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histoire - Page 2

  • France, Algérie, halte à la « repentance » bêlante.

     

     

     

     

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    Je viens d’entendre, ou plutôt de subir, les jérémiades de « l’historien » de service, bavant sur des massacres ayant eu lieu il y a soixante ans. Une époque où les exactions, les tueries, les massacres étaient choses courantse, et des deux côtés. La France était en guerre, et cette guerre dont on cachait le nom sous les vocables pudiques de « évènements » ou « maintien de l’ordre » tuait chaque jour des jeunes, qu’ils soient Français ou Algériens.

    La guerre, ce n’est pas une mission humanitaire. Ce n’est pas le défilé pimpant, presque gai derrière les musiques martiales de ces beaux jeunes gens solides, virils et disciplinés.

    La guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

    La guerre, c'est l'ombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

    La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

    La guerre, c'est le fracas des explosions, le cliquetis rageur des tirs, le sifflement menaçant des balles qui vous cherchent, qui ricochent autour de vous, ou qui vous hachent en morceaux de viande palpitante.

    La guerre, l'embuscade, c'est le corps qui s'efforce de se rétrécir au delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans la boue de la tranchée, la caillasse du djebel ou la vase de la rizière.

    La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver.

    La guerre, c'est la haine de l'autre, de celui qui a tué votre camarade, qui veut votre peau comme vous voulez la sienne. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

    La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots, les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

    La guerre, c'est le désespoir du camarade touché et qui attend des secours qui ne peuvent venir.

    La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une roquette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche: « ouf, c'est lui, c'est pas moi! »

    La guerre, c'est de la merde.

    Alors toutes ces commémorations qui ne font que remuer cette merde sont aussi nuisibles que stupides.

    Comment voulez-vous « faire nation » entre des Français indigènes et des Français exogènes en remuant sans cesse ce qui a opposé, flingues en mains, leurs générations précédentes ?

    Comment prôner le « vivre ensemble » lorsqu’on laisse les fondations wahhabites du Qatar et de l’Arabie saoudite financer mosquées et madrasas contribuant à renforcer le communautarisme et l’influence de cette fabrique d’extrémistes que sont les Frères musulmans sur la jeunesse des « territoires perdus de la républiques » ?

    Comment endiguer cette invasion à bas bruit qui déverse chaque année des centaines de milliers de personnes venant bouffer le gâteau et se perpétuer à outrance? On oublie que la démographie est une marée puissante et silencieuse capable de modifier une nation en quelques décennies. « Un jour, des millions d'hommes quitteront l'hémisphère sud pour faire irruption dans l'hémisphère nord. Et certainement pas en amis. Car ils y feront irruption pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant de leurs fils, c'est le ventre de nos femmes qui nous offrira la victoire. » Boumédienne devant l'ONU en 1974

    Comment qualifier l’attitude de ces élus qui, débordés par la marée des miséreux, achètent la paix civile en déléguant à des confréries religieuses les tâches de police, d’éducation et d’encadrement des jeunes musulmans. Avec en arrière plan de sordides calculs électoralistes ?

    Comment qualifier le crétinisme bêlant de cette « élite » intellectuelle autoproclamée, baignant dans une naïve et malsaine culpabilité postcoloniale pour laquelle l’immigré est l’exploité ultime, le colonisé paré de toutes les vertus devant lequel nous devons nous agenouiller en rémission des péchés coloniaux ? En refusant,de voir que derrière le travailleur exploité, il y a souvent le père abusif, le mari jaloux, l’oppresseur médiéval, fruits gâtés d’un civilisation autre façonnée par une idéologie politico-religieuse aussi mortifère qu’obscurantiste, et difficilement compatible avec la nôtre.

    Et comment croire en une réconciliation alors que le ministre du Travail et de la Sécurité sociale algérien, Hachemi Djaâboub, a qualifié la France «d'ennemi éternel et traditionnel» de l'Algérie.

    Méditons sur ces paroles de Soljenitsyne : « Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société tout entière. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant-coureur de la fin ? »

     

    Illustration X - Droits réservés

     

     

  • 11 septembre : les U.S.A. instaurent le fascisme au Chili.

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    Le 11 septembre 1973 au matin, les trois armées factieuses attaquent la « Moneda, siège du gouvernement chilien régulièrement sortie des urnes. Salvator Allende, le président élu, se suicide (ou est « suicidé ») dans son palais. Ses dernières paroles radiodiffusées furent : « Continuez et sachez que s’ouvriront bientôt les grandes avenues où l’homme digne s’avancera pour construire une société meilleure.

     

    Les grands profiteurs et exploiteurs du pays, alliés à l’armée et à la police fomentèrent un coup d’état militaire sous la direction d’Augusto Pinochet, une caricature de troufion borné au nom d’opérette. S’ensuivirent la dissolution du Congrès national, des conseils municipaux, des syndicats et des partis politiques. La liberté de la presse fut abolie, le couvre-feu instauré.

