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  • Détresse et COLÈRE des oubliées du Ségur de la santé : les personnels des SSIAD

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    « Nos soignants sont extraordinaires, nous devons les remercier » proclame le ministre de la santé Véran. En guise de remerciements, une partie essentielle de ces soignants, ou plutôt de ces soignantes, est exclue de la « récompense », des « remerciements », en l’occurrence de l’augmentation de salaire négociée au cours des accords du « Ségur ».

    Ces exclues, ces oubliées ce sont les personnels des Services de soins infirmiers à domicile, les SSIAD.

    Signés en juillet, ces accords prévoient notamment une revalorisation salariale de 183 € nets par mois (loin des 300 euros demandés, mais…) et indiciaire pour les professionnels des hôpitaux et EHPAD publics. Augmentation dont vont bénéficier les aides-soignants et les personnels donnant leurs soins aux patients à l’intérieur des bâtiments des EHPAD mais dont sont exclues celles qui assurent ces soins à l’extérieur ! Les unes comme les autres ont le même statut de fonctionnaires territoriaux, elles sont payées par la même entité, à savoir la même EHPAD. Elles ne sont pas « propriétaires » de leur poste, c’est-à-dire qu’elles peuvent être affectées indifféremment en service interne ou en service externe. Et pourtant les unes bénéficieront de l’augmentation de 183 euros par mois, et les autres pas ! Une INJUSTICE criante. Diviser, divisez, il en restera toujours quelque chose…

    D’ailleurs, bien des aides-soignantes des SSIAD (celles du service extérieur) demandent leur intégration au service interne. D’autres envisagent de démissionner. Et ces établissements vont avoir de plus en plus de mal à embaucher.

    À cet « oubli », la DGOS (Direction générale de l’offre de soins) propose, pour faire face à la seconde vague de Covid-19, de former des aides-soignantes "temporaires" en quinze jours. Les personnels des SSIAD, comme beaucoup de leurs collègues des hôpitaux et EHPAD, parlent carrément de "mépris" et d’"aberration". En effet il faut savoir que les aide-soignantes des SSIAD paient de leur poche une formation solide s’étalant sur un an. Alors en quinze jours, bonjour les dégâts… Parce la « matière première » que « travaillent » ces personnes admirables, c’est de l’humain !

    Je les connais bien, moi, ces belles personnes. Parce qu’elles viennent depuis six ans maintenant, matin et soir, s’occuper de ma belle compagne sur laquelle est tombée une calamité : Alzheimer…. Elles assurent le lever, la toilette, l’habillement chaque matin. Et le déshabillage, la toilette et la préparation au coucher, chaque soir. Et ce n’est pas toujours facile, pas très ragoûtant, mais indispensable. Elles font ça avec compétence, patience, gentillesse. Et. Il en faut de la psychologie pour s’adapter à chaque personne, à chaque situation, à chaque aidant le cas échéant. Avec en prime toujours une bonne humeur et un sourire qui enluminent la journée des personnes qu’elles soignent. Parce qu’elles sont souvent les seules personnes que leurs patientes voient dans la journée, encore plus en ces périodes de confinement.

    Rien n’est simple dans ce métier car il s’agit de prendre en charge et d’assurer le bien-être de résidents souvent handicapés mentaux lourds, de maintenir un lien protégé avec la société tout en assurant les soins de confort (toilette complète, aide au repas, etc.). Rajoutez en période COVID la gestion du confinement et des gestes barrière et vous aurez une idée du peu d’appétence de beaucoup pour ce métier. Métier mal payé, pas considéré à sa juste valeur.

    Par quel raisonnement tordu une quelconque tête d’œuf de l’institution « compétente » (?!) a-t-elle pu séparer le traitement des personnes travaillant « en étage » dans les EHPAD et celles travaillant en extérieur ?

    La foudre leur est tombée dessus à la parution du décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020, destiné à définir les professionnels bénéficiaires du Complément de Traitement Indiciaire, soit des 183 €. Le diable étant dans les détails, le décret exclut les établissements et services du médico-social (hors EHPAD) de la revalorisation ! 40 000 agents sont exclus du système !

