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LANTIFADAS - Page 5

  • Gastronomie révolutionnaire : l’homo parasitus en croûte.

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    Que vous nommiez Gille, que vous vous nommiez John

    Avec un drapeau rouge, avec un gilet jaune

    Que vous soyez méchant, que vous soyez gentil

    La manif ne doit pas vous couper l'appétit.

    Prenez un homo parasitus bien gras

    C’est facile à trouver, il n’y a pas d’embarras :

    Banquier, patron voyou ou élu cumulard

    Curé, imam, rabbin, juge, flic ou bavard,

    Faites à votre goût, ou selon l’arrivage,

    Sans souci de couleurs, de sexe ou bien d’âge.

    Tous sont aptes à fournir matière à bon mâchon.

    A défaut, vous pouvez vous servir d’un cochon,

    Il doit être saigné, vidé, émasculé

    Si mâle (garder les attributs dans du lait)

    Garnissez l’intérieur d’herbes aromatiques,

    Thym, romarin, oignons coupés façon rustique,

    Quatre ou cinq têtes d’ail, trois poignées de gros sel,

    Salez bien tout le corps, cuisses, dos, fesses, aisselles,

    Entourez le porc long de feuilles de fougères

    Puis recouvrez le tout d’argile ménagère.

    Vous avez préparé, à l’avance, un foyer

    Dont le fond est garni de pierres, de galets

    Chauffés à blanc par un grand feu de bois bien sec.

    Dégagez-en les braises, allongez-y le mec,

    Puis recouvrez de braises, de pierres et de terre,

    De saisines d’huissiers, de relevés bancaires…

    Laissez cuire douze heures, au moins, à l’étouffé,

    Cette douce cuisson efface les méfaits.

    Enfin, sortez le mets de sa croûte de gangue

    Et régalez vous en, ça craque sous la langue !

    Ainsi, même les pires, retenons la leçon,

    Peuvent avoir du bon : c’est question de cuisson !

     

     

    Illustrations X – Droits réservés

     

  • Et vive les BOLOLO !

     

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  • Au bistro de la toile : Gille & John.

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    - Oh ! Victor, alors, tu l’as mis ton gilet jaune ?

    - Il est à sa place, dans le compartiment de porte de ma caisse. Et il n’en sortira que si j’en ai besoin sur la route.

    - Ce qui veut dire que tu ne t’associeras pas à la grande manif des « gilets jaunes » de samedi,

    - Exactement.

    - Oh ! T’as tourné lèche Macron ?

    - Ça n’a rien à voir. Mais je trouve que la grogne générale contre le prix des carburants, prétexte à l’expression d’un ras-le-bol légitime, n’est en aucune manière justifié.

    - Eh ! Oh ! Victor, quand tu passes à la pompe avec ta Sandero diesel, tu dois voir ce que te coûte le plein. En plus, un diesel… T'as pas honte, empoisonneur de la planète ?

    - Justement, et je trouve que c’est donné par rapport au nombre de km, presque mille bornes, que je peux parcourir avec ce plein. Et pour le diesel, le rouge de la honte me couvrira le front le jour où seront taxés le fuel pourri du transport maritime et le kérosène du transport aérien !

    - Je crois que tu déparles Victor. Tè ! Bois un coup, ça te dégagera les boyaux de la tête.

    - C’est bien parce qu’ils sont dégagés mes boyaux d’en haut que je te parle comme ça Loulle. Quand on était jeunes, enfin, un peu plus jeunes qu’aujourd’hui, je me souviens que t’avais une superbe 404 beige, et moi j’avais une DS21 couleur cognac.

    - …teng ! Tu me refiles un urticaire de nostalgie Victor. La 404. Formidable bagnole. J’étais allé jusqu’au Cap Nord avec. Après le cercle polaire. Pas une panne, pas une embrouille. J’y mettais de l’essence, de l’huile de temps en temps, et roule ma poule !

    - Fatche… Et la DS. Ça reste le sommet inégalé des bagnoles. Une moquette épaisse et souple comme la toison d'amour d’une belle portugaise, des sièges qui se couchent complètement et te font un véritable 140 bien moelleux, et le petit levier pour sélectionner les vitesses, en haut, derrière le volant. Exprès pour accrocher la culotte…

    - Ouais, un baisodrome, quoi.

