Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

poésie - Page 14

  • Gastronomie révolutionnaire : l’homo parasitus en croûte.

    cochon dents longues.jpg

     

     

    Que vous nommiez Gille, que vous vous nommiez John

    Avec un drapeau rouge, avec un gilet jaune

    Que vous soyez méchant, que vous soyez gentil

    La manif ne doit pas vous couper l'appétit.

    Prenez un homo parasitus bien gras

    C’est facile à trouver, il n’y a pas d’embarras :

    Banquier, patron voyou ou élu cumulard

    Curé, imam, rabbin, juge, flic ou bavard,

    Faites à votre goût, ou selon l’arrivage,

    Sans souci de couleurs, de sexe ou bien d’âge.

    Tous sont aptes à fournir matière à bon mâchon.

    A défaut, vous pouvez vous servir d’un cochon,

    Il doit être saigné, vidé, émasculé

    Si mâle (garder les attributs dans du lait)

    Garnissez l’intérieur d’herbes aromatiques,

    Thym, romarin, oignons coupés façon rustique,

    Quatre ou cinq têtes d’ail, trois poignées de gros sel,

    Salez bien tout le corps, cuisses, dos, fesses, aisselles,

    Entourez le porc long de feuilles de fougères

    Puis recouvrez le tout d’argile ménagère.

    Vous avez préparé, à l’avance, un foyer

    Dont le fond est garni de pierres, de galets

    Chauffés à blanc par un grand feu de bois bien sec.

    Dégagez-en les braises, allongez-y le mec,

    Puis recouvrez de braises, de pierres et de terre,

    De saisines d’huissiers, de relevés bancaires…

    Laissez cuire douze heures, au moins, à l’étouffé,

    Cette douce cuisson efface les méfaits.

    Enfin, sortez le mets de sa croûte de gangue

    Et régalez vous en, ça craque sous la langue !

    Ainsi, même les pires, retenons la leçon,

    Peuvent avoir du bon : c’est question de cuisson !

     

     

    Illustrations X – Droits réservés

     

  • Ouiquinde érotique en bluettes

     

    brigitte bardot sexy 1.JPG

     

    Sonnet XXXIII

     

    Deux belles s'aiment tendrement,
    L'une pour l'autre s’intéresse,
    Et du même trait qui les blesse
    Elles souffrent également.

    Sans se plaindre de leur tourment,
    Toutes deux soupirent sans cesse,
    Tantôt l'amant est la maîtresse,
    Tantôt la maîtresse est l'amant ;

    Quoi qu'elles fassent pour se plaire,
    Leur cœur ne se peut satisfaire,
    Elles perdent leurs plus beaux jours ;

    Ces innocentes qui s'abusent
    Cherchent en vain dans leurs amours
    Les plaisirs qu'elles nous refusent.

     

    Denis Sanguin de Saint-Pavin

     

    ************************

     

    femme qui pète.jpg

     

    Ô doux soupirs qui partez de mes fesses !
    Volez, volez au nez de mon mari ;
    Exprimez-lui l'excès de mes tendresses,
    Et dites-moi ce qu'il aura senti.

     

    Louise Françoise de Bourbon

     

    ********************

     

    Pompeya_erótica5 Priape mosaïque.jpg

     

    Epigramme

    Certain abbé se manuélisait
    Tous les matins, pensant à sa voisine.
    son confesseur, l’interrogeant, disait :
    Vertu de froc ! c’est donc beauté divine ?
    Ah ! dit l'abbé, plus gente chérubine
    Ne se vit donc ; c'est miracle d'amour ;
    Tétons, dieu sait ! et croupe de chanoine !
    Toujours j'y pense, et même encore ici
    Je fais le cas*. Pardieu, lui dit le moine,
    Je le crois bien, car le fais aussi.

     

    *se masturber

     

    Alexis Piron

     

    Illustrations X – Droits réservés

     

  • VICTOR HUGO CROYAIT EN DIEU, ET POURTANT... AUJOURD'HUI, POURRAIT-IL ECRIRE CELA ?

    Siné un seul dieu deux suspects.jpg

     

    Extrait d'un poème composé par Victor Hugo lors de son exil et qui ne fut publié qu'après sa mort
    
    
    Que je prenne un moment de repos? Impossible. 
    
    Coran, Zend-Avesta, livres sibyllins, Bible,
    
    Talmud, Toldos-Jeshut, Vedas, lois de Manou, 
    
    Brahmes sanglants, santons fléchissant le genou, 
    
    Les contes, les romans, les terreurs, les croyances, 
    
    Les superstitions fouillant les consciences,
    
    Puis-je ne pas sentir ces creusements profonds ? 
    
    J'en ai ma part: veau d'or, sphinx, chimères, griffons, 
    
    Les princes des démons et les princes des prêtres, 
    
    Synodes, sanhédrins, vils muftis, scribes traîtres, 
    
    Ceux qui tendraient encore à Socrate le verre,
    
    Ceux qui redonneraient à Jésus le calvaire;
    
    Tout cela, c'est partout. C'est la puissance obscure,
    
    Plaie énorme qui fait une abjecte piqûre.
    
    Ô l'infâme travail! Ici Mahomet, là
    
    Cette tête, Wesley, sur ce corps, Loyola;
    
    Cisneros et Calvin dont on sent les brûlures.
    
    Ô faux révélateurs! Ô jongleurs, vos allures
    
    Sont louches, et vos pas sont tortueux; l'effroi,
    
    Et non l'amour, tel est le fond de votre loi;
    
    Ô mages grecs, romains, païens, hindous, hébreux, 
    
    Le genre humain, couvert de rongeurs ténébreux, 
    
    Sent s'élargir sur lui vos hordes invisibles;
    
    Vous lui faites rêver tous les enfers possibles,
    
    Je devine, malgré vos soins pour vous cacher,
    
    Que vous êtes sur nous et je vous sens marcher 
    
    Comme on sent remuer les mineurs dans la mine, 
    
    Et je ne puis dormir, tant je hais la vermine.
    
    Vous êtes ce qui hait, ce qui mord, ce qui ment. 
    
    Vous êtes l'implacable et noir fourmillement, 
    
    L'insecte formidable. Ô monstrueux contraste:
    
    Pas de nain plus chétif, pas de pouvoir plus vaste. 
    
    L'univers est à vous puisque vous l'emplissez. 
    
    Vous possédez les jours futurs, les jours passés,
    
    Le temps, l'éternité, le sommeil, l'insomnie.
    
    Vous êtes l'innombrable et, dans l'ombre infinie, 
    
    Fétides, sur nos peaux, mêlant vos petits tas,
    
    Vous vous multipliez: et je ne comprends pas
    
    Dans quel but Dieu livra les empires, le monde,
    
    Les temples, les foyers, les vierges, les époux, 
    
    L'homme, à l'épouvantable immensité des poux.


    Victor Hugo

    Illustration: merci à feu mon pote Cabu