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Science

  • Gravidité Pour d’Autres : la face sociétale de l’ultralibéralisme qui soumet tout et tous aux lois du marché.

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    On a déjà connu les « Lebensborn », voici maintenant le bébé-produit, l'enfant marchandise… C'est la chute vers le « progrès ».

    On a subi sur toutes étranges lucarnes, dans toutes les machines à bruit la révoltante promo d’un « homo » racontant - avec la complicité écœurante de la coterie journalistique – comment il a fait fabriquer et combien il a payé une « famille ». Comment il a pu bénéficier du formidable « don » que lui aurait fait une mère porteuse « rêvant de cela depuis son enfance ». Un don, ce serait celui d’une femme riche offrant de porter un enfant que ne pourrait pas avoir un couple de pauvres ! Novlangue, hypocrisie, connivence.

    Pierre Bergé énonçait que « louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? » Ces propos obscènes trahissent très bien la réalité des choses : la maternité pour autrui conduit à mettre des femmes pauvres à la disposition de couples riches.

    L’idéal, sur lequel certains médecins travaillent avec acharnement, serait que les mères porteuses soient des machines, concentrées et vouées corps et âme à leur unique fonction : fabriquer un enfant pour d’autres.

    La question cruciale est celle de savoir si nous voulons instituer une société où les enfants sont fabriqués et vendus comme des produits, et si nous sommes conscients des conséquences sur le regard que nous porterons sur eux, ainsi que sur les relations humaines et sociales qui en résulteront.

    L’intrusion dans le corps des femmes rendue nécessaire par la gestation pour autrui est déraisonnable. Elle est plus grande encore que dans la prostitution. Celle-ci laisse en effet en principe indemne le corps de la femme (sauf dérive condamnable, bien sûr), ce qui est très loin d’être le cas de la production d’enfants pour autrui. Comparaison choquante ? Si une femme peut licitement louer son utérus pour neuf mois, pourquoi le droit l’empêcherait-il de louer son vagin pour une heure ou deux ?

    On n’est pas loin de l’esclavage, même si en l’occurrence c’est une « servitude volontaire ». Le lien avec l’esclavage n’est pas forcé ni exagéré, car la pratique de la gestation pour autrui met des femmes au service et à la disposition d’autrui dans des proportions inédites depuis l’abolition de l’esclavage. La comparaison est ouvertement faite aux États-Unis : ainsi, par exemple, selon Jeremy Rifkin et Andrew Kimbrell, « une fois que les femmes, attirées par une rémunération, signeront ces contrats pour produire des bébés pour des clients, leurs corps deviendront des biens marchands ; elles deviendront des esclaves 24 heures par jour pendant 270 jours ».

    L’enfant fabriqué et vendu ! Il y aurait à présent les « enfants-produits », fabriqués par les uns pour être remis à d’autres. Le mouvement de production des êtres humains par la voie médicale a certes été initié déjà avec l’assistance médicale à la procréation (la PMA), mais le « produit » n’était alors pas encore entièrement fabriqué par un autre que son destinataire. La gestation pour autrui passe à un stade ultérieur et à une différence de nature plus que de degré, en ce qu’elle implique la fabrication et la remise d’un produit fini, même si celui-ci est éventuellement fabriqué avec les gamètes de l’un ou l’autre des membres du couple receveur. On évite bien sûr de parler de « vente », puisque ce contrat est censé être réservé aux choses, les personnes ne pouvant plus être vendues, précisément depuis l’abolition de l’esclavage.

    Une vie qui se développe dans son ventre, ce n’est pas rien, ça crée viscéralement d’extraordinaires liens ! Dès lors, pour les margoulins de l’enfant-produit, il faut faciliter le « désinvestissement affectif » de la mère porteuse lors de la grossesse. Il faut casser de gré ou de force les liens affectifs de la mère porteuse, réduite autant que possible à un simple utérus et à un simple instrument, pour mieux valoriser ceux des parents d’intention : les acheteurs, puisque au « meilleur des mondes » ultralibéral le client est roi. Après nous avoir convaincus à grand renfort de médias de l’importance de la vie intra-utérine de l’enfant et des rapports qu’il noue à ce moment avec sa mère, on doit à présent affirmer au contraire qu’un enfant est dans un ventre maternel comme il serait dans une machine ou un sac !

