventionnels » et à leur syndicat, la toute puissante FNSEA.

    - Ça se présente comment ce truc ?

    - Ce sont des petits granulés blancs. Ils sont livrés aux paysans dans de grandes saches de plastique tissé de cinq à six cents kilos. Les paysans les stockent dans leurs étables, les coopératives agricoles et les distributeurs les stockent dans de simples hangars. La France est le premier consommateur européen de ces substances. Pourtant, bien qu’ardemment soutenus par les défenseurs du productivisme dans l’agriculture, les engrais chimiques sont en réalité un véritable fléau pour notre environnement et notre santé : ils nécessitent d’énormes quantités d’énergies fossiles pour leur fabrication et contribuent fortement à la crise climatique, ils sont à l’origine de pollutions de l’eau comme le phénomène des algues vertes qui pourrissent la vie des Bretons mais aussi de pollutions de l’air en favorisant l’apparition de particules fines.

    - Enfin Victor, un produit aussi dangereux doit être assujéti à des précautions sérieuses, non ?

    - Les risques associés à leur fabrication sont régulièrement mis en avant. En France, les sites de production utilisant des nitrates d’ammonium sont classés Seveso seuil haut, tout comme l’était l’entreprise Lubrizol...qui a tout de même brulé à Rouen. Pour autant, on dénombre de multiples mises en demeure de l’Etat à l’encontre des producteurs d’engrais chimiques qui s’affranchissent tous des réglementations en vigueur. Ils s’en branlent de l‘Etat qui leur fait les gros yeux ! Tiens, écoute ce qu’en dit Anne-Laure Sablé, chargée de campagne agriculture aux Amis de la Terre : « Le leader mondial des engrais Yara, implanté dans les régions du Havre, de Saint-Nazaire ou encore de Bordeaux, a ainsi fait l’objet de pas moins de 11 mises en demeure depuis 2015 ! Comment ne pas s’inquiéter d’un stockage de 20 000 tonnes de nitrates d’ammonium à Ambès, à proximité de Bordeaux par une multinationale qui ne respecte pas la réglementation et pour laquelle l’État fait preuve de largesses? »

    Et puis je vais te dire Loulle. Ce qui vient d’arriver à Beyrouth, ça s’est passé aussi chez nous. On a fait mieux à Brest le 28 juillet 1947, avec l’explosion de 3 133 tonnes de nitrate d'ammonium. Des bricoleurs, ces Libanais. Ce jour-là, un incendie se déclare à bord d’un cargo, l’Ocean Liberty. Or ce bateau transportait des tonnes et des tonnes de nitrate d’ammonium. Je suis allé chercher mes infos là.

    - Fatche ! On vit dangereusement Victor.

    - Tu crois pas si bien dire. De cette merde, Il y en a partout : en grande quantité dans les entrepôts des usines ou des ports mais aussi dans les coopératives agricoles, dans les fermes et sur les bateaux ou sur les routes où les risques d'incendie ne sont pas négligeables.

    - Bon, tout ça, Victor, ça me donne soif.

    - Allez, mastroquet de mon cœur, met ma tournée. Et du rouge !


    Illustration: merci au regretté Chimulus