    Stupeur, émoi, colère se succèdent. Le décret aurait-il été mal écrit (c’est déjà arrivé) ? Y aura-t-il un décret modificatif ou une circulaire ? Ou est-ce une stratégie délibérée de division ? Puis les questions affluent : Qui va vouloir encore aller travailler dans ces services ? Y aura-t-il des demandes de mutation ou des démissions spontanées ?

    Et qui a pensé aux bénéficiaires de ce service ? Il est vrai que les vieux, les handicapés, ne sont pas « rentables ». Je me souviens d’Alain Minc dégueulant son fiel ultralibéral il y a quelques années : « La collectivité nationale doit-elle payer les soins à de vieilles personnes qui ne travaillent plus, ne produisent plus, et dont l’espérance de vie est réduite ? ». Le problème, c’est de définir l’âge auquel on est vieux ; pour les entreprises c’est à l’approche de la cinquantaine, mais pour les sénateurs, à 80 ans on est toujours jeune !

    Notre société est égoïste et la solidarité intergénérationnelle à de la peine à exister. La mode est au « jeunisme », pas à « l’âgisme ». Faut-il portant oublier que c’est grâce aux vieux que nous avons les congés payés, la Sécurité sociale, grâce à eux et à leurs luttes que nous bénéficions de tous ces « acquis » qui jour après jour, années après années nous sont enlevés.

    Ces lois sociétales soi-disant modernistes « d’optimisation de la vie » (euthanasie, suicide assisté, procréation médicalement assistée, gestation pour autrui) sont en passe d’être imposées à la masse populaire par les puissants lobbies de bobos influents. Eux-mêmes manipulés par le culte du pognon de la société ultralibérale : élimination des gens qui ne seront plus productifs, économies conséquentes sur les retraites, remise à flot de la Sécu. Une journée d’hôpital coûte cher à la collectivité donc, en ces temps d’austérité, abréger la vie ou suggérer aux patients que ce serait mieux qu’ils cessent de vivre parce que leur vie est devenue indigne va faire faire à la société de substantielles éconocroques !

    Des mouvements s’organisent dans toute la France parmi les personnels des SSIAD. Les syndicats se bougent. Des grèves sont envisagées. Mais les « rayons de soleil » viendront tout de même voir leurs patients, avec, collé sur leur sac un papier marqué « en grève ».

    Hardi les filles, on vous soutient et on vous aime !

     

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  • Bébés par PMA ou "à l’ancienne". Femmes, exigeons le même coût pour toutes !

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    Afin de manifester son opposition au projet de loi de bioéthique, le collectif « Marchons enfants ! », qui rassemble 22 associations, a appelé les Français à manifester ce 10 octobre, à Paris et dans d’autres villes de France. Succès ou échec ? Bof…

    Une PMA, quèsaco ? C’est la contraction de « Procréation médicalement assistée ». Un acronyme célèbre mais dont on ignore souvent ce qu’il englobe. En effet, la PMA propose plusieurs procédures.

    L’insémination artificielle, qui permet la grossesse par le biais de l’introduction d’un échantillon de spermatozoïdes dans l’utérus. Les spermatozoïdes peuvent provenir du partenaire ou bien d’un donneur. Pour maximiser les chances de grossesse, les ovaires sont hormonalement stimulés et l’ovulation contrôlée, pour pratiquer l’insémination au moment le plus opportun.

    La seconde technique de PMA est la fécondation in vitro aussi appelée FIV. Cette technique est plus complexe. L’ovule est fécondé en dehors de l’utérus avant d’y être réimplanté. Il existe cinq variantes possibles de la fécondation in vitro : une FIV avec ses propres ovules et le sperme du partenaire, une FIV avec ses ovules et le sperme d’un donneur, une FIV avec les ovules d’une donneuse et le sperme du partenaire, une FIV avec donneurs pour les deux types de gamètes et enfin la méthode ROPA. Cette dernière méthode permet à un couple de femmes de participer toutes les deux à la grossesse, l’une en fournissant l’ovule, l’autre en portant l’enfant. Ouf ! lien

    Dans la Loi Bioéthique contestée par ces manifestants, une disposition dérange, c’est le remboursement de la PMA par la Sécurité sociale, même pour une PMA « de confort » et non pour pallier une carence médicale comme avant.