    La France - pays « rétrograde », pays « frileux », bavent les partisans de l’enfant-produit – a jusqu’à présent résisté aux pressions. Mais celles-ci sont de plus en plus vives, avec la complicité de la « justice » européenne, pour que les enfants produits et achetés hors de nos frontières (États-Unis, Ukraine, Inde) soient reconnus par la loi et donc l’état-civil français. Les protagonistes de ces transactions entendent forcer les portes et imposer le fait accompli. La logique du « fait accompli » est l’une « des plus délétères concernant l’avenir d’un enfant quand elle valide une transgression juridique ». Le droit a en charge l’intérêt général et il ne peut encourager des pratiques illicites en approuvant et régularisant a posteriori ceux qui auraient transgressé l’interdit pour mettre les autorités devant le fait accompli. On ne peut donc que se réjouir de voir la Cour de cassation française tenir bon et résister aux nombreuses pressions dont elle est l’objet. Elle a ainsi, dans plusieurs arrêts du 6 avril 2011, approuvé les cours d’appel d’avoir refusé la transcription sur l’état civil français de filiations établies à l’étranger à la suite de l’exécution de contrats de gestation pour autrui, en ajoutant que les jugements américains donnant effet à de telles conventions sont « contraires à la conception française de l’ordre public international », c’est-à-dire aux valeurs fondamentales de la France.

    On s’offusque à juste titre du fait que la GPA implique l’idée de marchandisation du corps de la femme. Mais au regard du droit, la marchandisation la plus évidente est celle de l’enfant, indiscutablement traité, dans l’opération, comme un objet produit et abandonné à autrui contre une rémunération. Si on admet cela, au nom de quoi interdirait-on alors, par exemple à des femmes qui souhaitent accoucher sous X, ou même à toutes les femmes qui ne voudraient plus de leur enfant, de céder celui-ci ou même simplement de le donner, à sa naissance, à un couple qui le voudrait ? Et qu’en sera-t-il de l’enfant défectueux ? Une fois l’enfant traité comme un produit, il ne faudra pas s’étonner de voir arriver les problématiques et le vocabulaire juridiques liés aux produits défectueux. Avec retour à l’envoyeur ? Mais quel envoyeur ? Celle qui a loué son ventre ? L’agence qui a organisé le contrat ? Les magistrats qui l’ont autorisé ? L’État qui l’aura légalisé ? S’agissant de l’enfant, les juges devront décider ce qu’il convient de faire si plus personne n’en veut, s’il est handicapé ou diminué, ou encore s’il décède.

    Pour continuer sur le plan juridique, que devra-t-on juger si la mère porteuse est à proprement parler elle-même victime d’un préjudice ? Si la grossesse ou la mise au monde de l’enfant lui provoquent des dommages irréversibles ? Ou même « seulement » si elle doit subir une césarienne ? Ou une épisiotomie ? Et si elle meurt au moment de l’accouchement ? Le couple d’intention devra-t-il réparer ces dommages ? Que décidera-t-on – et qui décidera – s’il faut, à un moment ou à un autre, choisir entre la mère et l’enfant ?

    Cet enfant, quels seront ses sentiments, une fois apte à comprendre, lorsqu’il aura accès au détail des clauses et arrangements relatifs à sa naissance ? Faudra-t-il lui révéler les circonstances de sa naissance et aura-t-il le droit de connaître ses origines ?

