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humour

  • La tête de veau en l'honneur de Louis-le-seizième.

    Tete_de_veau-guillotine.jpg

     

     

    Quand revient chaque année le temps des jours nouveaux

    Je convie mes amis pour la Tête de Veau.

    On la mange toujours le 21 janvier

    En souvenir du jour où la Veuve d'acier

    Décolleta Louis, le seizième du nom,

    En des temps de fureur, de fusils, de canons.

    C'est un plat collectif, festif, essentiel;

    C'est un repas royal ou... présidentiel!

    Me méfiant des veaux qui ont "la vache folle",

    Je vais chercher les miens en terres cévenoles.

    Pour avoir du bon veau, et pas de la charogne,

    Je commande la tête au boucher de Langogne.

    Et je vais la chercher moi-même, par le train

    Qui, de Nîmes, hardiment, gravit avec entrain

    Les mille et un lacets, les soixante tunnels,

    Les trente viaducs suspendus en plein ciel

    Reliant les splendeurs de la cité romaine

    Aux sauvages attraits des terres lozériennes.

    Heureux, le nez au vent, ma glacière à la main,

    J'en prend plein les mirettes, je hume le terrain

    Qui défile et s'enfuit, lentement, pas pressé.

    Cités mélancoliques de mines délaissées,

    Juvéniles chahuts, rires à chaque arrêt,

    À-pics vertigineux, oppressantes forêts,

    Rivières et torrents, petits lacs de barrages

    Viennent et disparaissent après chaque virage.

    Paisibles bovidés paissant dans les prairies,

    Spectacle interrompue par chaque galerie,

    Le voyage est trop beau, le voyage et trop court...

    - Oh ! Victor, bois un coup, arrête tes discours,

    Si maïses coume aco, la testa de vedeù

    Bouto, la manjaren beleù a l' an nouveù ! (l)

    - C'est bien vrai. Sers-moi donc un primeur agréable

    Qui chatouille si bien mon gosier insondable.

    Zou ! Trinquons et buvons, et ne fais pas la bête,

    Je vais te raconter comment on fait la tête.

    Lorsque j'arrive avec mon chef en bandoulière,

    La Lionne a déjà sorti la gazinière

    Des grandes occasions. Ce qui se fait de mieux:

    Un feu sur doubles rampes se croisant au milieu.

    Dans une oulo (2) profonde, voire une lessiveuse

    On met à dégorger la tête voyageuse

    Dans de l'eau claire et froide pendant une heure ou deux.

    La laisser une nuit pourrait être hasardeux.

    On la sort, on la met sur un large torchon,

    On noue les quatre coins tout comme un baluchon.

    Ainsi enveloppée, au fond de la bassine

    On place, dans l'eau chaude, la caboche bovine.

    Trois oignons giroflées, trois poignées de sel gros

    Du thym et du laurier, du persil, mais pas trop.

    Quand ça bout on écume avec application,

    Puis on baisse le feu à tout petit bouillon.

    On laisse cuire ainsi entre trois et quatre heures

    Cette lenteur voulue rend la cuisson meilleure.

    Pour la vérifier, je plante une fourchette:

    Quand ça rentre tout seul, on chauffe les assiettes.

    Soulevant le torchon, je sors alors la tête

    Que je fais égoutter, coiffée d'une serviette

    Pour bien tenir au chaud la viande qui tremblote.

    Alors ma femme attaque la sauce ravigote :

    Pour une tête entière, donc pour dix gros mangeurs,

    Gourmands tant que gourmets, solides bambocheurs,

    Elle écrase au mortier persil et estragon,

    Cerfeuil et ciboulette, câpres et cornichons,

    Tout cela manié dans trois hectos de beurre,

    Elle s'en servira dans sa phase ultérieure.

    Elle met à réduire huit ou dix échalotes

    Dans un verre de vinaigre, au fond d'une cocotte,

    Lorsque c'est bien réduit, trois cuillers de farine

    Dans du beurre fondu (pas de la margarine)

    Puis elle mouille avec cinq verres de bouillon,

    Le jaune de cinq œufs, sale avec précaution.

    Tournant au bain-marie, elle incorpore alors

    Deux bons hectos de beurre, du demi-sel d'Armor.

    Lorsque la sauce prend certaine consistance

    Elle y met l'appareil préparé par avance

    Et manie bien le tout à la cuillère en bois.

