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LANTIFADAS - Page 58

  • Vive l'année VINVIN !

    Une année à déguster sans modération

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    Amies, amis !

    Que 2020, l'année VINVIN soit une anno vinum à déguster sans modération !

    Je nous souhaite de boire, manger, baiser, fumer, pétarder, prendre son pied de toutes manières.

    Je nous souhaite plein de foie gras, de gras-double, de tripes à la mode de Caen ou de Provence, de tripoux de Lozère, de pintades farcies aux truffes et de tourne-dos-Rossini.

    Je nous souhaite plein de cochonnailles chaudes et odorantes, de caillettes, de sauciflards, de jambons à l'os.

    Je nous souhaite d'entendre avec les yeux qui pétillent et les papilles qui vibrent le pop léger et festif d'un bouchon qui saute, qu'il soit de Côtes-du-Rhône, du Languedoc, de Bourgogne, de Bordeaux, d'Alsace, de la Loire et même d'Italie, d'Espagne, de Hongrie, du Chili...

    Je nous souhaite plein d'amours, qu'elles soient sentimentales ou vénales. Avec de gros nichons et de gros culs pour les hommes, de gros pafs solides et vigoureux pour les femmes.

    Je nous souhaite de l'espoir si nous sommes malades, du réconfort si nous sommes déprimés et de la sérénité si la Camarde nous fait de l’œil et que le trou nous guette.

    Je nous souhaite même du travail pour ceux qui aiment ça, mais aussi et surtout le pognon minima pour vivre (revenu universel, pourquoi pas ?)

    Je nous souhaite beaucoup d'humour, de provocations, de rires, d'impertinence, d'insolence, de blasphèmes contre toutes les névroses collectives appelées religions.

    Je nous souhaite de rire à s'en faire péter l'embourigue en se moquant de tous les « dieux », de Jésus, d'Allah, de Jéhovah, de Vishnou, de Bouddha, d'Odin, de Râ, de Jupiter, de Zeus et même de Mitterrand (qui fut dieu en son temps !). Tiens, il n'y a que des mâles parmi ces tyrans de l'esprit...

    Je nous souhaite une presse libérée des marchands d'armes et de béton, avec plein de nouveaux Cabu, de nouveaux Wolinsky, de nouveaux Charb, de nouveaux Tignoux.

    Et une mention particulière Siné à qui je souhaite, dans les vignes du seigneur, plein de canons, pleins de jolis culs de femmes à peloter, pleins de dessins iconoclastes à faire.

    Je nous souhaite plein de livres « à l'index », plein de tableaux boutefeux, de musiques étranges, de ballets provocateurs.

    Je nous souhaite plein de spectacles grivois, « osés », blasphématoires.

    Je nous souhaite plein de Rabelais, plein de Molière, plein de François Villon, plein de Diderot, plein de Voltaire.

    Je nous souhaite plein de Brassens, plein de Ferré, plein de Desproges, plein de Jean Yanne, plein de Pierre Dac, plein de Coluche.

    Je nous souhaite plein de Chaplin, plein de Mocky, plein de Rivette, plein de Pasolini, plein de Marco Ferreri, plein de Woody Allen

    Je nous souhaite plein de Jean Jaurès, plein de Léon Blum, plein de Mendès-France, plein de Mandela.

    Et je ne nous souhaite pas de Trump bien sûr, pas de Le Pen même au féminin, plus de Macron à la prochaine gare, mais qui trouver dans le désert sinistre ?

    Bonnes années (au pluriel), et large soif pour vous et ceux qui vous aiment et que vous aimez !

     

    Victor Ayoli !

     

    Illustration: merci à Geluck - agenda 2020

  • Pour terminer l’année : Histoire de culs

     

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    Il y a quelques années, un ami parisien, connaissant mes goûts pour le fondement des choses, m’a amené en un lieu savoureux entre tous, le Musée de l’érotisme, qui dispensait ses trésors quelque part à Pigalle. Sur six étages on y découvrait photos ou publicités des lupanars célèbres des années 1930, un kâma sutra indien, d’innombrables phallus en bronze ou en bois d’Afrique, de Thaïlande ou d’ailleurs, un automate musical français de la fin du XVIIIe siècle représentant deux personnages en plein acte sexuel, des poupées russes obscènes, des dessins coquins de Wolinski, des sculptures et gravures érotiques du monde entier…

    Ce lieu, hélas, n’a pas résisté à la folie des loyers et a dû ferme ses portes…

    Mon ami m’a fait connaître ce discret temple du bonheur à l’occasion d’une exposition sur les fesses, signée Alexandre Dupouy, auteur d’une Anthologie de la fessée et de la flagellation (éd. La Musardine), grand collectionneur de clichés anciens. Ce fut l’occasion de passer en revue quelques millions d’années d’histoire de fesses.

