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Europe

  • Défense européenne. Va-t-on enfin trouver la « 28° armée » ?

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    « On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne. Face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu’elle pouvait être menaçante […] on doit avoir une Europe qui se défend davantage seule, sans dépendre seulement des États-Unis et de manière plus souveraine ». (lien)

    Il lui arrive de rouler des épaules à not’bon président (lien), mais il est bien seul. Enfin, il était bien seul mais les choses semblent bouger. En effet, cette idée de défense européenne est reprise par le social-démocrate espagnol Josep Borrell nommé Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Pour lui, l’Europe doit « renforcer son autonomie stratégique, mieux gérer ses capacités et nous protéger efficacement » si elle veut pouvoir exploiter pleinement les opportunités qu’offrirait une nouvelle ère de partenariat entre l’UE et les États-Unis dans l’après-Trump. N’a-t-il pas déclaré que l’UE devait apprendre « le langage du pouvoir » et défendre activement ses intérêts, sur le plan diplomatique comme militaire ! Un langage de fermeté qu’on n’a pas l’habitude d’entendre dans la bouche des hauts responsables européens ! Pour passer des paroles aux actes, l’Espagnol milite pour le déploiement de soldats en Libye, et ne serait pas non plus opposé à un renforcement de la présence militaire européenne dans le Sahel. « L’ère de l’Union européenne conciliante, quand ce n’est pas naïve, a vécu », a écrit le chef de la diplomatie européenne dans le journal allemand Die Welt. « Le soft power vertueux ne suffit plus dans le monde d’aujourd’hui. Il faut y ajouter une dimension de hard power. » (lien)

    Seulement voilà : Les décisions de politique extérieure requièrent l’unanimité des 27 États membres, tandis que le recours à l’armée reste du ressort des gouvernements nationaux. Il existe bien les « Battlegroups », des troupes de combat européennes. Il s’agit de deux dispositifs militaires composés de 1 500 soldats chacun, qui sont mis à la disposition de l’UE afin de lui permettre de réagir rapidement à d’éventuelles crises. Ces bataillons sont équipés de matériel lourd comme des chars et des hélicoptères de combat, et sont dirigés pendant six mois par une nation cadre. Ces troupes « européennes » ne sont jamais intervenues en l’absence d’accord politique quasi impossible avec la règle de l’unanimité entre les 27 membres de l’UE.

    « L’Europe, combien de divisions ? » pourrait-on dire en paraphrasant un terrible moustachu célèbre. Ben, trois mille soldats pas aguerris du tout. Alors que l’Europe compte environ 1,4 million de soldats actifs, soit autant que les États-Unis, plus que l’armée russe (1,1 million) ou celle de la Corée du nord (1,2 million), mais sensiblement moins que l’armée chinoise (2,millions).

    Les choses bougent disions-nous. En effet Manuel Macron et Josep Borrell ont reçu du soutien de la part des socio-démocrates allemands. « La situation géopolitique et les valeurs européennes obligent l’UE à assumer un rôle actif en matière de politique de sécurité » qui ajoutent que dans les situations de crise « la Commission dépend encore trop de la volonté des uns et des autres ». L’heure serait donc venue « de franchir un pas courageux vers la création d’une armée européenne ».

    Les experts en politique de défense du SPD proposent la création d’une « 28e armée » : Plutôt que de se concentrer sur le développement de la coopération entre les 27 armées nationales, une armée propre serait ainsi créée, en parallèle des troupes nationales. La 28e armée serait directement soumise à la Commission et placée sous la responsabilité d’un nouveau Commissaire à la défense. Le contrôle politique serait assuré par un Comité de défense du Parlement européen, les eurodéputés décideraient ainsi du déploiement des troupes à la majorité simple sur proposition de la Commission.

    Le SPD, dans ce rapport appelle à un « élan révolutionnaire pour stimuler le processus évolutif » de création de l’armée européenne. Dans un premier temps, cette « 28e armée » aurait des capacités opérationnelles limitées mais elle pourrait, en évoluant, « assumer de nombreuses missions des forces armées nationales dans les domaines de l’armée de terre, de la marine, de l’aviation et de la cybersécurité, et ainsi déboucher sur une véritable armée européenne ». Le rapport conclut en soulignant qu’en l’absence d’un tel projet, la seule alternative serait d’accepter que l’Europe continue de pâtir de son impuissance en matière de politique de sécurité.

    Ben dis donc! Ils relèvent le casque nos cousins germains!