     

    Dès lors la barbarie de la soldatesque donna toute sa mesure sanglante : des dizaines de milliers de militants parqués dans le Stadio nacional, les doigts du chanteur Victor Jara sectionnés à la hache (« Et maintenant, joue de ta guitare ! »), les rumeurs de tortures et d’assassinats en masse, l’agonie de Pablo Neruda dans sa maison pillée...

     

    Le Chili s’enfonça dans une nuit sanglante de 17 ans…

     

    Derrière ce désastre, derrière cet attentat terroriste contre la démocratie, un pays : les Etats-Unis d’Amérique et un assassin qui sera couronné du prix Nobel de la paix : Henri Kissinger…

     

    Alors les tours du World Trade Center… Va fan culo !

     

     

     

    God blesse America

     

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Sitting Bull le guerrier, et toi Geronimo,

    Et les millions d’Indiens chassés comme animaux,

    Massacrés par le plomb, par la croix, par la gnole,

    Par les loques données chargées de variole.

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

    Orgueil de la nation des voleurs de vos terres …

     

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Esclaves noirs trimant dans les champs de coton,

    Achetés, exploités et payés au bâton,

    Humiliés, niés, traités pire que bêtes

    Par des culs bénis blancs crispés sur leur gâchette.

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

    Orgueil de tous ces Wasps qui ont forgés vos fers…

     

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Salvador Allende, du fond de ton tombeau,

    Et vous, Chiliens, assassinés par les Rambo

    Lâchés sur vos richesses comme des chiens féroces

    Pour que vos exploiteurs puissent rouler carrosse.

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

    Orgueil des spadassins de Henri Kissinger…

     

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Paysans communistes nés en Indonésie.

    Vous étiez un million accusés d’hérésie,

    Massacrés pour avoir soutenus Sokarno

    Alors que les yankees préféraient Suharto.

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,

    Orgueil du dollar roi qui nourrit les gangsters…

     

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Héroïques soldats paysans du Viet-Nam.

    Vous avez écrasé l’armée de l’Oncle Sam,

    Vous avez triomphé de cette soldatesque

    De violeurs, de tueurs et de pasteurs grotesques.

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Lorsque tombent enfin les murs du Pentagone,

    Vains remparts de la vanité anglo-saxonne…

     

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Enfants crevants de faim des faubourgs irakiens,

    Disputant la pitance aux vautours et aux chiens,

    Depuis que la « croisade » menée par l’Oncle Sam

    Massacre les civils pire qu’au temps de Saddam.

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Lorsque tombent enfin les murs du Pentagone,

    Qui vous envoie missiles et bombes félonnes…

     

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Paysans, ouvriers, écoliers yougoslaves,

    Que les bombes yankees écrasaient dans les caves,

    La défense du “ Droit ” fut un bon alibi :

    L’ordre americana règne sur la Serbie.

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Lorsque tombent enfin les murs du Pentagone,

    Qui ne supporte pas de pensées autochtones.

     

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Civils vitrifiés par la Bombe yankee

    Rayant Hiroshima comme Nagasaki

    Non pas, comme il fut dit, pour terminer la guerre

    Mais pour tester sur vous les horreurs nucléaires.

    Pourquoi donc riez-vous ?

    Et applaudissez-vous ?

    Lorsque les feux du ciel par des mains fanatiques

    En un bouquet de mort tombent sur l’Amérique.

     

    Relève-toi ! Debout, peuple des Zuhessa !

    Libère-toi des fers, des chaînes de forçats

    Dans lesquels te maintient l’ultra capitalisme

    Par sa télé débile et son consumérisme.

    Renverse le pouvoir aveugle du dollar

    Et celui des banquiers et boursiers vicelards.

    Rafale les “ chairmen ” des multinationales

    Qui ravagent le monde par leurs actions bestiales.

    Demande-toi enfin, réflexion citoyenne,

    Pourquoi donc ton pays suscite tant de haine !

    Redevient cet ami qui nous a fait rêvé,

    Qui a laissé sa vie pour venir nous sauver.

    Tu viens du monde entier, partout tu as des frères.

    Valent-ils moins que toi ? Arrache tes œillères

    Afin que la statue prénommée Liberté

    Ne tourne plus le dos à la Fraternité.

     

     

    VictorAyoli

     

     

    Illustration: Merci au regretté Jacobazzi

     

     

     

     

  • Alors cette nouvelle « Nuit du 4 août », ça vient ?

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    La nuit du 4 août, quèsaco ? Une pluie d’étoiles filantes ? Une grande bringue durant toute la noye ? Et non, c’est un événement fondamental de la Révolution française, puisque, au cours de la séance qui se tenait alors, l’Assemblée constituante met fin au système féodal. C’est l’abolition de tous les droits et privilèges féodaux ainsi que de tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations. Les privilégiés eux-mêmes surenchérissaient pour abandonner leurs avantages. De gaieté de cœur ? Par altruisme révolutionnaire ? Té, fume… Parce qu’ils crevaient de trouille !