    Parmi les 193 espèces vivantes de primates, une seule, l’espèce humaine, possède des fesses. C’est une caractéristique anatomique unique. D’après Yves Coppens, l’apparition des fesses date d’il y a trois ou quatre millions d’années — en Tanzanie — quand l’australopithèque afarensis (Lucy) adopte la marche bipède.

    Un animal obtient cependant l’honneur de voir son arrière-train nommé « fesses ». Lequel ? Pour le savoir, continuez à lire.

    Alfred Binet (1857-1911) observe que chez l’homme la morphologie de la fesse est dominée par les muscles fessiers, et chez les femmes par des tissus graisseux « harmonieusement » répartis, qui — comme la bosse du chameau — servent de ration alimentaire d’urgence. Normal : les hommes ont 20 milliards de cellules graisseuses, contre 40 milliards chez les femmes.

    Pour attirer les mâles, les femmes préhistoriques étaient stéatopyges, c’est-à-dire dotées de fesses monstrueusement énormes. Si énormes, que les mâles seraient passés de la position en levrette à la position du missionnaire… D’après le philosophe Desmond Morris, les seins des femelles humaines auraient alors pris du volume pour rappeler par mimétisme un gros cul…

    Dans le chapitre sur l’art de griffer, les Kama-sutra (manuel de savoir-vivre écrit entre le IVe et le VIIe siècle) précisent qu’on peut marquer les fesses dans l’ardeur de la passion. Parmi ces marques, citons : la griffe du tigre, le pied de faon ou la feuille de lotus. Ce sont des signes de possession.

    Le mot « derrière » apparaît en 1080. Il vient du latin deretro composé de retro (en arrière) et reste d’abord cantonné au vocabulaire militaire pour indiquer les bases arrières d’une armée : « C’était donc plutôt un soutien de renfort », explique Jean-Luc Hennig, historien et critique d’art de la fesse.

    Le mot fessée ne vient pas du mot fesse (fissa, la fente) mais de l’ancien français faisse qui désigne les courroies avec lesquelles on administre la correction. En 1498, fesser veut dire flageller, ce qui — pour Anatole France — est la « meilleure façon de faire entrer les vertus par le cul ».

    En 1532, Luther — tourmenté par des visions nocturnes — dit au diable : « Lèche-moi le cul. » Au Moyen-Âge, on pense en effet que le diable — privé de fesses — est jaloux de nos postérieurs. Pour se protéger des forces du mal, les Allemands mettent leurs derrières aux portes et aux fenêtres pendant les orages.

    Les Italiens, spécialistes du pinçon, distinguent le pizzicato (pincement sec et rapide, avec deux doigts, pour débutants), le vivace (vigoureux, avec plusieurs doigts en rapides torsions) et le sustenuto (pincement rotatif soutenu et prolongé). En France, l’hommage des mains aux fesses se disait « patinage » au XVe siècle, « pelotage » au XVIIe puis, vers 1890, « la main au panier ».

    En 1602, le père Sanchez indique que la seule position acceptable pour faire l’amour — aux yeux de l’Église — est la position du missionnaire. La position « en levrette » est impie car la vue du « podex » occasionne un surcroît de plaisir et peut même inciter le lubrique à coïter « hors du vase » réservé à la procréation.

