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LANTIFADAS - Page 32

  • Revenu universel : le retour ?

     

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    Un des effets induits du COVID est de chambouler complètement l’organisation économique et sociale de notre société. Un des fondamentaux de celle-ci est la redistribution du fruit des richesses produites par les entreprises par la rémunération du travail. Or du travail, à cause de la redoutable petite bête et des travers de la société ultralibérale, il y en a de moins en moins. Les machines, les robots, insensibles au virus, remplacent au maximum les humains. Les machines au lieu de libérer l’homme en diminuant sa charge de travail le privent parfois totalement de son emploi. Le COVID fausse encore plus l’injuste compétition entre la machine et l’homme. Et le télétravail fini de flinguer les structures sociales des entreprises.

    Le travail n’est pas seulement un facteur de production, il joue aussi un rôle social. C’est par lui que chacun a une chance de sentir qu’il occupe une place dans la société. Si le travail devait disparaître, même si c’est pour le temps d’une période d’adaptation, c’est le fonctionnement de la société qui en serait altéré. Il faut trouver autre chose faute de voir la société se déliter en crises sociales qui, en France, pays des révolutions, risquent d’être redoutables.

    Une des pistes pourrait, et même devrait logiquement être le fameux « revenu universel de base ». On se souvient que Benoit Hamon, qui en avait fait son cheval de bataille, a été moqué et blackboulé ! Mais le COVID n’était pas encore passé par là. Benoît Hamon voulait un revenu de base pour tous, quel que soit le revenu du bénéficiaire. Ce qui est profondément inégalitaire. Il rétablissait ensuite l’égalité par la fiscalité : ce revenu touché par une personne ayant un bon salaire sera en fait restitué en partie par l’impôt puisqu’il changera de tranche ! Dans son système, toute la protection sociale demeure, tant l’assurance maladie que l’assurance chômage. Le financement serait assuré en partie par les économies réalisées grâce à la fusion de toutes les aides existantes et par une rénovation de la fiscalité, notamment avec la création d’une taxe carbone, d’une taxe sur les transactions financières, d’une taxe sur les robots.

    Avec ce revenu universel, les salariés retrouveraient un pouvoir de négociation face aux patrons puisqu’ils ne seraient plus tenus de s’incliner toujours plus bas par crainte du chômage. La situation actuelle, avec un chomage retrouvant la zone insupportable des 10 % rend cette approche moins utopique.

    Il y a aussi la manière ultralibérale de voir ce revenu universel. C’est l’école de l’économiste étasunien Milton Friedman. Le fait que Bill Gates en soit partisan suffit à la rendre suspecte ! On donne à chaque adulte une somme (pas très importante, de l’ordre du RSA actuel). Ce « revenu de liberté » serait financé par une « flat tax », un impôt uniforme autour de 22 à 25 % pris sur tous les revenus, y compris ceux du patrimoine. Un impôt qui remplacerait l’impôt progressif sur le revenu mais aussi tous les prélèvements obligatoires. Avec évidemment suppression de toutes les aides existantes, prestations familiales, minima sociaux, bourses, etc. De plus, la simplification administrative permettrait de se débarrasser de milliers de fonctionnaires. Censée lutter contre la pauvreté, ce système reviendrait en fait à supprimer tous les filets de sécurité des plus fragiles tout en effectuant un transfert de fric vers les plus hauts revenus. Là, c'est une sordide arnaque.

    Les esprits mal tournés pourraient aussi redouter que les patrons en profitent pour déduire du salaire qu’ils proposent le montant de ce revenu universel qui ne serait dès lors plus qu’une subvention généralisée aux entreprises, abaissant d’autant le coût du travail ! Allons, allons, comment peut-on penser ça ?

    Et puis, avec ce système, les femmes au foyer toucheraient ce revenu, ce qui serait une façon de reconnaître leur énorme travail domestique. Elles resteraient à la maison et feraient des petits ? Eh ! Oh ! Ce serait peut-être bon pour la démographie du pays tout en résorbant le chômage mais bonjour l’épanouissement des femmes ! Ce serait plutôt un piège pour les remettre sous la coupe des mâles…

    On touche du doigt la complexité de la chose. Mais rien que le fait d’en parler fait avancer le schmilblick. Le revenu universel est une utopie brillante, à notre portée ! En la finançant en partie avec la taxation des robots ? C’est une piste de plus en plus raisonnable.

