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LANTIFADAS - Page 89

  • Pendant les giléjonnerries, les makronneries continuent : menace contre le non-cumul des mandats !

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    On croyait avoir dégagé l’essentiel de ces politiciens cumulards, ayant fait de la politique un métier alors que c’est une mission. On croyait aussi que la loi de non-cumul des mandats – l’un des rares acquits positifs du quinquennat de Hollande – était solidement ancrée. Tè ! Fume…

    Dans son questionnaire du Grand débat, Macron glisse, au paragraphe « Démocratie et citoyenneté. Vie institutionnelle et démocratique. Question 04 : Le non-cumul des mandats instauré en 2017 pour les parlementaires (députés et sénateurs) est : une bonne chose ? Une mauvaise chose ? Je ne sais pas. » C’est ouvrir la porte pour revenir sur cette conquête essentielle de la démocratie.

    Certains parlementaires LREM ne s’y sont pas trompés et s’engouffrent dans la porte entrouverte. Autour du député de la Gironde Benoit Simian et de son compère Jean-Bernard Sempastous, député des Hautes-Pyrénées, une vingtaine de députés LREM, réunis dans « le cercle girondin », un lobby politique qui se veut le porte-parole de la ruralité à l’Assemblée, travaille actuellement sur une proposition de loi qui rendrait à nouveau possible le cumul des mandats de député et maire, uniquement dans les communes de moins de 10 000 habitants. Le député de la Lozère Pierre Morel à l’Huissier, lui, propose la même chose mais jusqu’à 25 000 habitants ! L'attaque est lancée… C'est vrai que si la politique est un « métier », ces professionnels ne tiennent pas à perdre leur job, ni surtout le salaire et les avantages qui y sont liés ! Il faudrait au contraire s'attaquer aussi au nombre de mandatures. Pas plus de deux mandats successifs.

    Le grand argument de ces aspirants cumulards, c’est évidemment « le manque d’ancrage territorial » comme ils disent. Si cela peut s’entendre du point de vue de leur carrière, ils oublient pourtant que la fonction principale d’un député et d’un sénateur, c’est de voter les lois au niveau national. Ils ne sont pas les lobbyistes de leur localité mais des parlementaires nationaux. Chaque député, bien qu’élu dans un cadre géographique déterminé, est le représentant de la Nation tout entière. Ainsi, à l’Assemblée nationale et dans sa circonscription, chaque député agit et parle au nom de l’intérêt général et non pas au nom d’un parti politique, d’un groupe d’intérêt ou d’une région.

    On se souvient avec un regard caustique des « performances » en son temps de Michel Delebarre. Il était alors – accrochez-vous - maire de Dunkerque mais aussi président de la communauté urbaine de Dunkerque et sénateur du Nord. Comme cela lui laissait visiblement du temps libre, il présidait une société HLM, une télévision, ainsi qu’une foultitude de syndicats mixtes spécialisés dans des joyeusetés aussi diverses que le développement économique, l’urbanisme, le port de plaisance ou les stations balnéaires. À ses heures perdues, il s’occupait également de l’assemblée des communautés urbaines de France tout en siégeant au conseil d’administration du conservatoire du littoral. Au total, ce surhomme concentrait à lui seul 3 mandats et 23 fonctions !

    Les « marcheurs » aspirants cumulards, nostalgiques du bon temps du mandarinat politicard – député ou sénateur à vie, plus maire, président du conseil général, président du conseil régional, etc. - estiment que c’est cette absence d’ancrage local qui est responsable de la défiance des Français à leur égard et même du rejet du parlementarisme. Ils oublient le péché mortel qu’a été la trahison des parlementaires qui ont voté, avec Sarko, contre la volonté exprimée des Français ayant rejeté par référendum le 29 mai 2005 l’Europe ultralibérale qui, depuis, nous étouffe.

    Une trahison ne s’oublie jamais.

     

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  • Grotesque désinformation sur le Venezuela et graves menaces d'intervention militaire

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    Manifestation monstre pro Maduro

    Je viens d’entendre le ministre des affaires étrangères, le ci-devant Drian, ramer pour essayer de justifier la décision de la France et de l’Union Européenne de reconnaître Juan Guaidó comme président du Vénézuela. Rappelons que ce personnage trouble, créature de la CIA, est membre du parti Volonté populaire, la formation la plus à droite, la plus radicale, la plus convaincue qu’une intervention armée est la meilleure méthode pour se débarrasser du chavisme.

    Insupportable ingérence dans les affaires intérieures d’un pays mais aussi suivisme lamentable de la politique de Trump. Celui-ci, reprenant à son compte la Doctrine Monroe, veut la peau du chavisme au Venezuela – détenteur des premières réserves pétrolières du monde - et entend bien balayer tout ce que la gauche a réussi en Amérique latine.