    À part les tatouages, il n’existe au monde qu’une seule forme recensée de décoration de fesse. Au XVIIIe siècle, l’Anglais John Bulwer, rapporte en effet dans L’Homme Transformé : « J’ai souvenir… d’un certain peuple qui, par une forme d’absurde bravoure, se fait des trous dans les fesses où l’on suspend des pierres précieuses. Ce qui doit être une mode fort peu commode et fort préjudiciable à une existence sédentaire. »

    Le cul le plus connu de la peinture française appartient à Miss O’Murphy : en 1752, cette jolie vierge délurée pose pour Boucher, à plat ventre sur des coussins, le cul cambré et les cuisses écartées dans une pose charnue qui lui attire les foudres de Diderot et… les faveurs du roi Louis XV. L’Odalisque blonde (titre du tableau) devient maîtresse royale grâce à ses fesses.

    Au XVIIIe siècle, Goya peint la duchesse d’Albe, nue, allongée sur lit, dans un tableau titré Maja desnuda qui fait fantasmer toute l’Espagne. Dans son roman Sade, Sainte Thérèse, Pierre Bourgeade raconte qu’un lieutenant de la garde — désespéré de ne pouvoir la voir de dos — se suicida devant le tableau.

    1770 : Jean-Jacques Rousseau découvre le plaisir sexuel en recevant une fessée sur les genoux de sa tante (Les Confessions). Il faut savoir que, jusqu’au XVIIe siècle, la punition corporelle s’applique au-dessus des reins : sur le dos. Puis, comme attirée vers des régions plus expressives, plus sensuelles, elle vise cette zone « apte à la rougeur », où va se nicher la pudeur offensée. L’humiliation de la déculottée double le châtiment corporel d’un sentiment trouble de transgression.

    Vers 1810, Géricault dit « J’aime les hommes aux grosses fesses. » Pour trouver ses modèles, il traîne dans les écuries impériales de Versailles. Les chevaux — et ceux qui les montent — lui inspirent des visions viriles, musclées, de cavaliers aux croupes superposées sur celle de leur monture en de suggestives chevauchées. Géricault devient le peintre absolu du cul triomphant.

    En 1894, « avoir le cul sur le visage » signifie avoir une mine florissante de santé. Comme quoi le cul peut être synonyme de gaieté. En 1914 les expressions le confirment : « avoir le cul verni », « avoir du fion », « avoir du bol » ou « avoir une chance d’enculé ».

    D’une femme qui bouge bien, on dit qu’elle remue de la croupière, travaille du cul, marche sur des œufs, trémousse du valseur, ondule de l’anneau, tortille du popotin, etc. Balzac parle de « torsion lascive » et Léo Ferré dit « Ton style, c’est ton cul ».

    En 1864, Alfred Delvau, qui a le sens du calembour, dit que la fesse et la femme sont toutes deux des moitiés. À la même époque, on désigne les bordels sous le nom peu flatteur de « magasin de fesses ». Les mots fesse et femme semblent en effet avoir les mêmes origines latines : culus-cunus («cul-con »).

    Entre 1890 et 1940, c’est la folie de la fessée : il sort entre 700 et 800 parutions « flagellationistes », romans coquins à déculottade et percutants récits d’éducation anglaise… « Historiquement, la "mode" de la fessée est souvent liée à la montée du féminisme, explique le psychanalyste Jean-Pierre Bourgeron. Dans les années 30, quand les femmes se coiffent à la garçonne, revendiquent le droit de vote et deviennent androgynes, les hommes prennent leur revanche en faisant panpan-cul. »

    En 1919, Marcel Duchamp colle une moustache sur La Joconde et appelle ce tableau L.H.O.O.Q. Et si La Joconde était un cul ? Vue dans un miroir, ses lèvres révèlent en effet deux fessiers masculins ! Léonard de Vinci, accusé d’homosexualité en 1476, aurait donc dissimulé dans ce portrait son amour des éphèbes aux belles fesses ? Il disait lui-même qu’une peinture est plus belle vue dans un miroir.

    Dans les années quarante, Dali s’entoure de femmes aux beaux culs. « Par le cul les plus grands mystères deviennent sondables », dit-il. Il prétend avoir découvert une analogie entre les fesses d’une de ses invitées et le continuum universel qu’il appelle alors « continuum à quatre fesses » (c’est-à-dire l’atome).