    Actuellement il y a 150 000 tentatives de PMA par an en France. Il résultera 25 000 enfants. Le coût pour la Sécurité sociale est de trois cents millions d’euros.

    Chaque enfant né par PMA « coûte » donc 300 000 000 / 25 000 = 12 000 euros.

    Il serait donc logique et surtout JUSTE de donner la même somme aux femmes qui font leurs bébés « à l’ancienne » !

    Rappelons le mode d’emploi pour faire les bébés « à l’ancienne » pour celles et ceux qui l’auraient oublié : après plein de caresses, mots doux et bisous partout partout (on dit les préliminaires), le Monsieur monte sur la Dame, celle-ci ouvrant ses cuisses et son huis afin que celui-là puisse introduire aisément sa seringue de chair (on dit position du missionnaire). D’autres positions sont possibles en fonction de la souplesse et de l’imagination des deux gymnastes.

    Après quelques mouvements gymniques conjugués entre les deux amoureux (on dit partenaires sexuels), un grand mais trop bref plaisir (on dit jouir) récompense (pas toujours pour la Dame) les deux gymnastes et alors l’appendice du Monsieur (on dit le pénis ou plus familièrement la bite) expulse (on dit éjacule) dans le réceptacle de la Dame (on dit le vagin ou plus familièrement la chatte) des millions de « petites graines » (on dit spermatozoïdes) qui entament une course effrénée pour être les premières à féconder l’ovule de la Dame. Une seule « petite graine » gagnera et donnera la vie à un bébé (ou deux et plus si affinités).

    Finalement la méthode « à l’ancienne » ne manque pas de charmes !

    Et mérite d’être rémunérée au même titre que la méthode « médicalement assistée » ! Non ?

     

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  • Cannabis. Gérard n'aime pas Marie-Jeanne !

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    « Je ne peux pas, en tant que ministre de l’Intérieur, en tant qu’homme politique dire à des parents qui se battent pour que leurs enfants sortent de l’addiction à la drogue, que l’on va légaliser cette merde. Et je dis bien « cette merde », s’insurge le ministre de l’intérieur Darmanin à l’intention des sirènes de plus en plus nombreuses qui lui serinent de légaliser le cannabis en France.

    Après Vaillant, Le Guen à gauche, voilà Robinet, le maire LR de Reims qui en remet une louche. Ça évolue, ça évolue…

    Alors, on le légalise ce tarpé qui est partout, ou on préfère les guerres de dealers à la Kalash ? Une société sans stupéfiants ? La drogue se trouve partout dès le collège. Une société sans consommateurs ? La France a la plus grande proportion de fumeurs de cannabis du continent. 700 000 en fument quotidiennement et 18 millions en ont « déjà fumé ».

    Eh, ci-devant ministre Darmanin, une politique ne se juge pas sur ses intentions mais sur ses résultats ! On connaît les succès de l’approche moralisante de tartuffes à l’égard du cannabis… Il serait peut-être temps, après un demi-siècle de prohibition, de faire le bilan de la consommation et du trafic et d’ouvrir un débat réaliste sur le sujet, non ?

    La réalité est celle-ci : une dépénalisation de fait de l’usage avec le tarpé taxé au niveau d’un excès de vitesse léger ou d’une absence de port de muselière ; un trafic concédé aux gangs mafieux ; une impuissance totale de la police et de la justice à éradiquer une consommation massive; des prisons encombrées pour pas grand chose. La prohibition du cannabis constitue donc une fiction, un mythe confortable.

    Moralement, on ne peut évidemment pas souhaiter que nos enfants « se droguent » au même titre qu’on ne peut accepter qu’ils deviennent alcooliques, c’est-à-dire dépendants. Qu’ils consomment de l’alcool ou du cannabis à l’occasion, quelle différence ? Une seule et de taille : on ne peut pas mourir d’une overdose de cannabis.

    Alors, diaboliser le tarpé au nom de la morale tout en tolérant le binge-drinking et ses comas éthyliques à la vodka et au mauvais whisky, voilà une belle tartufferie !