    Qu’en est-il aussi des dommages subis par les enfants ? Qu’éprouveront-ils en apprenant que leur mère les a portés pour de l’argent et qu’ils ont ainsi été vendus ? Comment vivront-ils le fait qu’elle les ait abandonnés à leur naissance, c’est-à-dire qu’elle ait renoncé à être leur mère ? Que déduiront les autres enfants de la mère porteuse en voyant leur mère se séparer d’un enfant qu’elle a porté ? L’enfant pourra-t-il demander la réparation de tous ses préjudices ?

    Où est l’intérêt de l’enfant, et où est sa liberté, lorsque des adultes font entre eux des arrangements pour déterminer qui seront ses père et mère ? Lorsqu’il est traité comme un produit que la mère qui l’a porté doit remettre à un couple commanditaire contre une rémunération ? Après tant d’efforts et de combats pour que l’enfant soit considéré comme une personne à part entière, on admettrait sans résistance que l’enfant soit une chose que des adultes pourraient commander, fabriquer et s’échanger de gré à gré ?

    Si la maternité de substitution était autorisée, on assisterait à des déchirements entre des couples payeurs et des mères porteuses qui souhaiteraient finalement garder leur enfant ; on verrait des enfants handicapés ou diminués dont personne ne voudrait plus ; des situations où le couple ayant commandé l’enfant s’est séparé pendant la grossesse de la mère porteuse et se déchire à propos de l’enfant, soit que les deux veuillent le garder, soit au contraire qu’ils n’en veuillent plus ; des cas où la mère porteuse est victime de dommages physiques pendant la grossesse ou l’accouchement, ou souffre de dépression ou de troubles psychologiques à la suite de la séparation d’avec son enfant, etc., etc. Il n’y aura plus qu’à contempler avec consternation les histoires les plus sordides. D’autant que, s’étalant sur une durée de temps assez longue, la gestation pour autrui est propice aux changements de sentiments et d’avis et, partant, à de nombreux contentieux. La réalité dépassera alors parfois la fiction.

    On doit admettre qu’on ignore encore les conséquences de la légalisation de ces pratiques pour les enfants. Si on se lance néanmoins dans l’aventure à l’aveugle, c’est alors qu’on accepte d’expérimenter sur eux.

     

    Je ne suis pas juriste et donc toute cette argumentation n’est pas de mon fait mais de Mme Muriel Fabre-Magnan. Je ne peux qu’engager tous ceux que cette question intéresse, à approfondir la question en lisant son livre « La gestation pour autrui – Fictions et réalité » chez Fayard plutôt que de se laisser enfumer par cette caste de bobos du chaud-bise ou des mé(r)dias qui profite de leur fort pouvoir d'influence par le passage privilégié sur tous les plateaux pour imposer à la société, sous le faux-nez de la "modernité" ce qui ne convient et n'arrange qu'une petite minorité.

     

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    Sources et liens édifiants :

    https://www.fayard.fr/documents-temoignages/la-gestation-pour-autrui-9782213677699

    https://www.agriculture-environnement.fr/2008/07/23/jeremy-rifkin-la-nouvelle-coqueluche-europeenne

    https://www.kirkusreviews.com/book-reviews/andrew-kimbrell/the-human-body-shop/

    http://www.rfi.fr/afrique/20130511-nigeria-police-libere-17-adolescentes-retenues-une-usine-bebes

    https://www.naptip.gov.ng/wp-content/uploads/2018/09/VID-20180921-WA0006.mp4

    http://www.rfi.fr/afrique/20110602-trafic-bebes-destines-vente-decouvert-nigeria

    https://hoszhana.wordpress.com/2013/10/06/inde-une-gigantesque-usine-a-bebes-pour-tous-types-de-couples-occidentaux/

    https://www.arte.tv/fr/videos/077343-000-A/la-fabrique-a-bebes/

     

     

     

     

     

     

  • Transition énergétique ou retour du nucléaire ? « Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait… »

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    Si Nicolas Hulot a claqué la porte, ce n’est pas à cause des chasseurs, ni même du glyphosate. C’est bien pire et c’est soigneusement planqué sous les enfumages genre Benalla, Aquarius, cambriolage légal chez Mélenchon. Il s’agit de la relance massive du nucléaire ! Une décision d’une extrême gravité qui sera, comme d’habitude, prise sans consultation de la population.