    Pour bien comprendre pourquoi les États-Unis mènent une guerre économique contre le peuple du Venezuela, il faut analyser le système des pétrodollars. Avant le XXe siècle, la valeur de la monnaie était liée à l’or. Lorsque les banques prêtaient de l’argent, elles étaient contraintes par la taille de leurs réserves d’or. Mais en 1971, Le président américain Richard Nixon a sorti le pays de l’étalon-or. Nixon et l’Arabie Saoudite sont parvenus à un accord « pétrole contre dollars » qui allait changer le cours de l’histoire et devenir la cause fondamentale d’innombrables guerres pour le pétrole. En vertu de cet accord de pétrodollars, le dollar américain était la seule monnaie à laquelle l’Arabie saoudite pouvait vendre son pétrole. Le Royaume saoudien veillerait ensuite à ce que ses profits pétroliers soient réinjectés dans les trésors américains et les banques américaines. En échange, les États-Unis se sont engagés à fournir au régime de la famille royale saoudienne une protection militaire et du matériel militaire. Les autres producteurs ont été contraints de s’aligner et dès lors la monnaie étasunienne est devenue la monnaie obligée de commercialisation du pétrole.

    C’était le début de quelque chose de vraiment formidable pour les USA. L’accès au pétrole a défini les empires du XXe siècle et l’accord de pétrodollars a été la clé de la suprématie des États-Unis en tant que seule superpuissance mondiale. La machine de guerre américaine fonctionne, est financée par et existe pour la protection du pétrole.

    Les menaces de toute nation pour saper le système des pétrodollars sont considérées par Washington comme équivalant à une déclaration de guerre contre les États-Unis d’Amérique.
    Au cours des deux dernières décennies, l’Irak, l’Iran, la Libye et le Venezuela ont tous menacé de vendre leur pétrole dans d’autres monnaies. En conséquence, ils ont tous été soumis à des sanctions américaines paralysantes et à des guerres sanglantes.

    Au fil du temps, le système de pétrodollars s’est étendu au-delà du pétrole et le dollar américain est lentement mais sûrement devenu la monnaie de réserve des échanges mondiaux sur la plupart des produits de base. Ce système permet à l’Amérique de conserver sa position dominante en tant que seule superpuissance mondiale, malgré une dette stupéfiante de 23 000 milliards de dollars.

    Or en septembre 2017, le président Maduro a tenu la promesse de Chavez d’effectuer les ventes de pétrole à leur gros client chinois en yuan plutôt qu’en dollars américains. Crime de lèse pétrodollars ! Quelques semaines plus tard, Trump a signé une série de sanctions rédhibitoires à l’encontre du peuple vénézuélien déjà étranglé par des sanctions financières, et ne cache plus ses menaces d'intervention militaire.

    manif pro US au vénézuela 1.jpgLes médias nous montrent des « manifestations manif pro US au vénézuéla2.jpgpopulaires monstres » pour réclamer la destitution du président Maduro. Manifestations qui ont lieu dans les beaux quartiers de Caracas, où l’on brandit les drapeaux étasuniens, où l’on chante l’hymne yankee, où l’on applaudit d’avance l’idée d’une intervention militaire étasunienne.

    Mais ces médias ne nous montrent jamais les manifestations réellement populaires comme celle qui s’est déroulée le même jour dans d’autres quartiers de la capitale vénézuélienne. Depuis des mois on n’avait vu une telle affluence populaire à un meeting bolivarien.

    Il ne faut pas non plus être naïf concernant Maduro. Lui et Chavez ont cédé à la facilité : utiliser la rente pétrolière pour améliorer le sort des classes les plus démunies, c'est très louables, mais il aurait aussi fallu profiter de cette manne pour construire une véritable économie indépendante du pétrole. C'est la malédiction de bien des pays producteurs de pétrole, comme l'Algérie et, à un degré moindre, la Russie.

    Le ministre toutou de Trump Drian a bonne mine en parlant de la « communauté internationale » qui soutient le putschiste Guaido ! Il entend par « communauté internationale » les alliés et vassaux des États-Unis. La véritable communauté internationale ne suit pas Trump. La grande majorité des pays de l’ONU (plus le Conseil de Sécurité) dont les principales puissances du monde actuel que sont la Russie, la Chine, l’Inde ou un pays clef comme le Mexique, ou la majorité des pays du Caricom (Caraïbes) ou encore les pays de l’Union Africaine au complet, etc. reconnaissent la légitimité du président Maduro.

    Mais chut, faut pas le dire, faut suivre la doxa ultralibérale ! On n'a que les médias que l'on mérite...

     

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  • Ouiquinde gastronomique: nourrissons-nous l'esprit avec François Cavanna et Omar Khàyyàm

     

    Il y a cinq ans, le 29 janvier 2014, François Cavanna allait rejoindre Omar Khayyàm pour cultiver l'Humour et la Raison dans les vignes du seigneur. Savourons en leur mémoire ces quelques lignes.

    franàois cavanna,omar khàyyàm


    François Cavanna :

    Un dieu salaud est capable de tout. Il n'y a pas d'autre terme à l'alternative: ou pas de dieu, ou un dieu salaud. J'ai choisi pas de dieu. Et si, pour improbable que soit la chose, Dieu existe quand même, ce dieu infiniment bon, infiniment intel­ligent qu'on nous présente, alors il ne peut pas m'en vouloir de ne pas croire en lui, puisqu'il fait tout pour cela. Je joue gagnant à tous les coups.