    Une armée, mais contre quel ennemi ? Macron désigne le Russe, pas l’Islamiste ! Lorsqu’il évoque ces « puissances autoritaires qui réémergent et se réarment aux confins de l’Europe », il ne cite pas la Turquie d’Erdogan, qui étend son action belliqueuse jusqu’à nos portes mais « la Russie, qui a démontré qu’elle pouvait de nouveau se montrer menaçante ».

    Les Russes sont comme les autres, ils ont peur de la guerre et ils vont tout faire pour l’éviter. La dernière leur a coûté plus de 28 millions de morts… Mais ils sont aussi prêts s’il faut la faire. Ceci est une caractéristique culturelle russe unique, que l’Occident a mal interprétée un nombre incalculable de fois au cours des 1 000 dernières années. Maintes et maintes fois, les Européens ont attaqué la Russie pour se retrouver dans un combat qu’ils n’auraient jamais imaginé, même dans leurs pires cauchemars. Napoléon et Hitler y ont creusé leurs tombeaux. Voilà pourquoi les Russes aiment à dire que « la Russie ne commence jamais les guerres, elle les termine ».

    Pourtant, la Russie est évidemment européenne. De Gaulle ne parlait-il pas de « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » ? Elle est européenne par la géographie, par la population, par la (les) religion(s), par la civilisation, par l’histoire. Cette grande nation a donné au monde les écrivains Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, mais aussi les musiciens Borodine, Rimski-Korsakov, Moussorgski, Rachmaninov, Tchaïkovski, mais encore Mendeleïev, génie de la physique qui a réalisé la classification des éléments de la nature, etc., etc. et - cerise sur le vatrouchka – c’est le pays qui a envoyé le premier homme dans l’espace. C’est une civilisation jumelle, imbriquée depuis toujours à la nôtre. Ils connaissent nos penseurs, nos artistes, nos idées. Ils ont parlé français dans les hautes sphères pendant deux siècles.

    Une armée européenne ? Oui, enfin. Mais encore ne faudrait-il pas se tromper d’ennemi.

    Sinon le « 28° armée » risque de se perdre comme la fameuse « 7° compagnie ».

     

    Sources :

    https://www.liberation.fr/direct/element/macron-propose-une-vraie-armee-europeenne_89551/

    https://atlasocio.com/classements/defense/effectif/classement-etats-par-effectif-militaire-total-monde.php

    https://www.lefigaro.fr/international/bientot-une-armee-europeenne-20201120

     

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  • Europe : accord « historique » entre les solidaires et les radins.

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    Suite au fiasco de l’U.E. dans la gestion du Covid 19, qui a eu la victoire dans le bras de fer entre les solidaires et les radins ? Entre les généreux et les égoïstes ? La cohésion voire l’avenir de l’Union européenne passait par le résultat de cette confrontation entre la proposition franco-allemande et celle des quatre « frugaux » (ce sont les nouveaux éléments de langage « suggérés » aux médias pour qualifier les Pays-Bas, l’Autriche, le Danemark et la Suède à la place de « radins »).

    Par un « miracle » dont l’U.E. a le secret, un compromis a été enfin trouvé après plus de 100 heures de « négociations », c’est-à-dire de magouilles, de tripatouillages, de menaces, de coups de gueule. Et tout le monde peut dire qu’il a gagné. Bof… Vantardises de cour d’école.

    MacronMerkel peuvent dire qu’ils ont réussi – et c’est vrai – une première « historique »: faire mutualiser par tous les pays de l’Union une dette servant à relancer l’activité dans les pays les plus touchés par la crise Covid 19.

    Mais alors, les « Frugaux », enfin les Radins (Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède) ils ont perdu ? Tè, fume…

    Ils ont obtenu non seulement le maintient mais encore l’augmentation de cette scandaleuse aberration qu’est le « rabais » accordé à certains pays dans leur contribution au budget de l’Union. Avec en plus un droit de regard sur l'utilisation que feront les « Pigs » du fric emprunté par l'Union Européenne.

    On se souvient des outrances de la britannique Margaret Thatcher hurlant le 30 novembre 1979, à Dublin. « I want my money back », exigeant ainsi de retrouver une partie de l’argent versé. Et le couilemollisme des dirigeants français de l’époque les Giscard et Barre, puis Mitterand, Mauroy et Fabius a permis à Miss Maggy (celle chantée par Renaud) d’obtenir en 1984, chaque année un énorme chèque de remboursement d’une partie de la contribution de son pays. Payé à 27 % par nos sous !!! Et ça a continué jusqu’au Brexit.