    Depuis la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 s’est développé en France, notamment dans les campagnes, une vague de révoltes appelée la Grande Peur. Dans certaines régions, des paysans s’en prennent aux seigneurs, à leurs biens et à leurs archives, en particulier les livres terriers qui servent à établir les droits seigneuriaux. La nuit du 4 août est une réponse à cette insurrection.

    Alors, finis les privilèges ? Disparus les privilégiés ? Eh ! Oh ! Puis quoi encore…

    On est toujours le privilégié de quelqu’un. Les plus précaires des salariés trouveront exorbitants les « avantages » des fonctionnaires. Et ainsi de suite en cascade. On daube sur l’utilisation des fonds publics engloutis dans le train de vie dispendieux d’une administration bureaucratique et pléthorique, sur les « profiteurs de l’État ». L’État obèse, la redistribution en panne, les privilèges du statut de la fonction publique : tout cela, bien sûr, existe et conduit à d’incontestables gabegies. Mais énoncés en boucle, caricaturés à l’infini, ces slogans convenus finissent par tenir lieu d’unique évidence, de vérité révélée.

    Mais les privilégiés, les vrais, ce n’est pas là qu’il faut les chercher.

    Ernest-Antoine Seillière, multimillionnaire qui mena en son temps le Medef « flamberge au vent » aurait-il eu ce destin si, en 1978, le gouvernement Barre n’avait nationalisé les usines sidérurgiques de sa famille, alors en pleine déconfiture ?

    Bernard Arnault aurait-il pu prendre place sur le trône de « roi du luxe » si, en 1984, le gouvernement Fabius ne lui avait livré sur un plateau la maison Christian Dior, joyau d’un empire Boussac sous tutelle étatique ?

    Jean-Luc Lagardère aurait-il pu devenir le chef d’escadrille de l’aéronautique européenne si, en 1999, le gouvernement Jospin ne lui avait cédé à prix d’ami, et au nom de la raison d’État, le manche d’Aérospatiale, des Airbus et de la fusée Ariane ? Empire que sa descendance ruine avec constance et application d’ailleurs.

    En toile de fond de ces questions, il y a toujours l’argent public, celui des Français, celui de leurs impôts. La règle est toujours, quelle que soit la couleur des gouvernements, de privatiser les gains et de socialiser les pertes.

    Les nouveaux privilégiés, il faut les chercher dans un favoritisme d’état entretenu par la connivence entre les élites et protégé par l’ignorance des citoyens. Élites sorties du même moule, des mêmes écoles, reproduisant des privilèges familiaux comme autrefois les nobles et le clergé, se cooptant dans les conseils d’administration.

    Cheville ouvrière (si l’on peut dire !) de cette fabrique de privilégiés, le « pantouflage ». Le pantouflage est le fait de passer du secteur public au secteur privé. À l’origine, cette expression est utilisée par les polytechniciens. En effet, dans le jargon de l’École polytechnique, il y a ceux qui choisissent "la botte", c’est-à-dire le public, et ceux qui choisissent "la pantoufle", le secteur privé. Mais ce pantouflage se complète aussi, souvent d’un « retro-pantouflage ». On appelle ça encore « les portes tournantes ».

    Tenez, par exemple not’bon Président ! Inspecteur des finances, donc ayant fait des études payées par nos impôts (chaque année de scolarité à l’École nationale d’administration (ENA) revient à 83 000 € par étudiant), il est parti « travailler » dans le privé, à la banque Rothschild, avant de revenir et d’être nommé secrétaire adjoint de l’Élysée, puis ministre de l’Économie et aujourd’hui président de la République ! Ça c’est de la pantoufle ! Le Docteur Jeva peut aller se rhabiller

    Autrefois, vous pouviez décider de servir l’État parce que vous vouliez avoir le pouvoir, puis vous alliez dans le privé parce que vous vouliez l’argent. Le salaire d’un inspecteur des finances passant de Bercy à la banque est multiplié par dix. Aujourd’hui, vous pouvez avoir le beurre et l’argent du beurre, dans un temps très réduit, et en plus vous farcir la crémière…

    La crémière, on la retrouvait sur les ronds-points, avec les Gilets jaunes, ces sans-culottes modernes.

    Et qu’est-ce qu’elle demandait, la crémière, mais aussi l’artisan, le petit commerçant, le retraité, le petit fonctionnaire, le chômeur, l’ouvrier, l’employé précaire ? Qu’est-ce qu’elles demandent les aides-soignantes, les auxiliaires de vie, les infirmières, les toubibs, les éboueurs, les chauffeurs routiers, les « hôtesses de caisse » qui ont risqué leur vie pour faire tourner le pays ? Pas des privilèges, non, simplement un peu de justice, d’équité, de considération. Et des salaires décents.

    En 1789, les privilégiés ont accepté l’abandon de leurs privilèges parce qu’ils avaient la paille au cul ! Ils crevaient de trouille ! Faudra-t-il susciter de nouvelles "Grandes Peurs » pour qu’une nouvelle « Nuit du 4 août » survienne ?

    Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira…



    Octidi 18 Thermidor 228

     

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