    Après les femmes, c’est au tour des hommes de se faire bien châtier. Dans les années cinquante, Eric Stanton, dessinateur de génie, publie ses illustrations de « Guys in gowns » (mecs en nuisette) et de « male maid » (soubrette à quéquette) déculottés et martyrisés par des dominatrices… « Frappez votre homme. Vos ongles rouges s’accordent si bien avec la couleur de son derrière ! »

    En 1963, Godard tourne la fameuse scène du Mépris («Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? ») à la demande expresse des producteurs. Mais il la place dès le début du film… Pour en finir avec les fesses de Brigitte Bardot.

    En avril 1986, le cannibale Issei Sagawa raconte à un journaliste qu’après avoir tué son amie Hollandaise il lui a mangé la fesse droite : « Comme c’était très bon, j’en ai mangé une grande quantité. Il faut dire que pour moi les fesses sont la partie la plus attirante du corps de la femme. »

    Pour se refaire les fesses, certaines femmes ont recours aux prothèses de fesse en silicone solide. Un seul problème : certaines, en s’asseyant, font partir la silicone dans les cuisses, obtenant une culotte de cheval. « C’est ce qu’on appelle en terme médical une migration de la silicone, explique Jean-Luc Hennig (Brève histoire des fesses, éd. Zulma). Ou plus simplement une coulée de fesse ».

    Le photographe Jean-loup Sieff affirme préférer les fesses aux visages parce que « c’est la partie la plus secrète, la plus émouvante, c’est celle qui se souvient, qui est tournée vers le passé, alors que nous allons inexorablement de l’avant, et qui regarde le chemin parcouru. »

    Voilà. Et sachez Mesdames que certaines d’entre vous, bénie par Cupidon et Aphrodite sont tellement callipyges qu’on peut dire qu’elles s’assoient sur une œuvre d’art.

    Eh ! Victor, crois-tu que cette chronique restera dans les annales ?


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  • Dernier cadeau du Père Noël…

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    Kevin-Jérôme avait supporté avec un courage méritoire le repas du réveillon de Noël. En famille le repas. A quinze ans ! La honte. Avec tonton Georges et tante Jennifer en invités vedettes. Pas mal la tante ! Et les morveux ! Y en avait eu que pour eux. Parait que les enfants, c’est les rois des fêtes de Noël. Y en a toujours un qui pleure, qui pisse, qui gueule.

    Les scintillants, les bougies, et rien que des conneries dans l’assiette : huîtres, langoustes en sauce armoricaine – beurk !, foie gras – rebeurk !, dinde, fromages qui puent – rerebeurk !… Même pas de nuggets, même pas de frites, même pas de ketchup. Et dans les verres, des saloperies genre Saint-Émilion et Châteauneuf-du-Pape. Même pas de coca. La honte. Et il avait fallu supporter ça…

    Et les cadeaux… Des livres, même pas de BD, des livres pour lui ! Ah ! Y avait tout de même eu l’intermède de son père qui pour faire de l’humour, avait offert à tante Jennifer un petit slip blanc bordé de dentelles rouges avec, écrit devant « Entrée du public » et derrière « Entrée des artistes » avec de petites flèches descendantes. D’une délicatesse… Elle n’avait que modérément apprécié tante Jennifer. Un peu relou le dabe !

    Il avait fallu attendre trois plombes avant de pouvoir aller se pieuter. Enfin seul dans sa chambre, Kevin-Jérôme, devant la glace, se fait éclater deux ou trois boutons d’acné puis tire quelques puffs d’un joint de beu. De la hollandaise. Il se libère de ses fringues et s’allonge sous sa couette, se laissant voluptueusement glisser sur la pente de ses rêves dans les bras de Morphée.

    Soudain, l’ado distingue une forme lumineuse dans la chambre. Une étrange silhouette pourpre bordée d’une aura d’un blanc bleuté électrique qui se déplace lentement et s’approche du lit. Kevin-Jérôme, encore aux confins de l’enfance, croit reconnaître l’apparence du Père Noël…

    Le Père Noël approche sans bruit du lit et, d’un geste large, se débarrasse de sa houppelande. Mais, mais… bégaie Kevin-Jérôme dans sa tête « ce n’est pas le Père Noël, c’est la Mère Noël ! ».