    Ce que l’on sait moins, c’est que les Pays-Bas, l’Autriche et la Suède ont aussi obtenu leurs « chèques » annuels à partir de 2002. Et que c’est désormais le Danemark qui bénéficie aussi d’une telle correction. Ils suivent en cela l’Allemagne qui a également obtenu un « chèque » annuel pour minorer sa contribution nette à partir de 1985 ! Les « quatre radins » négociant en bloc, ont donc obtenu une substantielle augmentation de cette ristourne ! L’Allemagne a fait le gros dos mais n’a pas abandonné la sienne… Quant à la France, non seulement elle n’a jamais demandé de rabais mais elle casque…

    Ils sont sympas les « Pays-Bassiens ». En temps que citoyens peut-être, mais en temps qu’Etat, ce n’est pas les figues du même panier. Ce pays de margoulins (ça veut dire commerçants, marchands) est surtout connu pour vendre légalement de la drogue dans des magasins et des femmes exposées en vitrines. Un pays de narcos et de proxos, quoi…

    Pas seulement. Ça, c’est pour la galerie, pour le folklore. Les Pays-Bas c’est surtout le pays de « l’optimisation fiscale » pour les multinationales. Le Parlement européen l’a inclus, en mars de l’an dernier dans le club des cinq paradis fiscaux de l’Union européenne, aux côtés de Chypre, Malte, l’Irlande et le Luxembourg. Il y a 15 000 sociétés « boîtes aux lettres » aux Pays-Bas. Deux paradis fiscaux, Curaçao et Aruba, toujours dans le giron du royaume des Pays-Bas, ont été exclus de la liste noire néerlandaise des États infréquentables ! Ben voyons. En plus, le fisc garde le secret sur les entreprises qui bénéficient des accords de ruling. Et l’absence d’obligation de publication des comptes leur permet de conserver la confidentialité sur leurs opérations d’évasions fiscales.

    C’est encore donc le pays des « rulings », accords fiscaux confidentiels ultra-avantageux conclus avec l’administration néerlandaise (dont celui en or massif négocié avec le pétrolier Shell). lls ne sont pas frugaux, les Bataves, pour récupérer les profits des sociétés des autres, ce qu’apprécient fortement les multinationales qui y installent un siège souvent bidon. Ainsi, Altran, Bonduelle, Danone, Decathlon, Gemalto, Geodis, Renault Nissan, Thales, Unibail-Rodamco et bien d’autres ont leur siège aux Pays-Bas. Ce qui offre des possibilités de satisfaire sa faim, voire de se goinfrer avec « le sandwich hollandais ». Ceci en collaboration avec un autre pays pirate de l’U.E., l’Irlande. Qui se ressemble s’assemble.

    Le « sandwich hollandais » est une technique d’optimisation fiscale complexe exploitant les failles et manquements présents dans la législation néerlandaise. En effet, l’État néerlandais n’effectue pas de prélèvement à la source sur les redevances qui entrent et sortent de son territoire. Cette spécificité rend les Pays-Bas particulièrement attractifs, notamment pour les entreprises multinationales, car elle permet à celles-ci d’extraire leurs bénéfices hors Union Européenne sans payer d’impôt sur les sociétés, ou très peu. Pour ce faire, le « sandwich hollandais » entre dans plusieurs mécanismes plus globaux d’optimisation fiscale, dont le plus connu est probablement le "Double irlandais et sandwich hollandais". Quels poètes ces voyous...

    La technique "Double irlandais et sandwich hollandais" consiste à exploiter les différences de taxation entre pays ainsi que les failles présentes dans les législations, afin de diminuer au maximum l’impôt des sociétés. Globalement, trois filiales sont créées par la multinationale. Deux filiales en Irlande, l’une ayant une activité réelle sur le territoire (principe de l’établissement stable), l’autre une holding ayant son siège social hors Europe. Une autre holding, cette fois-ci européenne, est également créée aux Pays-Bas.

    Le principe de base pour une multinationale est de pouvoir transférer une partie de ses bénéfices, sous forme de royalties ou autre, de sa filiale irlandaise vers sa holding hollandaise, puis vers sa holding non-européenne. Une fois ces étapes effectuées, les bénéfices sont rapatriés dans la juridiction du siège social de la holding non-européenne, souvent un paradis fiscal. C’est ainsi que les GAFA nous font de joyeux bras d’honneur.

