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humour - Page 42

  • Europe : on ne fait pas une omelette avec des œufs durs…

     

    Au bistro de la Toile.

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    - Salut Loulle. On va bientôt voter pour l’Europe. Mais une Europe que les margoulins ultralibéraux qui l’ont confisquée ont réussi à faire détester par les populations. En réalité, il y a deux Europe, celle du nord et celle du sud, celle des buveurs de vin et celle des buveurs de bière. Voire trois avec les ex pays de l'Est. Ne vaudrait-il pas mieux organiser ces différences plutôt que de s'entêter dans un rêve fédéraliste impossible.

    - Ah ! Trois Europe pour le prix d’une. Et alors, on fait quoi ?

    - On pourrait réfléchir à reconstruire l’Europe selon des regroupements de nations. Un peu comme on a regroupé les départements français en grandes régions selon les proximités géographiques et culturelles. Pourquoi pas la création d’une grande Nation latine, qui s’appellerait Latinia et qui regrouperait la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique Wallonne et la Suisse non alémanique (parlant français, italien, romanche). On pourrait et devrait y intégrer évidemment la Grèce et la Roumanie. Avec convergence en matière fiscale et sociale, ce que refuse l'UE actuelle. Armée commune, diplomatie commune, on verra à l'usage. Monnaie : l’euro latin.

    - Bref, les buveurs de vins, ayant subi la religion catholique. C’est tout de même mal barré avec nos amis italiens qui nous font la gueule !

    - On peut le voir comme ça, selon ta vision de mastroquet. Quant à la brouille avec les Italiens, c’est de la rigolade : nos deux pays sont amoureux l’un de l’autre depuis plus de deux millénaires… Alors les cargagnages de Macron et de Di Maio, ce n’est que pisse de chat. Bref, on mettrait comme langue non pas commune mais véhiculaire évidemment le latin, langue de base de tous les idiomes parlés dans cet espace géographique, et véritable ciment culturel entre leurs populations. Ce pourrait être une confédération, sur le modèle suisse. Quant à la capitale confédérale, ce serait probablement Paris, ou Barcelone ? Ou Milan ? Ou Genève ?

    - Pourquoi pas Avignon Victor ? Ville qui a déjà été capitale de la chrétienté ! Et qui a une position géographique idéale entre le nord de la France, l’Espagne et l’Italie ?… teng ! Mon bistro prendrait de la valeur. Je vois d’ici la pancarte : « Bistrotum Loulo. Potest bibere, manducare, disputatio. »

    - C’est vrai que ça aurait de la gueule. Ce Latinia aurait une population de plus de 220 millions d’habitants, atteignant ainsi la taille critique des grands pays (plus que la Russie, plus que le Japon). Son PIB atteindrait les 10 000 milliards d’euros, à comparer à celui des États-Unis (18 000 milliards) et de la Chine (12 000 milliards d’euros). Il serait au troisième rang mondial.

    - Mais, et l’Allemagne ? On ne va pas encore se fâcher avec nos cousins germains ? On sait trop où ça mène…

    - L’Allemagne pourrait, sur le même modèle, créer une autre grande Nation regroupant les pays de culture et de langue nordico-germanique : l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique flamande, le Danemark, la Suède, l’Autriche, le Luxembourg, la Finlande, les Pays baltes et peut-être, mais pas sûr, la Pologne. Ça ferait une nation – Germania – équivalente, avec 182 millions d’habitants et 6 500 milliards d’euro de PIB. Avec pour monnaie l’euro nordique.

    - Le pays buveurs de bière. Ayant subi la religion protestante.

    - C’est vrai. Quant aux pays de l’est de l’Europe, ils pourraient eux aussi se regrouper en une autre grande Nation.

    Ces trois nations créeraient ensuite naturellement, ensemble, l’Union des Grandes Nations d’Europe. Basée sur la solidarité et non sur la « concurrence libre et non faussée ». Il serait probablement plus facile de faire vivre et travailler ensemble des populations se comprenant et ayant des affinités naturelles.