    Pourquoi les gens fument-ils le tarpé ? Mais pour la même raison qu’ils boivent le pastaga, le cognac, la vodka et, pour les plus raffinés, les bons vins ? Pour le plaisir que ça leur procure ! Les vins sans l’alcool ? Un bide. Les bières sans alcool ? Un bide. Parce qu’au-delà du plaisir gustatif, l’usager recherche les effets psychoactifs de ces produits. Ne pas comprendre cela est soit de l’hypocrisie, soit de la naïveté tangentant la konnerie.

    Les femmes et les hommes politiques qui s’opposent à toute légalisation sont de beaux faux culs : ils s’opposent surtout à l’arrêt du trafic parce que cette concession faite aux gangs de dealers constitue une sorte de RSA Banlieue qui leur assure une relative paix sociale et… des voix pour être réélu. Après ça on nous parlera de « reconquête des territoires perdus de la république »… Tant qu’un « chouf », un guetteur, gagnera en une journée autant sa mère ou son père en une semaine, les jeunes, tonton Darmanin, ils te diront « Tè, fume » !

    Cette faux-culterie est d’autant plus cynique que l’Insee intègre le trafic de drogue à son calcul du PIB national à hauteur d’un milliard d’euros pour le cannabis !

    La prohibition du cannabis est un échec flagrant. Policiers et gendarmes se noient dans la paperasse des procédures, perdant ainsi 1,2 million d’heures d’activité qui seraient mieux utilisées ailleurs. La consommation s’est banalisée, surtout chez les jeunes : 18 millions de Français l’ont expérimenté, 1,4 fume régulièrement et 700 000 fument quotidiennement.

    Une légalisation bien pensée et bien organisée permettrait : - production en France ou en Europe via des filières contrôlées, - qualité du produit alors que les dealers font fumer du goudron aux jeunes, - autoproduction pour ceux qui veulent pour leur conso perso, - vente dans les bureaux de tabac et des « coffee-shops » bien contrôlés, - interdiction évidente pour les mineurs, et de juteuses rentrées de fric pour l’État.

    Les résultats seraient : - remise des flics sur des tâches utiles, - du boulot pour les agriculteurs notamment en zones de montagnes, - de l’activité pour les buralistes et les « coffee-shops », - la fin des financements des réseaux maffieux, puisqu’ils n’auraient plus rien à y gagner, - une meilleure détection des personnes à la dérive par surconsommation, - une prévention plus aisée, notamment par la suppression de « l’attirance pour l’interdit » chez les ados, - des taxes pour la sécu, - une meilleure qualité, contrôlée, garantie pour les consommateurs, - et pourquoi pas, des « dealers » devenant chef d’entreprise et confrontés alors aux règles de concurrence ! Et donc beaucoup moins d’insécurité dans nos villes.

    Et puis, le fait d’asphyxier ces trafiquants qui naviguent dans les mêmes eaux troubles, se partagent les mêmes territoires et aussi le même fric que les fondamentalistes islamistes serait un sacré coup donné à ces ennemis de la république. Combattre le terrorisme salafiste passe par la coupure de ses sources de financement au nombre desquelles figurent tous les trafics dont celui du cannabis.

    Cela mettrait fin à une situation d’autant plus révoltante que 10 % des effectifs de la police et de la justice se consacrent sans relâche à une prohibition virtuelle, mobilisant des forces qui font défaut dans la lutte antiterroriste, sans faire reculer d’un pouce la consommation ou le trafic. Réallouer de tels moyens à la lutte contre l’État islamique pourrait constituer un tournant stratégique majeur, sans rien coûter au contribuable.

    « Pas question, qu’il a dit notre flic en chef ! Le cannabis, c’est de la merde ! » Ben ouais, on voit qu’il connaît notre Javer de sous-préfecture, c’est comme ça que disent les fumeurs : du « shit », c’est-à-dire de la « merde » !

    Pourtant, si de temps en temps Gégé ou Manu tiraient un petit tarpé ou dégustaient un savoureux « gandga cookie », ça leur déconstiperait un peu les boyaux de la tête !


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