    Bon. Alors qu’est-ce qu’on peut faire ? Ben on peut par exemple ne pas forcément acheter des produits « pays-bassiens » comme les lessives Ariel, Omo, les produits Philips, les produits faussement italiens Bertolli, les chocolats faussement français Côte d’or, Milka, les amuse-gueule Tuc, les fameux biscuits LU, tous les fromages hollandais, les bières Amstel, Heineken, etc.

    Moi, ce que j'en dis, eh… Vous le voyez vous-même, mais je vais faire attention en faisant mes courses !

     

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  • L’Union européenne sous la botte d’un « gouvernement des juges » inféodé aux multinationales ?

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    Le Tribunal de la Cour de justice de l’Union européenne a annulé la décision de la Commission exigeant le remboursement à l’Irlande de 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux accordés au GAFA Apple. Ce n’est pas la première décision en faveur des multinationales yankees. Elle avait déjà donné raison à Airbnb face aux hôteliers français…

    Et ce « machin » s’impose aux justices nationales des pays de l’Union. Avec un tel bouclier pour les protéger, les GAFA et autres prédateurs yankees n’ont que peu de soucis à se faire. Et doivent joyeusement sabrer le champagne, comme Apple à qui le « machin » vient de faire économiser 13 milliards d’euros volés par la multinationale yankee aux fiscs des 27 pays de l’Union. « À la vôtre, stupids Europeans ! We fuck you and you pay la vaseline ! »

    Voilà une sacrée bouffe pour la redoutable tati Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne connue et appréciée pour combattre la concurrence fiscale entre États qui profite aux multinationales.

    Pas prouvée "l’existence d’un avantage économique sélectif" accordé par l’État irlandais à Apple qu’ils ont dit les juges.

    Apple fête donc sa victoire, mais il le fait avec le gouvernement irlandais… qui aurait dû récupérer ces 13 milliards mais qui préfère encore sauvegarder sa position de pirate de l’Europe.

    L’affaire remonte au 30 août 2016 : alors Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager décide de frapper un grand coup. Selon l’enquête de la Commission, Apple a rapatrié en Irlande entre 2003 et 2014 l’ensemble des revenus engrangés en Europe (ainsi qu’en Afrique, au Moyen-Orient et en Inde) car l’entreprise y bénéficiait d’un traitement fiscal favorable, grâce à un accord passé avec les autorités de Dublin. Le groupe a ainsi échappé à la quasi-totalité des impôts dont il aurait dû s’acquitter sur cette période, soit environ 13 milliards d’euros, selon les calculs de la Commission. Celle-ci a établi qu’Apple n’a finalement dû payer que 1 % d’impôts irlandais sur ses bénéfices européens en 2003. Et en 2014, ce taux a encore diminué jusqu’à 0,005 %, autrement dit, Apple ne paie pratiquement plus d’impôts sur ses bénéfices en Europe ! Bonjour la justice…

    Pour arriver à ces résultats, les multinationales concluent avec le gouvernement irlandais des rulings, des « arrangements fiscaux » ultra-favorables. Le Luxembourg, les Pays-Bas, autres pays pirates de l’Europe font pareil. Ces avantages attirent dans ces pays les multinationales qui y établissent un siège et y rapatrient l'essentiel des bénéfices de leurs filiales dans toute l’Europe. Baisant ainsi sans vaseline ces états d’impôts qu’ils pouvaient légitimement attendre de l’activité de ces entreprises sur leur sol. Eh ! Coco, c’est ça l’ultralibéralisme, c’est ça « la concurrence libre et non faussée ». Ben voyons…

    Eh ! Ils sont coutumiers du fait les « justiciers » européens. Ils avaient déjà réfuté les arguments de la Commission européenne concernant la chaîne américaine de cafés Starbucks, sommée de rembourser jusqu’à 30 millions d’euros d’arriérés d’impôts aux Pays-Bas. De même la Cour de justice de l’Union européenne a tranché en faveur de la plate-forme yankee Airbnb, dans le conflit judiciaire qui l’opposait à l’Association pour un hébergement et un tourisme professionnels (Ahtop).

    Cette embrouille survient dans un contexte bien particulier, où plusieurs pays européens, dont la France, veulent parvenir à une meilleure imposition des GAFA, partout où ils réalisent des profits. Cependant, dans une UE à 27, où toutes les questions fiscales se décident à l’unanimité, il n’est guère facile de s’entendre.

    Bof. J’écris bien cet article sur une machine d’Apple. Mais Microsoft est aussi pourri. Alors comment faire ? Écrire au crayon ?

    Bon. Regardons le côté positif de la chose : ils vont trinquer avec du champagne bien de chez nous ! Sûr ?

     

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