    La sauce est enfin prête pour un repas de choix.

    C'est alors que j'apporte, avec solennité

    La tête décorée avec habileté

    Par du persil frisé, dans le nez, les oreilles.

    L'assemblée s' esbaudit devant cette merveille.

    Les manches retroussées, armé du Laguiole,

    Je découpe en public la brûlante bestiole

    Les joues souples et grasses qui fument et tressautent,

    Le dedans du palais, puis la langue et la glotte,

    Les viandes délicates, mousseuses du cou,

    Les oreilles craquantes, les muscles des bajoues,

    Enfin, le dernier bout, le bonheur des gourmets:

    La pointe du museau, avec les trous du nez.

    Nicole distribue: chacun son bout de veau,

    Moi, je remplis les verres avec du vin nouveau.

    Cessons pour aujourd'hui ce conte culinaire

    Ma tripe est assoiffée, remplis raz-bord mon verre

    De ce nectar divin de la Coste-du-Rhône

    Et laisse près de moi la coupe et la bonbonne.

     

    Ingrédients et proportions pour huit personnes:

     

    Une tête de veau, même sans la cervelle (depuis la vache folle les bou­chers la vende écervelée), ça pèse autour de dix kilos et plus. Mais il reste beaucoup moins de viande mangeable!

    Pour la tête: - 1 tête sans la cervelle (dommage...), - 3 ou 4 gros oignons piqués de clous de girofle, - 2 poignées de gros sel de Camargue, - 6 feuilles de laurier, - 3 branches de persil plat, - eau à la demande (la tête doit toujours cuire entièrement immergée, au besoin mettez un poids dessus).

    Pour la sauce ravigotte : - 3 branches de persil plat, - 3 branches d'estra­gon, - quelques tiges de cerfeuil, - autant de ciboulette, - 1 cuillerée à café de câpres, - 2 cornichons. Tous ces ingrédients, pilés au mortier, seront maniés dans un hecto de beurre.

    - 5 échalottes, - 1 verre de vinaigre, - 2 cuillerées de farine. - 3 verres de bouillon, - 3 jaunes d'œuf, - 2 hectos de beurre demi-sel.

    - persil pour décorer les oreilles et les trous de nez.

     

    Les vins conseillés:

     

    La tête de veau s'accompagne idéalement avec des vins primeurs, des vins de soif, gouleyants, joyeux et sans chichis: Tulette, Sainte-Cécile-­les-Vignes, Rochegude, Gaugeac, Saze.

    Ventoux de : Mormoiron, Caromb, Bédoin. Tricastin.

    Coteaux du Languedoc.

    Côtes de Provence.

    Et même, en cas de pénurie de Côtes-du-Rhône, Bordeaux légers et Vins de Loire.

     

     

    (1) Si tu parles comme ça, la tête de veau, on la mangera peut-être, mais l’an prochain !

     

    (2) oulo : grand récipient profond destiné à la cuisson des aliments, soit suspendu à la crémaillère d’une cheminée, soit posé sur un trépied.

     

    Illustration X - Droits réservés

  • TRAVAILLEZ ! COTISEZ ! PUIS CREVEZ !

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  • L’AVENIR ? UNE PLONGÉE VERS UN NOUVEAU MOYEN-ÂGE ? Ou pas...

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    Marche arrière toute ! Fini l’Humanisme, aux poubelles la Renaissance, aux chiottes les Lumières.

    L’avenir ? Sectes, fanatismes religieux, nous font chuter vers un nouveau Moyen Âge… Et à toute vibure !

    Le sens de l’histoire s’est inversé depuis l’ultralibéralisme de Reagan et Thatcher dans les années quatre-vingt, avec un bon coup d’accélérateur dû au neo-conservatisme de Bush. Il étend sa toile visqueuse maintenant avec l’ultralibéralisme décomplexé de Trump et chez nous de Macron.

     

    Mais, à la différence du passé, ce nouveau Moyen Âge possède les apparences et les pouvoirs de la technologie. Une technologie dont l’usage sera réservé à une élite, et qui sera utilisée pour asservir, contrôler, réprimer, torturer, détruire et assassiner, avec une violence et une cruauté inédites. L’inquisition plus l’ordinateur ! C’est déjà le cas en Chine, et chez nous il est envisagé en haut lieu » avec des velléités de nous faire avaler la reconnaissance faciale.