    Fin octobre ou début novembre le gouvernement doit révéler sa feuille de route énergétique, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), jusqu’en 2028. Avec consultation du peuple, ou au moins de ses représentants ? Allons, allons, soyons sérieux ! Non, mercredi 24 octobre, Micmacron réunira à l’Élysée une trentaine d’entreprises et organismes de recherche. Le chef de l’État a notamment convié Patrick Pouyanné (Total), Jean-Bernard Lévy (EDF), Isabelle Kocher (Engie), Philippe Varin (Orano, ex-Areva), Xavier Huillard (Vinci) ou encore Martin Bouygues (Bouygues). Ces gens vont débattre de NOTRE avenir. Et cet avenir sera sous la menace apocalyptique de l’industrie nucléaire. Sur la table, ce sera six EPR supplémentaires ou – encore pire ! - la relance de la filière surgénérateur (Phénix, Superphénix).

    Nicolas Hulot et Bruno Lemaire ont commandé un rapport sur le nucléaire. Les deux spécialistes chargés de ce rapport sont Yannick d’Escatha, ancien administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique, et désormais conseiller du PDG d’EDF et Laurent Collet-Billon, chef de la direction générale de l’Armement de 2008 à 2017. Bonjour l’indépendance et l’honnêteté dans les choix ! On hallucine ? C’est pourtant vrai.

    Ce coup de force sera enrobé de sauce « écolo ». Nos gouvernants vont brasser du vent à faire tourner toutes les éoliennes et arguer de la COP 21, des accords de Paris, de la lutte contre le changement climatique et patin coufin… Pour ce faire Macron et Philippe vont faire état d’un rapport du GIEC.

    Le Groupement international d’experts sur le climat (le GIEC est une émanation de l’Organisation des Nations unies, « le machin » comme disait De Gaulle) confirme dans son nouveau rapport du 6 octobre 2018 que le nucléaire fait partie de la solution pour limiter le réchauffement climatique. Il l’avait déjà écrit dans son précédent rapport présenté le 27 septembre 2014. Les rapports du GIEC, toujours anxiogènes, devraient-ils être écoutés comme parole d’évangile (ou de coran ou d’upanishad, etc.) ? On peut ne pas être totalement convaincus… lien.

    Le rapport sur le nucléaire qui a fait fuir Hulot estime donc que six centrales nucléaires EPR comme à Flamanville (Manche) devraient être construites. L’intérêt, disent-ils, serait de maintenir le savoir-faire de la troisième industrie française, qui emploie 200 000 salariés, ainsi que de remporter de nouveaux marchés. Un chantier comme celui de Flamanville a déjà englouti 10,9 milliards d’euros, en plus d’avoir cumulé des déboires techniques et je ne sais plus combien d’années de retard.

    « Même si la mise en œuvre de ses recommandations n’était que partielle, elle (les préconisations de ce rapport – NDMoi) signerait l’arrêt de mort de la transition énergétique, détournant des sommes colossales des alternatives énergétiques et imposant la perpétuation du risque nucléaire », a de son côté déclaré Sortir du nucléaire, rappelant l’appel signé par dix ONG environnementales "à changer de cap". Philip, lobbyiste d’Areva en meurt de rire !

    Donc, les « spécialistes » choisis par le gouvernement Yannick d’Escatha (nucléocrate) et Laurent Collet-Billon (fabricant d’armes nucléaires) préconisent la relance de la filière nucléaire avec des EPR. Mais ces réacteurs sont basés sur des techniques dépassées. Derrière, d’autres nucléocrates voient plus loin : la relance de la filière des surgénérateurs à travers le projet Astrid.