    - Ce serait toujours mieux que le foutoir actuel. Allez, « At nostri ! Vinum purpuriso ! »

    - Bien Loulle. A la nôtre et du vin rouge car, comme disait Horace : « Nulla placere diu nec vivere carmina possunt, quae scribuntur aquae potoribus ». Ce qui veut dire « Des vers ne peuvent plaire ni durer longtemps s'ils ont été écrits par des buveurs d'eau ! »

     

    Illustration: merci au regretté Chimulus

     

  • Ouiqunde érotique avec Aristide Bruant

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    À Grenelle


    Quand j'vois des fill's de dix-sept ans,
    Ça m'fait penser qu'y a ben longtemps,
    Moi aussi j'l'ai été pucelle,
    A Grenelle.

    Mais c'est un quartier plein d'soldats,
    On en renconte à tous les pas,
    Jour et nuit i's'font sentinelle,
    A Grenelle.

    J'en ai t'i' connu des lanciers,
    Des dragons et des cuirassiers,
    I's m'montraient à m'tenir en selle,
    A Grenelle.

    Fantassins, officiers, colons
    Montaient à l'aussaut d'mes mam'lons,
    I' m'prenaient pour eun' citadelle,
    A Grenelle.

    Moi j'les prenais tous pour amants,
    J'commandais tous les régiments,
    On m'app'lait mam' la colonelle,
    A Grenelle.

    Mais ça m'rapportait que d'l'honneur,
    Car si l'amour ça fait l'bonheur,
    On fait pas fortune avec elle,
    A Grenelle.

    Bientôt j'm'aperçus qu'mes beaux yeux
    Sonnaient l'extinction des feux,
    On s'mirait pus dans ma prunelle
    A Grenelle.

    Mes bras, mes jambes, mes appas,
    Tout ça foutait l'camp, à grands pas.
    J'osais pus fair' la p'tit' chapelle,
    A Grenelle.

    Aujord'hui qu'j'ai pus d'position,
    Les régiments m'font eun'pension :
    On m'laiss' manger à la gamelle,
    A Grenelle.

    Ça prouv' que quand on est putain,
    Faut s'établir Chaussé'-d'Antin,
    Au lieu d'se faire eun'clientèle,
    A Grenelle.
    Aristide Bruant

     

     

    https://www.youtube.com/watch?v=guu-LmLtpws

     

    Photo X - Droits réservés

     

  • Ouiquinde gastronomique: nourrissons-nous l'esprit avec François Cavanna et Omar Khàyyàm

     

    Il y a cinq ans, le 29 janvier 2014, François Cavanna allait rejoindre Omar Khayyàm pour cultiver l'Humour et la Raison dans les vignes du seigneur. Savourons en leur mémoire ces quelques lignes.

    franàois cavanna,omar khàyyàm


    François Cavanna :

    Un dieu salaud est capable de tout. Il n'y a pas d'autre terme à l'alternative: ou pas de dieu, ou un dieu salaud. J'ai choisi pas de dieu. Et si, pour improbable que soit la chose, Dieu existe quand même, ce dieu infiniment bon, infiniment intel­ligent qu'on nous présente, alors il ne peut pas m'en vouloir de ne pas croire en lui, puisqu'il fait tout pour cela. Je joue gagnant à tous les coups.

     

    Omar Khàyyàm :

    Si assuré et ferme que tu sois, ne cause de peine à personne ; 
    Que personne n’ait à subir le poids de ta colère.
    Si le désir est en toi de la paix éternelle,
    Souffre seul, sans que l’on puisse, ô victime, te traiter de bourreau. 

     

    Combien de temps jeterai-je des pierres dans la mer !
    Je suis écœuré des idolâtres de la pagode :
    Kháyyám ! Qui peut assurer qu’il habitera l’Enfer ?
    Qui donc jamais visita l’Enfer ? Qui, jamais, revint du Ciel ?