     

    Les points communs entre le Moyen-Âge et la période actuelle ne manquent pas :

    le fantastique décalage entre riches et pauvres ;

    une société gouvernée par une élite issue de castes héréditaires et de moules réservés (grandes écoles) ;

    le peu de valeur accordé à la vie humaine ;

    le retour de l’esclavage, en Chine et en Asie d’abord, déjà en Europe et en Amérique ;

    le retour à la Loi du plus fort ; imposée au mépris des Droits de l’homme (Guantanamo…) ;

    le retour des empires totalitaires (USA, Chine, Russie) ;

    le retour de l’obscurantisme (islamistes, néochrétiens évangélistes américains, explosion des sectes) ;

    le retour aux guerres de Religion (charia islamiste et « croisades » des « églises évangélistes » au Brésil, en Afrique,)

    le recul de la culture et de l’éducation, le retour de l’illettrisme, l’accès à l’éducation réservé aux plus riches ;

    la réapparition des « bandits de grands chemins » et des pirates en mer. Retour à une insécurité des transports (attaque sur les autoroutes, « home jacking », etc.

    le retour des épidémies et des maladies qui avaient été éliminées depuis un siècle. La typhoïde, la tuberculose, la diphtérie et la gale ont fait leur réapparition en Occident à cause du développement de la misère. La peste et le choléra sont à nouveau en progression dans certains pays du tiers-monde. En attendant la peste aviaire transmissible d’humain à humain ! ;

    le retour des pratiques tribales (piercings, tatouages, organisation en tribus des exclus, etc.) ;

    la mode « gothique » (les modes étant souvent un révélateur des tendances sociales à venir) ;

    le retour de la sorcellerie et des rites de magie noire ;

    l’influence prédominante des ordres occultes et des sociétés secrètes ésotériques parmi les élites dirigeantes (Skull and Bones, Bohemians Club…)

    une population de plus en plus misérable et inculte, décérébrée par les médias de masse au service des mercantis, dont la seule fonction est de fournir des esclaves à l’élite. D’autant plus qu’avec la surpopulation, l’esclavage est finalement le mode de production le plus approprié et le moins coûteux, surtout si les machines devaient être un jour paralysées par les pénuries d’énergie.

    etc.

     

    La chape de plomb du Moyen Âge a duré de douze à treize siècles… Bonjour l’avenir !

     

    Mouais… Eh ! Victor c’est l’an 2020 qui te rend grognon ? Pourtant l’année Vinvin, ça devrait te plaire !

    Et si on regardait aussi la moitié pleine de la bouteille ?

    - en premier lieu l’arrivée rafraîchissante des tout jeunes dans la lutte contre le changement climatique. Quels que soient les intérêts qui se cachent derrière « Sainte Greta » comme disent ceux qui l’exècrent parce qu’ils la craignent, ce mouvement interpelle. Il interpelle les con-sommateurs que nous sommes mais aussi les grands groupes fournisseurs de toutes les merdes qu’on ingurgite, de tous les gadgets inutiles dont on nous abreuve. Pas par altruisme mais seulement par pragmatisme mercantile : être montré du doigt par ces jeunes et donc futurs consommateurs, c’est mauvais pour leur 'image » et donc pour les dividendes de leurs actionnaires.

    - la prise de conscience de la stupidité de la croissance à tout prix. On n’en est pas encore à la décroissance mais, poussés par la base, les constructeurs les plus malins commencent à oublie « l’obsolescence programmée ».

    - l’émergence de mouvements planétaires contre l’inégalité découlant de la mondialisation ultralibérale, du Chili à l’Algérie, de Hong Kong à l’Irak. Les oligarques qui mettent la planète en coupe réglée commencent à pisser sur leurs Gucci.

    - en France l’arrivée des Gilets jaunes, même s’il se termine pr un fiasco, est l’illustration de la venue de nouvelles formes de luttes où la violence n’est plus taboue.

    - en France toujours le retour des syndicats sur le ring.

    - et puis, rigolons un peu, l’interdiction faite aux Nouillorquais de manger, de vendre, de posséder… du foie gras ! Tant mieux pour nous, on en mangera plus puisque les prix vont baisser, tant pis pour ces crétins d’Étasuniens…

     

    Et puis, le Moyen Âge n'a-t-il pas donné Rabelais et Villon ? L'imprimerie et les cathédrales ?

     

    Allez, levons nos verres à la nouvelle année !

     

    Illustration X - Droits réservés