    Astrid, c’est joli comme nom, frais, pimpant, sexy, aguichant. Mouais… Astrid, c’est un phénix : « Phénix ». Le voilà prêt à renaître de ses cendres celui-là. Le pionnier des réacteurs au plutonium, en fonctionnement à Marcoule depuis 1973, a été définitivement arrêté en mars 2009. Phénix, c’était le prototype des surgénérateurs, le rêve de toutes les têtes d’œufs de l’industrie nucléaire : la bête produit plus de combustible qu’il n’en consomme, et fait de l’électricité ! Formidable non ? Mouais… Après l’enthousiasme des débuts, les surgénérateurs ont connu l’échec. Le bide de Superphénix est encore dans les mémoires. Mais ils pourraient connaître un retour en grâce. Grâce à… Astrid !

    Astrid, c’est Superphénix qui change de nom, d’aspect probablement mais avec une base technique identique… Un sérieux inconvénient de cette filière provient du sodium, métal liquide qui s’enflamme spontanément au contact de l’air et de l’eau. On ne sait pas, à l’heure actuelle, éteindre un feu de plus de quelques centaines de kilos de sodium ! (A titre indicatif, il y en a 6 000 tonnes dans Super-Phénix). Mais ce sont des bricoles à côté du fait que les surgénérateurs fabriquent du plutonium, l’horreur intégrale.

    Dans les « Phénix », « Superphénix » ou « Astrid », le plutonium (Pu) est « l’allumette » nécessaire à l’allumage de la réaction nucléaire des surgénérateurs qui fabriquent ensuite leur propre plutonium à partir de l’uranium. On peut aussi démarrer des surgénérateurs avec de l’uranium très enrichi en uranium dit « 235 » (U235) qui est le seul élément fissile encore disponible naturellement sur terre. Mais il ne représente que 0,7 % de l’uranium naturel et ne se fabrique pas. Au contraire, le plutonium est produit dans les réacteurs nucléaires classiques, et il se « régénère » avec les 99,3 % de l’uranium restant (uranium 238). Les ressources sont donc énormes se gargarisent les nucléocrates. Ben voyons.

    Pour donner un peu de « pep » à la chose, à la différence des centrales nucléaires « conventionnelles », et à l’inverse de tout ce qui est déclaré par la propagande officielle, les surgénérateurs peuvent, par accident, faire explosion à la façon d’une bombe atomique. En effet, ils peuvent être le siège d’une réaction en chaîne dite « sur critique prompte en neutrons rapides », particularité que seule la bombe atomique possède également. La variété d’explosion atomique dont un surgénérateur peut être le siège porte le nom rassurant d '« excursion nucléaire ». Quels poètes ces nucléocrates ! La bombe Fat Man larguée sur Nagasaki par les États-Unis le 9 août 1945 utilisait une charge de 6,4 kg d’alliage plutonium-gallium. Mais il est en théorie possible de réduire la masse de plutonium nécessaire dans une arme nucléaire pour atteindre la criticité à moins de 4 kg moyennant une conception suffisamment élaborée. (Plutonium Wikipédia)

    Ce plutonium est produit par l’usine de la Hague, mise en service en 1966 dans le but de fournir le plutonium nécessaire à la Bombe. Elle a la capacité de traiter 1 700 tonnes de "combustible usé" par an. Elle tourne actuellement autour de mille tonnes annuelles. Dans cette masse on pourra récupérer 1 % de plutonium, soit 10 tonnes annuelles. De quoi constituer la charge d'environ 1500 bombes atomiques. Chaque année ! Sympa, non ?

    Bon, n'en jetons plus… Mais comment se fait-il que l’industrie nucléaire puisse se faire attribuer, sans que jamais l’avis de la population ne soit sollicité, des budgets toujours plus importants, en échange de belles promesses ? Et puisse laisser planer sur la France – et l'Europe – des risques apocalyptiques ? Elle est où la démocratie ? Dans la main des lobbies...