    Taxer les robots n’est pas une réaction contre le progrès, au contraire. Il ne s’agit pas de « brûler les métiers à tisser » mais de mettre en place une taxe équitable. Bien sûr qu’il faut taxer à un taux différentiel en fonction de leur utilité non seulement les robots des usines mais il faut aussi et surtout faire payer toutes ces machines (caisses automatiques d’autoroute, d’hypermarché, etc.) qui prennent la place de personnes qui cotisaient, elles ! Cette taxe toucherait les petits ordinateurs comme les gros systèmes, lecteurs de cartes, distributeurs, robots, pompes à essence automatiques, billetteries, trieuses postales et serait une « taxe sur la capacité de production » basée sur un ratio évaluant la capacité de production d’une machine par rapport à l’homme. Serait ainsi établie une cotisation mensuelle sur tous les robots, ordinateurs et systèmes experts à un taux en fonction de leur capacité de production mesuré en équivalent-hommes qui serait la base de la taxation. Comme la puissance fiscale des véhicules est mesuré en équivalents-chevaux.

    Eh ! Monsieur le président. Un peu d’imagination, un peu de hardiesse. Il y en a là du pognon à prendre ! Et une idée formidable dans le droit fil de la justice, de la liberté retrouvée, de l’égalité homme-machine, de la sorofraternité (?!) patrons-employés.

    L'après COVID ne sera pas comme avant disent tous les « zéconomistes distingiés ». Alors pourquoi ne pas creuser la question ?

    Chiche, Monsieur not’bon président ?

     

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  • Défense européenne. Va-t-on enfin trouver la « 28° armée » ?

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    « On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne. Face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu’elle pouvait être menaçante […] on doit avoir une Europe qui se défend davantage seule, sans dépendre seulement des États-Unis et de manière plus souveraine ». (lien)

    Il lui arrive de rouler des épaules à not’bon président (lien), mais il est bien seul. Enfin, il était bien seul mais les choses semblent bouger. En effet, cette idée de défense européenne est reprise par le social-démocrate espagnol Josep Borrell nommé Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Pour lui, l’Europe doit « renforcer son autonomie stratégique, mieux gérer ses capacités et nous protéger efficacement » si elle veut pouvoir exploiter pleinement les opportunités qu’offrirait une nouvelle ère de partenariat entre l’UE et les États-Unis dans l’après-Trump. N’a-t-il pas déclaré que l’UE devait apprendre « le langage du pouvoir » et défendre activement ses intérêts, sur le plan diplomatique comme militaire ! Un langage de fermeté qu’on n’a pas l’habitude d’entendre dans la bouche des hauts responsables européens ! Pour passer des paroles aux actes, l’Espagnol milite pour le déploiement de soldats en Libye, et ne serait pas non plus opposé à un renforcement de la présence militaire européenne dans le Sahel. « L’ère de l’Union européenne conciliante, quand ce n’est pas naïve, a vécu », a écrit le chef de la diplomatie européenne dans le journal allemand Die Welt. « Le soft power vertueux ne suffit plus dans le monde d’aujourd’hui. Il faut y ajouter une dimension de hard power. » (lien)

    Seulement voilà : Les décisions de politique extérieure requièrent l’unanimité des 27 États membres, tandis que le recours à l’armée reste du ressort des gouvernements nationaux. Il existe bien les « Battlegroups », des troupes de combat européennes. Il s’agit de deux dispositifs militaires composés de 1 500 soldats chacun, qui sont mis à la disposition de l’UE afin de lui permettre de réagir rapidement à d’éventuelles crises. Ces bataillons sont équipés de matériel lourd comme des chars et des hélicoptères de combat, et sont dirigés pendant six mois par une nation cadre. Ces troupes « européennes » ne sont jamais intervenues en l’absence d’accord politique quasi impossible avec la règle de l’unanimité entre les 27 membres de l’UE.