    Une Mère Noël nue sous la houppelande dont elle vient de se libèrer. Kevin-Jérôme jette de côté la couette qui lui masquait en partie la somptueuse vision. La Mère Noël met les mains à sa taille et, en deux coups de hanche rapide, fait glisser son slip dont elle se sépare d’un coup de pied léger. Puis, mains dans son opulente chevelure sombre, un sourire énigmatique illuminant son beau visage, cambrée, elle avance en glissant souplement, comme un torero devant le fauve, ondulant d’une hanche sur l’autre.

    Kevin-Jérôme est tétanisé. Ses yeux ne peuvent se détacher de ce triangle sombre, de cette crinière de geai qui fleurit entre le ventre et les cuisses de la Mère Noël, au confluent de tous les désirs.

    Celle-ci, d’un bond, se place solidement à califourchon sur la poitrine osseuse du jeune homme. Ondulant d’une épaule sur l’autre, ses longs cheveux lui masquant à demi le visage, elle présente à la bouche du jeune homme un sein puis l’autre. Deux beaux obus prolongés par une large aréole brune, que Kevin-Jérôme perçoit comme d’une lumineuse blancheur malgré la pénombre. Les bras coincés le long de son corps par les genoux et les cuisses de Mère Noël, le jeune homme ne peut saisir ces somptueuses rotondités qui le rendent fou de désir. Sa bouche s’efforce d’aspirer, de téter les pointes érigées. Puis Mère Noël change de position, se mettant toujours à califourchon, mais présentant son dos à la vue de Kevin-Jérôme. Elle recule, enjambant les épaules du jeune homme qui se retrouve la tête entre les cuisses de Mère Noël. Kevin-Jérôme, dans la nuit calendale, pour la première fois de sa vie, se trouve face à l’entrée du paradis. En face d’ELLE qu’il découvre. Une corolle ouverte, toute lisse dans son écrin de fourrure noire. Et l’œil de bronze. Devant son nez. Il respire à pleins poumons tous ces effluves fantastiques. Un parfum somptueux : nez marin, crevette rose, jasmin, avec de légères nuances de poivre et de sueur.

    N’en pouvant plus, Kevin-Jérôme enfouit son visage dans cette conque rose et nacrée. Le goût ! Ouarf ! le goût ! Une attaque en bouche franchement océane, goût de violet, avec des nuances d’anchois fraîches et de dorade grillée au fenouil. Puis viennent de délicates saveurs animales, de vieux cuir, de fauve en rut. Suivent des fragrances de charcuterie fine, rosette, jésus, avec des touches poivrées de copa, de figatelli. Enfin une somptueuse fin de bouche longue, ample, de sous-bois, de truffes et de violettes.

    Mère Noël, pendant ce temps, honore savamment la flamberge qui se dresse devant sa bouche goulue. Des lèvres, de la langue, des dents, elle prend la mesure de la virilité naissante, puis, se redressant, elle s’assoit sur le visage de Kevin-Jérôme, lui emprisonnant totalement bouche et narines. Celui-ci, au bord de l’asphyxie, hume, grume, lèche, avale le miel du bonheur. Pleins de lumières dans sa tête, plein de musiques, plein de cloches, plein de guirlandes de fleurs. Quelle fête !

    La créature céleste libère enfin les bronches en feu de sa victime, se tourne et s’empale brutalement sur le membre tendu, gonflé de désir du jeune homme. Cavalière de tous les délices, Mère Noël, en quelques coups de reins, conduit le jeune homme aux confins de l’extase, aspirant aux tréfonds d’elle-même cette semence toute neuve. Elle module son cri de jouissance en un feulement de lionne comblée.

    Tandis que Kevin-Jérôme, abruti de bonheur, sombre pour la première fois de sa vie dans cette somptueuse petite mort de l’amour, la créature ramasse sa houppelande et disparaît comme elle est venue.

    Au matin, Kevin-Jérôme, réveillé par le premier rayon de soleil de sa vie d’homme, les mains, le ventre et le sexe poisseux, essaie de retrouver, de retenir les bribes de rêves de la plus belle de ses nuits. Il se lève enfin et se dirige vers la salle de bains.

    Entre le lit et la porte, il trouve le petit slip blanc bordé de dentelles rouge offert la veille… à tante Jennifer !

    Victor Ayoli

     

    Et puis tiens, cadeau !