    - Mais quelle bagnole ! Moi, je suis allé jusqu’en Inde et retour avec. Le pied ! Bon assez de nostalgie Loulle. Combien elle bouffait au cent ta 404 ?

    - Dix litres si j’avais le pied léger, mais plutôt douze…

    - La DS, c’était entre douze et quatorze selon la conduite. Maintenant, ma Sandero ne bouffe que cinq à six litres maxi au cent. Deux fois moins. Et en 1970, puisque c’est l’époque dont on se gargarise Loulle, avec une heure de travail au smic, tu pouvais te payer trois litres d’essence. Aujourd’hui, avec une heure de smic, tu en as six litres. Deux fois plus. Autrement dit aujourd’hui, le prix du km parcouru coûte quatre fois moins cher qu’en 1970 !

    - Je n'avais pas vu les choses sous cet angle...

    - Et puis, concernant la bagnole, Loulle, 1972 : 16.545 morts sur le routes, en 2017 : 3.469 morts seulement. Pourtant en 1972, autour de 14 millions de véhicules légers roulaient en France, actuellement il y en autour de 39 millions ! Cinq fois moins de morts avec deux fois et demi plus de voitures. Formidable non ? Ceci grâce à l'amélioration des routes, au progrès des bagnoles mais surtout aux contraintes faites aux conducteurs : la ceinture, les limitations de vitesse donc les radars, la lutte contre l'alcool au volant, donc la soufflette des bleus ! Eh oui, c'est comme ça ! Voilà pourquoi je n’arborerais pas mon « Gil & John » parce que c'est un mauvais combat. Avec un bémol pour les ruraux parce que dans ma cambrousse d'été en Margeride, pour aller chercher le sel, il faut faire 15 bornes. Et si tu dois aller à un supermarché, c'est 50 bornes aller-retour. Là, la rogne des « gilets jaunes » peut se comprendre et les cambroussards, il faut les aider pour le transport.

    - Ouais, je comprends ce que tu veux dire. On prend comme bouc émissaire l'augmentation du prix des carburants, mais en fait la revendication réelle, c'est la baisse du pouvoir d'achat.

    - Tu pourrais même dire la baise du pouvoir d'achat ! Mais le pouvoir d'achat est avant tout rogné, bouffé par le prix du logement. Ceci depuis la libération du prix des loyers. Un loyer à 700 euros par mois pour un smicard à 1200 euros, ce n'est pas tenable. Voilà le véritable responsable.

    Et puis, la désindustrialisation a vidé les villes de leurs entreprises, celles qui restent s'installant dans des « zones industrielles » extérieures obligeant les travailleurs à se déplacer...en voiture.

    L'urbanisation a chassé les classes populaires des centre ville pour les repousser dans des banlieues mal desservies. Ceux qui ont un travail doivent donc se déplacer...en voiture.

    L'avènement des hypermarchés a implanté les commerces en dehors des villes, obligeant les clients à se déplacer...en voiture !

    Et que dire de ces « pauvres chouchous » d'écoliers, de collégiens et de lycéens que leurs jolies maman déposent devant l'établissement et reviennent chercher, en garant leurs gros « 4x4 de conasses » sur le trottoir. En d'autres temps, les jeunots n'hésitaient pas à faire 4 ou 6 km à pieds ou à vélo pour aller à l'école le matin, retourner à midi pour manger parce qu'il n'y avait pas de cantine, repartir à l'école après le repas et revenir le soir.

    C'est tout une manière de vivre qu'il faut remettre en cause. Mais ce n 'est pas compatible avec la sacro sainte « croissance » à tous crins...

    - Bon. Tout de même Victor, cette manif, ça va faire marcher les gens, les faire gueuler, et tout ça, ça donne soif ! C'est bon pour les affaires !

    - T'es bien un affreux margoulin, mastroquet de mon coeur !

    - Allez. Cette maïsse m'a asséché le clapoir. Tè, je fais comme Macron : « C'est ma tournée ! »


    Illustration: merci au regretté Chimulus