     

    François Cavanna :

    Peu importe

    Peu importe que la vie soit un accident, une chimie de hasard,

    Peu importe que se soient condensées galaxies et soleil, planètes et satelittes,

    Peu importe que quelques molécules se soient accolées en uhe première gelée vivante,

    Peu importe que la vie ai emplie les océans, et puis en soit sortie, et puis soit devenue crapaud, lézard, singe et enfin homme,

    Peu importe,

    Tu es là.

    Au bout de tout cela,

    Tu es là.

    Tout cela s'est fait pour toi.

    Ces milliards d'années, ces univers, ces hécatombes,

    Tout cela pour aboutir à toi.

    Et voilà : tu es là.

    Toi tout seul.

    Tu es un point infime de l'espace, un instant fugitif du temps,

    Mais tu es toi,

    Toi tout seul.

    Tu n'es pas la continuation de ton père, ni du père de ton père, ni des pères des pères de tes pères.

    Tu n'as pas demandé à être là,

    Mais tu y es,

    Tu es là,

    Tu es toi,

    Toi tout seul.

    Tu ne dois rien à personne ni à rien.

    Tu ne peux savoir pourquoi tu es là, ni si quelqu'un t'y a mis, pas même s'il y a un « pourquoi » ni s'il y a un « quelqu'un »,

    Et qu'importe ?

    Tu es là.

    N'écoute pas les menteurs.

    N'écoute pas les peureux.

    N'écoute pas la peur au fond de toi,

    N'écoute pas la tentation de la peur au fond de toi,

    N'écoute pas les profiteurs de la peur.

    Surtout,

    Surtout,

    Ne crois pas.

    Ne crois en rien, jamais,

    Ni pas peur,

    Ni par amour,

    Ni par pitié,

    Ni par faiblesse,

    Ni par convenance.

    Ne crois pas !

     

     

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    Omar Khàyyàm :

    Tu n’as pas aujourd’hui de pouvoir sur demain ;
    L’anxiété du lendemain est inutile.
    Si ton cœur n’est pas insensé, ne te soucies même pas du présent ;
    Sais-tu ce que vaudront les jours qu’il te reste à vivre ? 

    Sache ceci : que de ton âme tu seras séparé,
    Tu passeras derrière le rideau des secrets de Dieu.
    Sois heureux…tu ne sais pas d’où tu es venu;
    Bois du vin…tu ne sais où tu iras.

     

    François Cavanna :

    Œcuménisme

    Qu'ont en commun les inquisiteurs, les brûleurs de sorcières, les massacreurs de populations au nom de la foi (soixante mille égorgés lors de la prise de Jérusalem pendant la première Croisade), les bénisseurs d'armées, les pendeurs d'hérétiques, les incitateurs à l'assassinat pieu, les lapideurs de femmes adultères, les qui-vont-à-la-messe, bouffent du foie gras et laisse un abbé Pierre leur astiquer la bonne conscience en se faisant le bouc émissaire de la charité ?

    Ils ont en commun le mot clé de tous les culs-bénits :

    AMOUR

    Omar Khàyyàm :

    Nous et le vin et le banc de la taverne et nos corps d’ivrognes nous sommes
    Insoucieux de l’espoir de la miséricorde et de la terreur du châtiment ;
    Nos âmes et nos cœurs, nos coupes et nos vêtements tachés de lie
    Sont indépendants de la terre et du feu et de l’eau

    Ah ! Malheur à ce cœur d’où la passion est absente,
    Qui n’est pas sous le charme de l’amour, joie du cœur !
    Le jour que tu passes sans amour
    Ne mérite pas que le soleil l’éclaire et que la lune le console.

    Au printemps, sur la berge d’un fleuve ou sur le bord d’un champ,
    Avec quelques compagnons et une compagne belle comme une houri,
    apportez la coupe…ceux qui boivent la boisson du matin
    sont indépendants de la mosquée et libre de la synagogue. 

     

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