    « L’Europe, combien de divisions ? » pourrait-on dire en paraphrasant un terrible moustachu célèbre. Ben, trois mille soldats pas aguerris du tout. Alors que l’Europe compte environ 1,4 million de soldats actifs, soit autant que les États-Unis, plus que l’armée russe (1,1 million) ou celle de la Corée du nord (1,2 million), mais sensiblement moins que l’armée chinoise (2,millions).

    Les choses bougent disions-nous. En effet Manuel Macron et Josep Borrell ont reçu du soutien de la part des socio-démocrates allemands. « La situation géopolitique et les valeurs européennes obligent l’UE à assumer un rôle actif en matière de politique de sécurité » qui ajoutent que dans les situations de crise « la Commission dépend encore trop de la volonté des uns et des autres ». L’heure serait donc venue « de franchir un pas courageux vers la création d’une armée européenne ».

    Les experts en politique de défense du SPD proposent la création d’une « 28e armée » : Plutôt que de se concentrer sur le développement de la coopération entre les 27 armées nationales, une armée propre serait ainsi créée, en parallèle des troupes nationales. La 28e armée serait directement soumise à la Commission et placée sous la responsabilité d’un nouveau Commissaire à la défense. Le contrôle politique serait assuré par un Comité de défense du Parlement européen, les eurodéputés décideraient ainsi du déploiement des troupes à la majorité simple sur proposition de la Commission.

    Le SPD, dans ce rapport appelle à un « élan révolutionnaire pour stimuler le processus évolutif » de création de l’armée européenne. Dans un premier temps, cette « 28e armée » aurait des capacités opérationnelles limitées mais elle pourrait, en évoluant, « assumer de nombreuses missions des forces armées nationales dans les domaines de l’armée de terre, de la marine, de l’aviation et de la cybersécurité, et ainsi déboucher sur une véritable armée européenne ». Le rapport conclut en soulignant qu’en l’absence d’un tel projet, la seule alternative serait d’accepter que l’Europe continue de pâtir de son impuissance en matière de politique de sécurité.

    Ben dis donc! Ils relèvent le casque nos cousins germains!

    Une armée, mais contre quel ennemi ? Macron désigne le Russe, pas l’Islamiste ! Lorsqu’il évoque ces « puissances autoritaires qui réémergent et se réarment aux confins de l’Europe », il ne cite pas la Turquie d’Erdogan, qui étend son action belliqueuse jusqu’à nos portes mais « la Russie, qui a démontré qu’elle pouvait de nouveau se montrer menaçante ».

    Les Russes sont comme les autres, ils ont peur de la guerre et ils vont tout faire pour l’éviter. La dernière leur a coûté plus de 28 millions de morts… Mais ils sont aussi prêts s’il faut la faire. Ceci est une caractéristique culturelle russe unique, que l’Occident a mal interprétée un nombre incalculable de fois au cours des 1 000 dernières années. Maintes et maintes fois, les Européens ont attaqué la Russie pour se retrouver dans un combat qu’ils n’auraient jamais imaginé, même dans leurs pires cauchemars. Napoléon et Hitler y ont creusé leurs tombeaux. Voilà pourquoi les Russes aiment à dire que « la Russie ne commence jamais les guerres, elle les termine ».

    Pourtant, la Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Cette grande nation a donné au monde les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – c’est le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace. C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées. Ils ont parlé français dans les hautes sphères pendant deux siècles.

    Une armée européenne ? Oui, enfin. Mais encore ne faudrait-il pas se tromper d’ennemi.

    Sinon le « 28° armée » risque de se perdre comme la fameuse « 7° compagnie ».

     

    Sources :

    https://www.liberation.fr/direct/element/macron-propose-une-vraie-armee-europeenne_89551/

    https://atlasocio.com/classements/defense/effectif/classement-etats-par-effectif-militaire-total-monde.php

    https://www.lefigaro.fr/international/bientot-une-armee-europeenne-20201120

     

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  • Ouiquinde gastronomique aérien en ces temps confinés

     

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    Danielle

    J’ai rencontré Danielle à vingt-cinq mille pieds

    Dans le ventre inquiétant d’un Airbus long-courrier.