    Décidément, comme disait Michel Audiart : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît… »

     

    Illustration X - Droits réservés

  • Nucléaire : feuilleton des cagades de l’EPR (suite et – hélas – pas fin) !

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    Cette fois, ce sont les grosses soudures des tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur du réacteur qui sont mises en cause par l’ASN (autorité de sûreté nucléaire), le gendarme du nucléaire. Rappelons que l’ASN assure, au nom de l’État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, pour protéger les personnes et l’environnement. Elle informe le public et contribue à des choix de société éclairés. L’ASN décide et agit avec rigueur et discernement : son ambition est d’exercer un contrôle reconnu par les citoyens et constituant une référence internationale.

    Voici sa « note d’information » publiée le 3 octobre 2018 :

    « Les soudures des tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur du réacteur EPR de Flamanville 3 sont concernées par des écarts de conception et de réalisation.

    EDF a informé l’ASN, par courrier le 23 juillet 2018, de la démarche de traitement des écarts qu’elle envisage de mettre en œuvre. L’ASN avait noté favorablement la proposition de remise à niveau d’une partie des soudures avec un procédé de soudage permettant de respecter les valeurs de résilience prévues dans le référentiel d’exclusion de rupture de ces tuyauteries (L’exclusion de rupture implique un renforcement des exigences de conception, de fabrication et de suivi en service de certains matériels. Ce renforcement doit être suffisant pour considérer que la rupture de ces matériels est extrêmement improbable. Il permet à l’exploitant de ne pas étudier intégralement les conséquences d’une rupture de ces tuyauteries dans la démonstration de sûreté de l’installation.)

    EDF envisage néanmoins le maintien en l’état de certaines soudures, dont les 8 soudures situées au niveau de l’enceinte de confinement (Dispositif de protection qui consiste à contenir les produits radioactifs à l’intérieur d’un périmètre déterminé fermé). L’ASN considère notamment que cette option nécessite la réalisation d’un programme conséquent d’essais visant à mieux caractériser les propriétés mécaniques des soudures. Dans la mesure où il n’est pas certain que cette démarche aboutisse, l’ASN invite EDF à engager dès à présent les actions préalables à la réparation des soudures concernées.

    Les propositions d’EDF feront l’objet d’une instruction par l’ASN avec l’appui technique de l’IRSN. L’ASN consultera son groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires dans le cadre de cette instruction.

    L’ASN considère par ailleurs que les écarts constatés traduisent une défaillance de la surveillance réalisée par EDF sur certaines activités du chantier du réacteur EPR de Flamanville. Elle demande par conséquent à EDF d’étendre la revue de la qualité des matériels installés sur ce réacteur.

    Enfin, le premier écart ayant été identifié par EDF en juillet 2015, l’ASN considère que la gestion de cette situation par l’exploitant a été défaillante. L’ASN demande donc à EDF d’effectuer une analyse approfondie des dysfonctionnements survenus au sein de ses services et de ceux de ses fournisseurs. EDF devra également expliquer l’information tardive de l’ASN, au début de l’année 2017.

    En savoir plus :

    Soudures des tuyauteries VVP Exigences d’exclusion de rupture et défauts non détectés lors des contrôles de fin de fabrication - Courrier de l’ASN du 2 octobre 2018.

    (PDF - 193,46 Ko) »

    Bon. C’est technique tout ça. Mais ça veut dire quoi ? Que si ces énormes soudures lâchent brutalement, c’est l’étanchéité de la cuve de confinement du réacteur qui est compromise. Avec des conséquences par tellement sympathiques pour que l’ASN en vienne à allumer sérieusement EDF ! Il faut dire que la rogne de Pierre-Franck Chevet – la bête noire haïe de la mafia nucléocrate – n’est pas gratuite : il y a des mois que l’ASN aiguillonne EDF. Et qu’est-ce qu’elle lui a répondu à l’ASN l’EDF ? Elle lui a dit, avec un bras d’honneur, quelque chose comme : Tè ! Fume… Pas question de refaire ces soudures. On va changer les procédures de contrôles pour les rendre compatibles avec nos soudures merdiques.