     

    Omar Khàyyàm :

    Si assuré et ferme que tu sois, ne cause de peine à personne ; 
    Que personne n’ait à subir le poids de ta colère.
    Si le désir est en toi de la paix éternelle,
    Souffre seul, sans que l’on puisse, ô victime, te traiter de bourreau. 

     

    Combien de temps jeterai-je des pierres dans la mer !
    Je suis écœuré des idolâtres de la pagode :
    Kháyyám ! Qui peut assurer qu’il habitera l’Enfer ?
    Qui donc jamais visita l’Enfer ? Qui, jamais, revint du Ciel ?

     

    François Cavanna :

    Peu importe

    Peu importe que la vie soit un accident, une chimie de hasard,

    Peu importe que se soient condensées galaxies et soleil, planètes et satelittes,

    Peu importe que quelques molécules se soient accolées en uhe première gelée vivante,

    Peu importe que la vie ai emplie les océans, et puis en soit sortie, et puis soit devenue crapaud, lézard, singe et enfin homme,

    Peu importe,

    Tu es là.

    Au bout de tout cela,

    Tu es là.

    Tout cela s'est fait pour toi.

    Ces milliards d'années, ces univers, ces hécatombes,

    Tout cela pour aboutir à toi.

    Et voilà : tu es là.

    Toi tout seul.

    Tu es un point infime de l'espace, un instant fugitif du temps,

    Mais tu es toi,

    Toi tout seul.

    Tu n'es pas la continuation de ton père, ni du père de ton père, ni des pères des pères de tes pères.

    Tu n'as pas demandé à être là,

    Mais tu y es,

    Tu es là,

    Tu es toi,

    Toi tout seul.

    Tu ne dois rien à personne ni à rien.

    Tu ne peux savoir pourquoi tu es là, ni si quelqu'un t'y a mis, pas même s'il y a un « pourquoi » ni s'il y a un « quelqu'un »,

    Et qu'importe ?

    Tu es là.

    N'écoute pas les menteurs.

    N'écoute pas les peureux.

    N'écoute pas la peur au fond de toi,

    N'écoute pas la tentation de la peur au fond de toi,

    N'écoute pas les profiteurs de la peur.

    Surtout,

    Surtout,

    Ne crois pas.

    Ne crois en rien, jamais,

    Ni pas peur,

    Ni par amour,

    Ni par pitié,

    Ni par faiblesse,

    Ni par convenance.

    Ne crois pas !

     

     

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    Omar Khàyyàm :

    Tu n’as pas aujourd’hui de pouvoir sur demain ;
    L’anxiété du lendemain est inutile.
    Si ton cœur n’est pas insensé, ne te soucies même pas du présent ;
    Sais-tu ce que vaudront les jours qu’il te reste à vivre ? 

    Sache ceci : que de ton âme tu seras séparé,
    Tu passeras derrière le rideau des secrets de Dieu.
    Sois heureux…tu ne sais pas d’où tu es venu;
    Bois du vin…tu ne sais où tu iras.

     

    François Cavanna :

    Œcuménisme

    Qu'ont en commun les inquisiteurs, les brûleurs de sorcières, les massacreurs de populations au nom de la foi (soixante mille égorgés lors de la prise de Jérusalem pendant la première Croisade), les bénisseurs d'armées, les pendeurs d'hérétiques, les incitateurs à l'assassinat pieu, les lapideurs de femmes adultères, les qui-vont-à-la-messe, bouffent du foie gras et laisse un abbé Pierre leur astiquer la bonne conscience en se faisant le bouc émissaire de la charité ?

    Ils ont en commun le mot clé de tous les culs-bénits :

    AMOUR

    Omar Khàyyàm :

    Nous et le vin et le banc de la taverne et nos corps d’ivrognes nous sommes
    Insoucieux de l’espoir de la miséricorde et de la terreur du châtiment ;
    Nos âmes et nos cœurs, nos coupes et nos vêtements tachés de lie
    Sont indépendants de la terre et du feu et de l’eau

    Ah ! Malheur à ce cœur d’où la passion est absente,
    Qui n’est pas sous le charme de l’amour, joie du cœur !
    Le jour que tu passes sans amour
    Ne mérite pas que le soleil l’éclaire et que la lune le console.

    Au printemps, sur la berge d’un fleuve ou sur le bord d’un champ,
    Avec quelques compagnons et une compagne belle comme une houri,
    apportez la coupe…ceux qui boivent la boisson du matin
    sont indépendants de la mosquée et libre de la synagogue. 

     

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