    Sous l’uniforme chic des hôtesses d’Air France

    Ses hanches balancées mettaient mon cœur en transes.



    Elle se penche vers moi pour me servir du vin,

    Exposant à ma vue quelques appâts divins,

    Quand un brusque trou d’air fait tanguer la cabine

    La plaquant contre moi, mon nez sur sa poitrine.



    Tant que l’avion plonge, elle se colle à moi

    Durcissant ma nature d’un délicieux émoi.

    Hélas, trois fois hélas, les turbulences cessent



    Arrachant à mes bras la ravissante hôtesse.

    Elle vrille mes yeux d’une flèche azurée…

    Serait-ce, pour ce soir, le bonheur espéré ?



    Pour Danielle : Le king fish tandoori



    - Bon. Et alors, Victor, ton hôtesse de l’air,

    Est-ce que tu l’as revue ? Qu’as-tu fait pour lui plaire ?

    - J’ai retrouvé Danielle le soir au « Sun and Sand »,

    Palace de Bombay où Air France descend.

    Elle se relaxait sur une balancine,

    En bikini mini au bord de la piscine.

    J’ai abordé la belle avec quelque émotion

    Mais elle a acquiescé à mon invitation !

    Ce fut au Taj Mahal, derrière l’Indian Gate

    Un hôtel fastueux pour touriste en goguette,

    Face au soleil plongeant dans la mer d’Arabie

    Que nous avons mangé le « King fish Tandoori ».

    - Si tu me parles indien, Victor, je peux pas suivre

    Et ce n’est même pas la peine de poursuivre !

    - T’encagne pas, petit, ça te rendrait malade.

    En guise de « king fish », tu prends une dorade,

    Royale si possible, pêchée au Grau-du-Roi

    Lorsque la mer s’ébroue sous un vent de noroît.

    Pour deux, compte un poisson d’une livre et demie,

    Tu en prendras plusieurs si tu as des amis.

    Pour plus de sûreté, demande au poissonnier

    De te les préparer vidés et écaillés.

    Attention : ce plat pour sa préparation

    À besoin de douze heures de macération.

    Pour ce faire, il te faut apprêter la mixture

    Qui lui apportera son parfum d’aventure.

    Si tu étais aux Indes, tu pourrais préparer,

    Écraser au mortier, mélanger, mesurer

    Les graines et les baies, les poudres, les épices

    Qui font s’épanouir les saveurs en délices :

    Du cumin et du sel, de l’ail et du gingembre,

    Cannelle, fenugrec, oignon, curry et poivre,

    Des graines de moutarde, du laurier, du piment,

    Produits faits pour fouetter la vigueur des amants.

    Mais sur tous les marchés fleurissant en Provence

    On trouve ce mélange tout préparé d’avance :

    C’est une poudre rouge au joli coloris

    Et au parfum subtil, appelée « Tandoori ».

    Dans une jatte creuse, fais un égal mélange

    De deux cuillères à soupe de cette poudre étrange,

    De citron, de vinaigre, de yaourt naturel,

    Et d’huile d’arachide. Ajoute un peu de sel.

    Cet appareil, fouetté, sera la marinade

    Où va évoluer, pour la nuit, ta dorade.

    Juste avant le repas, tu la mets à four chaud

    Quinze minutes au plus, le temps d’un gaspacho.

    C’est un mets délicat qui fait tourner les têtes,

    Appelle la boisson et mets le cœur en fête.

    À nous, belles conquêtes ! Le vin vous embellit.

    Continuons la fête, ouvrez-nous votre lit.

    Chantons, rions, mangeons, et trinquons nuit et jour

    À la beauté des femmes, au vin et à l’amour !



    Ingrédients et proportions pour six personnes :

    - 3 dorades royales d’une livre et demie.

    Pour la marinade : - 6 cuillerées à soupe rase de poudre de Tandoori, - 3 yaourts goût nature, - 3 cuillerées à soupe de vi­naigre de vin, – le jus de 3 citrons, - 2 cuillerées à soupe d’huile d’arachide, - 3 cuillerées à dessert de sel de Camargue.

     

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