    L’EPR de Flamanville ! European Pressurized Reactor, puis Evolutionary Power Reactor, mais on pourrait plutôt dire Euh ! Pour Rire. Cette aberration - un réacteur d’une technique ancienne, dépassée mais gigantesque (1 650 mégawatts), sacrifiant du fait de ce gigantisme la sûreté à la productivité – devait coûter 3 milliards d’euros, il devrait (??!!) finalement coûter 11, 12, 13 milliards, et plus si affinité ! En plus, cette dangereuse merde, qui devait démarrer en 2012 sera finalement mise en service en… Qui peut le dire ?

    Ce chantier a multiplié les retards, les malfaçons, les pannes, les organes déficients. Béton plein de trous par manque de ciment, cuve pas assez résistante, etc., etc.. Ceci en partie à cause d’une cascade de sous-traitance qui fait que la compétence des acteurs réels du chantier n’est pas assurée. En 2011 déjà, l’ASN avait dénoncé « un manque de compétences, de formation à la culture de sûreté des intervenants » et des « lacunes d’EDF dans la surveillance des sous-traitants ».

    Il serait peut-être temps de prendre enfin la décision qui s’impose : abandonner purement et simplement ce foutoir imposé par le redoutable autant qu’irresponsable lobby des nucléocrates. L’EPR est merdique. Sa construction foire aussi bien en Finlande qu’à Flamanville. Où qu’on le construise, l’EPR sera dangereux. Il brûlera – si un jour il fonctionne – du Mox, le plus dangereux des combustibles puisque contenant beaucoup de plutonium, l’horreur intrinsèque. Il produit des déchets nucléaires qu’il faudra stocker durant des millions d’années. Pour chaque mégawatt d’électricité produite en un an, chaque centrale produit la radioactivité à vie courte et à vie longue d’une bombe de Hiroshima. Un EPR à 1 600 MWe produira la radioactivité de 1 600 bombes de Hiroshima… Aux fous !

    Et pour l’EPR, des gens mourront dans les mines d’extraction, par les radiations proches des centrales, dans les usines de plutonium (dites de retraitement) et d’enrichissement d’uranium. Comme toute autre centrale nucléaire conventionnelle, l’EPR produira des rejets radioactifs lors de son fonctionnement dit « normal ». Destiné à l’exportation, l’EPR aggrave donc le risque que de nouveaux pays entrent en possession de la bombe atomique.

    Le projet EPR a commencé bien avant les événements du 11 septembre 2001. L’EPR n’est pas prévu pour faire face à une éventuelle attaque terroriste. Une attaque terroriste ou un accident nucléaire majeur rendraient une grande partie de l’Europe inhabitable pour toujours. Un pays possédant des centrales nucléaires est à la merci de tous les chantages.

    De plus, l’uranium provient de l’étranger et sa pénurie se précise. Alors, si les réacteurs doivent être arrêtés par manque de combustible, pourquoi en construire de nouveaux ?

    Ne serait-il pas plus raisonnable, au vu de ce fiasco, de remettre au pas le trop puissant lobby des nucléocrates et d’arrêter les frais en ayant le courage d’abandonner le chantier EPR pour mettre enfin le pognon et les compétences nécessaires dans la tant espérée arlésienne qu’est la « transition énergétique » ? Hulot en a rêvé… On connaît a suite.

    Eh ! Oh ! Victor, t’as fumé la moquette ou quoi ? D’où il vient le Premier ministre Philippe ? D’Areva ! Pardon « d'Orano », le nouveau faux-nez de cette entreprise désastreuse à tous les niveaux.


    Illustration X - Droits réservés